Honte à Montréal : les chants pour Dylan Larkin passent mal
Dylan Larkin. Getty image

Honte à Montréal : les chants pour Dylan Larkin passent mal

André Soueidan
Le 2026-10-11

Pendant quelques instants au Centre Bell, les partisans du Canadien ont fait entendre un message que toute la LNH a fini par entendre : « W want Larkin! »

Le nom de Dylan Larkin a résonné dans l’amphithéâtre, et ce qui avait commencé sur les réseaux sociaux s’est transformé en véritable sujet de discussion dans le monde du hockey.

Les médias en avaient parlé avant même la rencontre.

TVA Sports et Sportsnet avaient abordé le sujet, tandis qu’Elliotte Friedman avait lui aussi évoqué cette histoire avant le match.

Les chants n’étaient donc pas une surprise pour ceux qui suivaient le dossier.

Mais une fois le moment passé, une autre question a commencé à diviser les partisans montréalais : est-ce qu’on vient d’assister à un moment de divertissement parfaitement inoffensif, ou est-ce que les partisans du Canadien ont franchi une limite en réclamant publiquement un joueur qui appartient à une autre organisation?

D’un côté, plusieurs trouvent la scène amusante.

Le hockey professionnel est aussi un spectacle, les partisans ont le droit de s’enflammer et l’idée de voir Dylan Larkin débarquer à Montréal fait jaser depuis un bon moment.

Le voir entendre son nom scandé au Centre Bell ajoute une dimension presque théâtrale à une histoire qui circulait déjà partout.

De l’autre, certains estiment que les partisans du Canadien viennent de se placer dans une position plutôt inconfortable.

Et cette fois, la critique ne vient pas simplement d’un rival qui cherche une raison de se moquer de Montréal.

HFTV, qui prend régulièrement la défense des partisans du Canadien, a justement décidé de regarder cette histoire sous un angle complètement différent.

Cette fois, plutôt que d’applaudir l’enthousiasme de la foule, HFTV a dénoncé un comportement qui, selon eux, donne une mauvaise image de la base de partisans montréalaise.

« Je ne sais pas qui était derrière cette campagne de chants “W want Larkin” dans les médias hier et aujourd’hui, mais c’est une tache sur notre base de partisans. »

Le compte a ensuite insisté sur un détail qui l’a particulièrement dérangé : « J’ai entendu autant de “Allez, les Canadiens!” pendant cette période que de “Nous voulons Larkin”. Très triste. »

C’est une critique qui mérite qu’on s’y arrête, même si elle ne fera certainement pas l’unanimité.

Pour HFTV, le problème ne serait pas simplement d’avoir scandé le nom d’un joueur adverse.

C’est plutôt le message envoyé par cette démarche.

En réclamant Dylan Larkin, les partisans donnent l’impression de vouloir convaincre un joueur de rejoindre Montréal alors qu’il n’a pas choisi cette destination et que rien ne confirme qu’il souhaite venir jouer pour le Canadien.

Le compte a poussé sa critique encore plus loin :

« Nous sommes tombés si bas que nous devons supplier un joueur d’une autre équipe de se joindre à nous après qu’il nous a refusés… J’aurais honte si j’étais Kent Hughes et que je regardais ça. »

« Kent Hughes a poussé cette base de partisans à supplier un joueur parce qu’il n’a pas fait de mouvement cet été. »

Voilà où se trouve le véritable reproche.

Mais la réaction négative ne vient pas uniquement des réseaux sociaux.

Des partisans ont aussi été interviewés aux abords du Centre Bell, et certains n’ont absolument aucune envie de voir Dylan Larkin débarquer à Montréal.

Leur raisonnement est simple : pourquoi supplier un joueur de venir au Canada alors qu’il ne semble pas intéressé par cette destination?

Pour eux, le Canadien devrait plutôt se concentrer sur ses propres performances et attirer des joueurs grâce à ses succès, au lieu de réclamer publiquement un attaquant qui évolue avec une autre équipe.

@hftvsports This Habs fan is not in favour of Dylan Larkin coming to Montreal 🗣️ #gohabsgo #montreal #nhl ♬ original sound - HFTV

Derrière les chants et les réactions sur les réseaux sociaux, HFTV estime que cette scène expose une frustration plus profonde envers la direction du Canadien.

Les partisans veulent voir leur équipe progresser, ils souhaitent l’arrivée d’un deuxième centre de premier plan et ils sont prêts à manifester leur désir de voir Larkin débarquer à Montréal.

Mais est-ce vraiment une raison pour leur reprocher de s’amuser avec une possibilité qui fait parler depuis plusieurs jours?

C’est ici que l’autre camp entre en jeu. Plusieurs partisans considèrent qu’on prend cette histoire beaucoup trop au sérieux.

Le hockey est un spectacle, les foules chantent, provoquent, réclament des joueurs et participent à l’ambiance d’une soirée.

Les chants ont duré un court moment, ils ont fait rire certains partisans et ils ont donné une nouvelle dimension à un dossier déjà largement discuté.

Personne n’a forcé Dylan Larkin à quoi que ce soit.

Personne ne lui a mis un contrat sous le nez au milieu de la patinoire.

Des partisans ont scandé son nom, et le joueur a ensuite réagi à cette attention. On peut trouver le geste gênant sans nécessairement conclure qu’il représente une honte pour toute une ville.

HFTV a toutefois proposé une autre manière d’attirer un joueur convoité.

« Vous savez quelle est la meilleure façon d’attirer un deuxième centre? Gagner le match de ce soir, puis celui d’après, puis le suivant. Ça en dira beaucoup plus que de scander le nom d’un joueur qui ne veut pas jouer pour nous. »

L’argument se défend.

Une équipe qui gagne, qui progresse et qui démontre qu’elle est près de devenir une véritable prétendante peut devenir une destination plus attirante pour un joueur autonome ou un joueur disponible sur le marché.

Les résultats comptent davantage que les chants d’une foule, même si ces derniers font parler partout dans la LNH.

Il reste néanmoins une différence entre réclamer un joueur et croire que quelques cris peuvent réellement convaincre un directeur général de conclure une transaction.

Les partisans ne prennent pas les décisions de Kent Hughes. Ils expriment leurs souhaits, parfois de façon théâtrale, et c’est précisément ce qui fait partie de l’expérience du sport professionnel.

Le plus ironique dans cette histoire, c’est que les chants ont donné une visibilité supplémentaire à Dylan Larkin et à la possibilité de le voir un jour à Montréal.

Ils ont aussi provoqué une discussion sur la fierté des partisans, les attentes envers Kent Hughes et la façon dont le Canadien doit se construire.

La question n’est donc pas de savoir si les chants ont réellement changé le destin de Dylan Larkin.

Rien ne permet de l’affirmer. Le vrai débat est de savoir si les partisans ont simplement participé au spectacle ou s’ils ont envoyé un message regrettable sur l’état de leur équipe.

Entre ceux qui trouvent la scène divertissante et ceux qui y voient une tache sur l’image du Canadien, Montréal vient de se retrouver au centre d’une controverse qui dépasse largement quelques secondes de chants au Centre Bell.

Misère…