Jakub Dobes avait tout pour devenir le gardien adoré des partisans du Canadien de Montréal. Des séries éliminatoires spectaculaires, une place de choix dans l’avenir de l’organisation et un nouveau contrat de trois ans qui lui garantit plus de 16 millions de dollars.
À 25 ans, le gardien tchèque avait toutes les raisons de célébrer. Le problème, c’est qu’il a célébré comme si sa place à Montréal était déjà assurée, et aujourd’hui, le réveil fait mal.
Son été de rockstar a fait jaser. Les histoires qui ont circulé sur sa vie nocturne, notamment celle d’une femme qui affirmait qu’il l’avait invitée dans un hôtel avant de disparaître le lendemain matin sous prétexte d’aller chercher à manger, ont alimenté les discussions.
D’autres commentaires ont suivi sur son comportement pendant la saison morte, où plusieurs personnes l'ont vu dans un état second lors de spectacles de musique ou dans des fêtes nocturnes.
Ces récits ont fait le tour des réseaux sociaux et ont même été évoqués dans les discussions entourant le Canadien à la radio.
L’organisation n’a certainement pas apprécié que son jeune gardien devienne le sujet de ce genre de feuilleton alors qu’il devait préparer la saison la plus importante de sa jeune carrière.
Mais le problème ne s’arrête pas aux histoires qui circulent. Dobes est arrivé au camp avec du travail à faire pour retrouver sa meilleure forme, puis ses premières performances ont donné à Jacob Fowler une occasion en or de lui voler la vedette.
Le gardien américain a saisi cette chance, au point où Martin St-Louis lui a confié trois départs consécutifs. Pendant ce temps, Dobes a regardé ses coéquipiers jouer depuis le banc, une situation qui aurait paru impensable quelques mois plus tôt.
La facture est salée. Au printemps dernier, Dobes avait contribué au parcours du Canadien jusqu’à la finale de l’Est. Il avait gagné la confiance de son entraîneur et s’était installé dans une position privilégiée pour devenir le gardien numéro un.
Aujourd’hui, Fowler vient de signer deux victoires consécutives, dont un jeu blanc contre Detroit, avant de participer à la victoire contre Buffalo mardi. Le jeune Américain a arrêté 30 tirs contre les Red Wings, puis 14 contre les Sabres. Il ne demande pas qu’on lui donne le poste : il est en train de le gagner.
Kent Hughes et Jeff Gorton ont pris une décision importante cet été en accordant à Dobes une prolongation de trois ans d’une valeur totale de 16,07 millions de dollars, soit un salaire annuel moyen de 5,36 millions.
Le contrat entrera en vigueur en 2027-2028, mais le message est déjà clair : le Canadien croit en son potentiel et veut le garder dans son noyau.
Cette confiance vient toutefois avec des attentes. Montréal ne lui a pas offert une telle entente pour qu’il traverse une saison entière à chercher ses repères après un été catastrophique pendant que Fowler s’installe devant lui.
L’organisation a investi dans son avenir en se basant sur ses performances, sa progression et ce qu’il a démontré en séries. Elle s’attend maintenant à retrouver ce gardien-là.
Or, ses trois premières sorties de la saison ont soulevé de sérieuses inquiétudes. Dobes a accordé six buts à Pittsburgh et cinq à la Caroline. Sa moyenne de buts alloués et son taux d’efficacité ont plongé (4,43 et 856), tandis que Fowler a profité de ses occasions pour envoyer un message clair au personnel d’entraîneurs: je suis le numéro un.
Le plus inquiétant pour Dobes, c’est que Fowler n'a pas l'attitude d'une rockstar lui. Il joue comme un gars humblem non-arrogant, qui veut garder le filet. Il inspire confiance, réalise les arrêts importants et donne à ses coéquipiers une raison de croire qu’ils peuvent gagner.
Dans une équipe qui veut poursuivre sa progression et retrouver les séries éliminatoires avec de grandes ambitions, les performances comptent davantage que le statut ou le salaire.
Dobes a beau avoir signé une prolongation importante, elle ne lui garantit aucun départ. Le Canadien n’a pas investi dans son avenir pour lui remettre les clés du filet à vie.
Pendant que la situation se complique à Montréal, le marché des gardiens commence à attirer l’attention. Edmonton, New York et le Colorado doivent réfléchir à leurs options devant le filet, et plusieurs formations cherchent déjà à déterminer si elles peuvent améliorer leur situation par une transaction.
Le nom de Dobes mérite d’être surveillé dans ces discussions, notamment parce que son contrat de 5,36 millions de dollars par saison représente un coût raisonnable pour un gardien encore jeune qui a déjà démontré son potentiel en séries, surtout avec l'explosion du plafond salarial.
Les Oilers n’ont pas besoin de se précipiter, eux qui sont en feu, mais ils savent que les problèmes devant le filet peuvent finir par leur coûter très cher.
Devon Levi connaît un très bon début de saison, Tristan Jarry s'est effondré et Frederik Andersen est toujours blessé.
Selon les médias d'Edmonton, les Oilers sont intéressés à Dobes, mais pas à Samuel Montembeault.
Intéressant, surtout que les recruteurs autour de la LNH sont perduadés que Dobes n'est pas intouchable.
Dobes représente un profil intéressant pour une formation qui cherche un jeune gardien capable de progresser tout en offrant une certaine stabilité contractuelle.
Son potentiel ne s’est pas évaporé après trois mauvais départs. Mais son début de saison et le fait d'être arrivé au camp en méforme physqiue complète a change la manière dont le Canadien évalue le futur du gardien dans son organisation.
Si Fowler continue de s’imposer et si Montembeault revient de blessure alors qu'il demeure indésirable sur le marché, Montréal devra décider si l'avenir de Dobes est à Montréal.
Le Canadien ne cherche pas activement à l’échanger. Mais il serait naïf de croire que son nouveau contrat le rend intouchable.
Dobes affronte une situation qu’il n’a pas encore vraiment connue dans la LNH : celle d’un gardien dont la place est menacée après avoir été considéré comme une solution d’avenir.
Son été de rockstar est maintenant une perception dont il doit se débarrasser. À Montréal, les partisans ont une mémoire sélective lorsqu’un joueur gagne, mais ils n’oublient pas longtemps lorsqu’un gardien accorde des ballons de plage.
Ce soir, Dobes ne joue pas seulement pour retrouver le filet. Il joue pour empêcher que les discussions sur son avenir prennent une tournure beaucoup plus sérieuse.
S’il s’effondre encore, Fowler continuera de gagner du terrain, le retour de Montembeault compliquera davantage la hiérarchie et les équipes à la recherche d’un gardien auront une raison supplémentaire de se renseigner sur sa disponibilité.
Dobes a profité d’un été où tout semblait lui sourire. Femmes, boissons, nuits louches à l'hotel.
Maintenant, le hockey lui présente la facture.
À lui de payer sur la glace.
