Grave problème derrière le banc: Dany Dubé voit rouge contre Martin St-Louis
Martin St-Louis et Dany Dubé. Le Journal de Montréal, Capture d'écran-youtube

Grave problème derrière le banc: Dany Dubé voit rouge contre Martin St-Louis

David Garel
Le 2026-10-19

Dany Dubé n’a jamais eu peur de critiquer Martin St-Louis.

Pendant les séries contre la Caroline, il avait remis en question ses décisions, sa gestion du banc et son incapacité à modifier une formule qui ne fonctionnait plus.

En ce début de saison 2026, le discours prend une autre dimension. Le problème ne se limite plus aux trios, aux confrontations ou au temps de glace.

C’est toute la culture de l’équipe qui soulève des questions, et le fameux « country club » que plusieurs soupçonnent d’exister à Montréal devient de plus en plus difficile à ignorer.

Au micro de Mario Langlois, aux Amateurs de sports, l’analyste de Cogeco Média a vu rouge concernant le début de saison du Canadien, parlant même d'un grave problème derrière le banc.

Avec une fiche de 4-3-1 après huit rencontres, Montréal avance sans véritable conviction. Neuf points au classement, des performances en dents de scie, une équipe indiscuplinée et des erreurs qui se répètent : le CH donne déjà l’impression d’une équipe qui cherche ses repères, alors que la saison est pourtant bien entamée.

Dany Dubé a résumé son inquiétude en quelques mots :

« Le Canadien n’a pas d’urgence dans son jeu. »

Voilà le véritable problème.

Il n’y a pas cette impression que chaque présence compte, que chaque erreur entraîne des conséquences et que personne ne peut se permettre de prendre son poste pour acquis.

Les revirements s’accumulent, les joueurs prennent de mauvaises décisions et les pénalités stupides reviennent constamment hanter l’équipe.

Pourtant, on a l’impression que tout continue comme si de rien n’était. Une erreur? On passe à la suivante. Un joueur abandonne sa couverture? On le renvoie sur la glace sans punition. Un autre multiplie les revirements? Il est immunisé comme une mère qui protège son bébé.

À quel moment Martin St-Louis décide-t-il que ça suffit?

Un entraîneur n’est pas simplement là pour expliquer le hockey, parler de processus et répéter qu'il n'est pas inquiét.

Il doit aussi imposer une culture, établir des limites et faire comprendre à ses joueurs que certaines erreurs ne peuvent pas être répétées sans conséquences.

Or, à Montréal, le message envoyé sur la glace ne correspond pas à celui d’un entraîneur qui veut installer une véritable culture de gagnants.

Les joueurs commettent des erreurs coûteuses, les mêmes problèmes reviennent et Martin St-Louis donne l’impression de vouloir protéger son groupe plutôt que de le secouer.

Le Country Club pue au nez.

Une équipe de la LNH ne peut pas fonctionner avec l’impression que tout est permis, que les mauvaises décisions ne coûtent jamais leur place et que les responsabilités sont toujours diluées dans un discours collectif.

On se croirait à la pastorale... ou dans le niveau pee-wee.

Quand un joueur sait qu’il retrouvera ses minutes même après une mauvaise performance, quel message reçoit-il?

Quand les revirements se répètent sans qu’un changement significatif soit apporté, comment les autres joueurs peuvent-ils croire que l’exigence est réellement au rendez-vous?

Un entraîneur qui ne sanctionne jamais finit par rendre ses menaces insignifiantes.

St-Louis parle de compétition, d’engagement et d’exécution, mais ses décisions ne reflètent jamais l’urgence qu’il exige de ses joueurs.

Le Canadien peut bien répéter qu’il veut franchir une nouvelle étape, mais il faut que cette ambition se traduise dans les décisions derrière le banc.

Dany Dubé avait déjà soulevé des problèmes similaires pendant les séries éliminatoires. Contre les Hurricanes de la Caroline, il réclamait des changements majeurs dans les trios et dénonçait la gestion des minutes, alors que certaines unités disparaissaient pratiquement du match.

Il insistait sur l’épuisement des meilleurs joueurs et sur l’incapacité de Martin St-Louis à réagir suffisamment rapidement lorsque son plan ne fonctionnait plus.

L'échec-avant des Hurricanes l'avait mangé tout rond.

Mais le coach n'a rien appris.

Martin St-Louis est encore incapable de faire passer son message à un groupe qui multiplie les erreurs sans craindre les conséquences.

Tout simplement pas assez courageux pour déplaire à ses oueurs.

Le classement établi par The Athletic, qui place le Canadien au 23e rang, ajoute à la déception. Les attentes étaient élevées, et Montréal se retrouve déjà dans une position peu flatteuse parmi les équipes de la LNH.

Pendant ce temps, Martin St-Louis continue de parler comme si la situation était sous contrôle.

Mais à force de répéter les mêmes messages, l’entraîneur risque de perdre ce qui donne toute sa valeur à ses paroles : la capacité de provoquer une réaction.

Il doit être prêt à retirer du temps de glace, à modifier les responsabilités et à laisser un joueur sur le banc lorsque son rendement le justifie.

Il faut surtout démontrer que personne n’est au-dessus des exigences, peu importe son contrat, son statut ou sa popularité dans le vestiaire.

Le comportement de St-Louis est celui d'un papa face à ses enfants rois.

Aucune urgence visible, aucune conséquence concrètes et un entraîneur prêt à bousculer son propre groupe.

Dany Dubé revient donc sur une question qui accompagne Martin St-Louis depuis des années.

Lorsqu’une équipe commet les mêmes erreurs, qu’elle manque de constance et que les ajustements tardent à venir, le problème ne peut pas toujours être attribué aux joueurs. À un moment donné, la responsabilité remonte jusqu’à celui qui dirige le banc.

Le talent ne suffit pas lorsqu’une équipe donne l’impression de fonctionner sans véritable pression interne.

À Montréal, Martin St-Louis doit maintenant prouver qu’il dirige une équipe de hockey professionnelle, pas un groupe qui peut accumuler les erreurs en sachant que rien ne changera le lendemain.

Ça va faire l'animateur de pastorale.