Cole Caufield vient de lancer le message le plus cinglant possible à Kent Hughes.
Voilà une déclaration fracassante contre la direction.
Dans une entrevue avec The Athletic sur l’explosion des salaires dans la LNH, Caufield a été questionné sur le fait que plusieurs jeunes joueurs gagnent aujourd’hui beaucoup plus d’argent que certains vétérans établis depuis longtemps dans la ligue.
Sa réponse mérite d’être analysée attentivement.
Alors que plusieurs joueurs préfèrent répéter qu’ils sont privilégiés et qu’ils gagnent déjà très bien leur vie, Caufield a reconnu que son tour viendra.
« Il y aura un moment pour encaisser qui s’en vient. »
Ouch.
Caufield sait parfaitement ce qu’il vaut sur le marché.
À 25 ans, après une saison de 51 buts, il gagne actuellement 7,85 millions de dollars par année. Son contrat se poursuit jusqu’en 2031, alors que plusieurs joueurs de son âge ou même plus jeunes commencent déjà à décrocher des contrats qui dépassent largement les 10 millions de dollars par saison.
En réalité, Caufield mériterait d’empocher 13,5 M$ par année sur le marché si on se fie aux salaires qui ont été signés récemment.
Il sait également que plusieurs de ses coéquipiers sont dans la même situation. (Lane Hutson, Juraj Slafkovsky, Nick Suzuki, Noah Dobson, Ivan Demidov).
Voilà pourquoi le message vise Kent Hughes.
« En ce moment, ce sont probablement les cinq ou six années les plus importantes de nos carrières, compte tenu de ce que nous avons construit. Ce qui est le plus important, c’est de gagner et de le faire avec le groupe avec lequel nous avons construit tout ça. C’est ce qui rendra le tout encore plus spécial. »
La priorité, pour l’instant, est donc de gagner avec ce groupe.
Mais il y a une limite.
L’argent viendra.
Et lorsque le moment sera venu de négocier son prochain contrat, il ne faudra probablement pas s’attendre à revoir Caufield accepter une énorme réduction salariale au nom de la construction collective prônée par son DG.
Le Canadien possède actuellement une situation salariale exceptionnelle.
Nick Suzuki, Juraj Slafkovsky, Ivan Demidov, Lane Hutson, Noah Dobson et Caufield sont tous engagés à long terme pour moins de 10 millions de dollars par saison.
Caufield est probablement l’exemple le plus malaisant.
Un marqueur de 51 buts dans son premier véritable sommet de carrière, à 25 ans, avec cinq saisons encore à écouler à 7,85 millions de dollars par année, représente une blague pour le Canadien.
Mais cette aubaine ne durera pas éternellement.
C’est précisément pour cette raison que Kent Hughes doit profiter de la situation actuelle.
Le directeur général a réussi à obtenir des contrats extrêmement avantageux avec plusieurs de ses jeunes joueurs. C’est une force énorme pour l’organisation, mais cette fenêtre salariale doit servir à quelque chose.
Elle doit permettre au Canadien d’ajouter les morceaux qui manquent.
Si Hughes attend trop longtemps, sa fenêtre va se refermer.
Toutes les vedettes sous-payées du CH vont vouloir faire sauter la banque.
Comme ces joueurs deviennent simultanément admissibles à de nouveaux contrats beaucoup plus lucratifs, la marge de manœuvre du Canadien va disparaître rapidement.
C’est exactement pourquoi le message de Caufield doit réveiller Hughes.
Le Canadien possède actuellement une fenêtre énorme pour gagner la Coupe.
Mais il faut transformer cette flexibilité en profondeur.
Le deuxième centre demeure une question qui donne mal au coeur, alors que Kent Hughes attend Michael Hage pour régler le problème.
La profondeur offensive demeure une question.
La défensive doit encore être améliorée si Montréal veut véritablement se comparer aux meilleures équipes de la LNH, alors qu’il manque un défenseur droitier top-4, mais aussi un défenseur gaucher beaucoup plus complet que Mike Matheson et moins fragile que Kaiden Guhle.
Hughes ne peut pas simplement regarder sa structure salariale et se dire que tout va bien parce que ses joueurs ont accepté moins d’argent.
Ces joueurs ont accepté moins d’argent pour gagner.
Caufield vient essentiellement de le confirmer.
Ils ne veulent pas arriver en 2031 avec plusieurs joueurs qui auront atteint leur deuxième contrat majeur et constater que le Canadien a gaspillé les années où ses meilleurs joueurs étaient les plus abordables.
Caufield demande pratiquement à Hughes de faire une transaction.
Il veut rappeler que cette équipe a une fenêtre.
Et qu’une fenêtre ne reste jamais ouverte éternellement.
Kent Hughes doit donc se réveiller. Maintenant.
