Disparition de Juraj Slafkovsky: le spectre de la commotion cérébrale
Juraj Slafkovsky. Facebook

Disparition de Juraj Slafkovsky: le spectre de la commotion cérébrale

David Garel
Le 2026-10-16

Juraj Slafkovsky a raté l’entraînement du Canadien de Montréal pour recevoir des traitements, et forcément, les inquiétudes se multiplient.

Depuis le violent contact subi contre Washington, une question revient avec insistance : le gros attaquant slovaque est-il pleinement remis des coups à la tête qu’il a encaissés au cours des derniers mois?

Personne ne veut imaginer le pire, mais après ce qui s’est produit en séries éliminatoires contre le Lightning de Tampa Bay, il est impossible de faire comme si de rien n’était.

Le Canadien a annoncé que Slafkovsky ne participerait pas à la séance d’entraînement et qu’il profiterait plutôt de la journée pour recevoir des traitements, mais qu'il serait à son poste demain soir contre les Sabres.

Clairement, c'est une confirmation qu’il souffre de la tête, et son absence suffit à relancer les interrogations sur son état physique.

L’attaquant avait pourtant terminé le match contre les Capitals après avoir encaissé un autre contact important au cerveau, gracieuseté du sale Tom Wilson.

Maintenant, Montréal décide de continuer à l’utiliser au lieu de lui accorder une pause. Erreur selon nous.

Le souvenir des séries éliminatoires du printemps dernier est encore bien présent.

Lors du 2e match, le pauvre Slaf s'était fait mettre K-O par Braden Hagel dans un combat dévastateur:

Lors du quatrième match contre le Lightning, Max Crozier avait asséné un violent coup à Slafkovsky, qui avait été durement secoué.

Depuis cet épisode, certains se demandent si le Slovaque a retrouvé tous ses moyens. Richard Labbé, du balado Sortie de zone, a lui-même soulevé la question de savoir si cet impact avait pu avoir des conséquences sur son jeu tellement le Slaf qu'on connaît a disparu de la carte après ce coup à la tête.


Les chiffres disent tout. Slafkovsky a récolté 12 points en 19 matchs éliminatoires, dont six buts.

Trois de ces buts étaient toutefois survenus dès le premier match des séries. Il a connu quelques performances remarquables, notamment un match de trois points contre la Caroline, mais il n’a pas toujours réussi à imposer sa présence avec la régularité attendue d’un joueur aussi important.

Depuis le début de la saison régulière, son rendement est horrible avec 3 maigres points en 7 matchs, alors qu'il semble mêlé comme un jeu de cartes.

Est-ce simplement une mauvaise passe? Un problème de confiance? Une difficulté à retrouver son rythme? Ou faut-il se demander si les nombreux contacts subis commencent à peser sur son jeu?

Ça sent la commotion cérébrale à plein nez, même si le CH ne veut pas l'assumer.

Le nom d’Éric Lindros vient inévitablement à l’esprit lorsqu’on parle des conséquences possibles des commotions cérébrales dans le hockey.

L’ancien joueur a vu sa carrière bouleversée par de multiples blessures à la tête, devenant l’un des exemples les plus marquants des risques associés aux contacts répétés dans ce sport.

La priorité doit être simple : protéger Slafkovsky. Le Canadien a investi énormément dans son développement et compte sur lui pour devenir l’un des piliers de son attaque. À 22 ans, il a encore de nombreuses années devant lui. Une absence de quelques matchs serait un prix dérisoire à payer si elle permettait de s’assurer qu’il revient en pleine santé.

Montréal doit aussi se poser une question plus large sur la gestion de ses joueurs après un contact important à la tête.

Le fait qu’un joueur soit capable de terminer une rencontre ne signifie pas automatiquement qu’il est prêt à reprendre le travail normalement dès le lendemain. Les symptômes peuvent évoluer, et une évaluation médicale appropriée demeure essentielle lorsqu’une commotion est soupçonnée.

Le CH joue à un jeu dangereux en ne protégeant pas ses vedettes.

Slafkovsky est un joueur puissant qui aime foncer au filet et affronter les défenseurs. Cette agressivité fait partie de son identité, mais elle l’expose également à des contacts violents. Le Canadien doit l’aider à trouver le bon équilibre entre son style physique et la nécessité de préserver sa santé à long terme.

Surtout, il doit apprendre à lever la tête.

S'il ne veut pas devenir un légume à la Lindros.