Déconfiture d’Alexander Zharovsky: les rumeurs ont finit par l’enterrer

Déconfiture d’Alexander Zharovsky: les rumeurs ont finit par l’enterrer

David Garel
Le 2026-08-27

Alexander Zharovsky devait simplement retourner en Russie, poursuivre son développement et confirmer qu’il était l’un des meilleurs espoirs de 19 ans de la KHL.

À la place, il se retrouve au centre d’une situation... catastrophique...

Son nom est partout dans les rumeurs de transactions du Canadien de Montréal. Il a été associé à Matthew Knies. Il a été associé à Kirill Marchenko. Il a même été évoqué comme l’une des pièces qui pourraient permettre à Kent Hughes de mettre la main sur Dylan Larkin.

Et pendant que son nom circule dans les bureaux des directeurs généraux de la LNH, Zharovsky traverse une période particulièrement difficile sur la glace.

Sa production s’est effondrée.

L'ancien recruteur Grant McCagg vient justement de tirer la sonnette d’alarme dans son balado HabsCast. Selon l’ancien recruteur, la possibilité de voir Zharovsky descendre dans la VHL, l’équivalent russe de la Ligue américaine, ne serait même pas une mauvaise chose pour son développement.

Ouch.

Il y a quelques mois, Zharovsky venait de terminer une saison de 42 points en 59 matchs avec Oufa, après avoir remporté le titre de recrue de l’année dans la KHL. Montréal avait toutes les raisons de croire qu’il avait découvert une véritable perle au 34e rang du repêchage de 2025. La LNH le classe d’ailleurs toujours parmi les principaux espoirs de l’organisation, tout en prévoyant une dernière saison en Russie avant son arrivée en Amérique du Nord.

Aujourd’hui, le discours est beaucoup moins enthousiaste.

McCagg observe notamment une chute spectaculaire de ses mentions d’aide. Après avoir maintenu une moyenne de 0,6 passe par match lors de ses 48 premiers matchs, celle-ci serait tombée à 0,1 depuis. Et surtout, le problème ne serait pas uniquement statistique : son rendement visuel inquiète également.

Zharovsky ne connaît pas simplement une mauvaise séquence sur la feuille de pointage.

Il semble régresser.

Et c’est précisément le genre de situation qui peut faire mal à un jeune joueur lorsqu’il devient, en même temps, une monnaie d’échange.

Car Zharovsky sait très bien ce qui se passe.

Tout le monde le sait.

Son nom a circulé dans une quantité impressionnante de scénarios de transaction depuis plusieurs mois. Le dossier Matthew Knies est particulièrement cinglant.

Selon David Pagnotta, Montréal était tout près de conclure une transaction qui aurait envoyé Zharovsky, un autre espoir (Bryce Pickford) et deux choix de première ronde à Toronto en retour de Knies.

Si la transaction avait été complétée (si les Leafs avaient envoyé les documents avant l'heure limite), Zharovsky serait déjà un ancien membre du Canadien.

Et un membre de l'ennemi.

Il le sait.

Et il sait également que le même type de combinaison a été évoqué dans le dossier Kirill Marchenko à Columbus.

Zharovsky est donc devenu cette pièce que Kent Hughes veut sortir de son coffre lorsqu’un joueur important devient disponible.

Montréal considère que sa valeur est suffisamment élevée pour qu’il puisse servir à obtenir un joueur déjà établi dans la LNH.

Le problème, c’est que cette valeur n’est pas garantie éternellement.

Et c’est là que la situation devient inquiétante.

Zharovsky pourrait encore devenir une vedette. Il possède le talent offensif, le gabarit, les habiletés et le potentiel qui avaient convaincu Montréal de le sélectionner au deuxième tour.

Mais s’il continue de connaître des difficultés en KHL, certaines équipes pourraient commencer à se demander si elles doivent réellement payer le prix exorbitant que Kent Hughes exigeait pour lui.

La différence est énorme.

Un espoir de 19 ans qui vient de connaître une saison de 42 points dans la 2e meilleur ligue au monde est une monnaie d’échange extrêmement séduisante.

Un espoir de 20 ans qui stagne ou régresse pendant une saison entière devient beaucoup plus risqué.

Et maintenant, le nom de Zharovsky revient dans le dossier Dylan Larkin.

C’est peut-être le scénario le plus important de tous.

Détroit chercherait une énorme pièce en retour de son capitaine, et Michael Hage serait considéré comme une cible prioritaire dans les discussions potentielles. Mais Montréal ne veut pas sacrfier Hage, ce qui ouvre automatiquement la porte à un autre espoir majeur.

Zharovsky.

Une structure autour de Zharovsky, Bryce Pickford et deux choix de première ronde pourrait devenir une façon pour Hughes de conserver Hage tout en donnant aux Red Wings plusieurs actifs importants.

Un autre scénario inclut Zharovsky, Engström et un choix de première ronde.

Dans toutes les options, on utilise Zharovsky comme pièce centrale et d’ajouter un premier choix.

Le prix est gigantesque.

Mais Larkin n’est pas un joueur ordinaire.

Et surtout, le dossier pourrait devenir beaucoup plus sérieux si le capitaine de Detroit accepte éventuellement d’ajouter Montréal à sa liste de destinations.

Larkin a officiellement demandé une transaction et les Red Wings ont confirmé l’existence d’une liste d’équipes auxquelles il accepterait d’être échangé. Montréal n’en faisait pas partie au départ.

Si cette situation change, le marché de Zharovsky pourrait exploser une dernière fois.

Ou s’écrouler.

C’est toute la beauté cruelle du métier de directeur général.

Kent Hughes doit maintenant décider s’il utilise Zharovsky avant que sa valeur ne diminue davantage.

Mais attention. On parle d'un prodige, meilleur ami d'Ivan Demidov.

McCagg a d’ailleurs soulevé une comparaison particulièrement intéressante avec Jesperi Kotkaniemi. Le Canadien avait choisi de ne pas envoyer Kotkaniemi dans la Ligue américaine lorsqu’il connaissait lui aussi certaines difficultés dans son développement.

Cela ne signifie évidemment pas que Zharovsky connaîtra la même trajectoire, mais l’exemple rappelle qu’un jeune joueur ne progresse pas toujours mieux simplement parce qu’il évolue au niveau le plus élevé possible.

La VHL pourrait donc devenir une solution plutôt qu’une punition.

Zharovsky pourrait dominer contre des joueurs moins expérimentés, reprendre confiance, travailler sur les aspects de son jeu qui ne fonctionnent plus et revenir dans la KHL avec une meilleure compréhension de ce qu’on attend de lui.

Alexander Zharovsky n’est plus seulement un espoir du Canadien.

Il est devenu une véritable pièce de poker.

Sa déconfiture... synonyme de transaction?