Échec annoncé: un agent n'est pas tendre envers Jeff Gorton et Kent Hughes

Échec annoncé: un agent n'est pas tendre envers Jeff Gorton et Kent Hughes

David Garel
Le 2026-06-26

Les propos de l’ancien agent de Carey Price et de Brendan Gallagher risquent de faire énormément réagir à Montréal.

David Ettedgui n’a pas seulement critiqué Jeff Gorton. Il a carrément remis en question la capacité de la direction du Canadien à passer de la reconstruction… à la construction d’un véritable aspirant à la Coupe Stanley.

Son analyse est cinglante.

Selon lui, les partisans doivent se préparer à entendre, une fois de plus, le même discours : « On a tout essayé, mais ça n’a pas marché. »

Une phrase qui lui rappelle immédiatement les dernières années de Marc Bergevin.

« Un vendeur ne touche pas de commission quand il ne fait pas sa vente. Il ne dit pas : “Je suis passé proche, paie-moi.” »

Le parallèle est dur.

À la date limite des transactions, le Canadien répétait que les grosses transactions se réalisent surtout durant l’été. Or, l’été est maintenant arrivé… et le grand coup se fait toujours attendre.

Ettedgui va encore plus loin en rappelant que Marc Bergevin a passé près de dix ans à tenter de trouver un véritable deuxième centre sans jamais réussir à régler ce problème, gaspillant selon lui les meilleures années de Carey Price.

« La différence, c’est que HuGo a tout pour faire cette transaction… mais ne la complète pas. »

Cette phrase résume probablement toute sa frustration.

Cette fois, affirme-t-il, la situation est différente.

Kent Hughes et Jeff Gorton possèdent l’une des meilleures banques d’espoirs de la LNH, plusieurs choix de première ronde et suffisamment d’actifs pour réaliser une transaction majeure.

Mais pour l’instant, cette transaction n’arrive toujours pas.

Pendant ce temps, le reste de la conférence Est continue de s’améliorer.

Les Panthers ont encore renforcé leur formation. Tampa Bay demeure une puissance. Buffalo continue de progresser. Washington et la Caroline restent solidement installés parmi les meilleures équipes de l’Est.

« Le succès de l’an dernier n’est vraiment pas garanti. Avec la nette amélioration des Panthers, le CH se situe en date de ce matin derrière eux, Buffalo et Tampa. Avec Washington et la Caroline qui sont béton de l’autre côté, ça ne laisse que trois places de séries dans l’Est entre toutes les autres équipes… Pas facile. »

Selon Ettedgui, la marge d’erreur devient extrêmement mince.

« Tu dois vivre ou mourir avec tes décisions. »

Il lance également une flèche directe à Jeff Gorton en rappelant son passage chez les Rangers.

Selon lui, Gorton n’a jamais réussi à ajouter la robustesse nécessaire pour permettre aux Rangers de franchir la dernière étape vers la Coupe Stanley.

« Je lui souhaite que ce dossier du 2C à Montréal ne soit pas un copier-coller de son aventure à New York. »

Et c’est probablement la partie la plus inquiétante de son intervention.

Selon Ettedgui, les plus grandes cibles semblent maintenant s’éloigner une à une.

Jason Robertson. Matthew Knies. Mason McTavish. Kirill Marchenko. Nico Hischier. Robert Thomas. Matty Beniers.

À ses yeux, ces dossiers ne mèneront pas à Montréal.

« Oubliez maintenant McTavish, Knies, Robertson, Hischier, Thomas, Beniers, Marchenko… ils n’aboutiront pas à Montréal. »

Il croit plutôt que le Canadien se dirige tranquillement vers des solutions de rechange.

« À part Pettersson qui pourrait rebondir comme un top-2C de haut niveau, on est maintenant dans la zone des plans B : les Lee, Trocheck, Marchment, etc. Des gars qui peuvent aider à faire les séries, mais qui ne t’amèneront pas à la Coupe. »

Son constat est clair.

Après quatre années de reconstruction, accumuler des choix et des espoirs ne suffit plus.

« Oui, c’est bon et ça a payé à date de garder le cap de la reconstruction, mais à un moment donné, tu dois comprendre que c’est le temps de payer et d’amener l’équipe à un autre niveau. Et je pense que c’est là que le CH bloque à l’heure actuelle. »

Il s’inquiète également de la relève au centre.

« Il n’y a aucun 2C dans le pipeline et Hage n’est pas sûr d’être un 2C dans la LNH à l’heure actuelle; il a à mon avis autant de chances, sinon plus, de finir ailier. »

Puis il rappelle une réalité incontournable.

« Les décideurs seront jugés sur les résultats. »

Parce qu’au final, les efforts ne suffisent plus.

Les partisans attendent des gestes concrets.

Comme le résume lui-même David Ettedgui dans sa conclusion :

« Sometimes you have to go big or go home. »

Il termine toutefois sur une note d’humilité.

« Encore une fois, j’espère me tromper royalement. Nous aurons la réponse à tout ça d’ici peu. »

Les prochaines heures diront si Kent Hughes et Jeff Gorton réussiront finalement à faire mentir leurs critiques… ou si cet été laissera un goût amer chez les partisans du Canadien.

Parfois, on se dit que notre président et notre DG sont comme Martin St-Louis: trop soft...