Le Canadien de Montréal a besoin de victoires, pas d’une distraction supplémentaire.
Pourtant, depuis que les partisans du Centre Bell ont scandé le nom de Dylan Larkin pour réclamer sa venue à Montréal, le débat a pris une ampleur qui dépasse largement les gradins… et Nick Suzuki s’est retrouvé au milieu de cette histoire sans avoir demandé à y participer.
Le capitaine du Canadien a été questionné sur ces chants après la rencontre contre les Red Wings de Détroit.
Sa réponse n’a rien d’une déclaration fracassante, mais elle en dit long sur sa volonté de ne pas se laisser entraîner dans une controverse qui ne concerne pas directement le travail de son équipe.
« Nous n’avons pas entendu les chants “W want Larkin” pendant la séance de tirs de barrage.
Pour ma part, c’est la première fois que je vis quelque chose comme ça. Je n’ai pas vraiment de réflexion là-dessus. »
Suzuki n’a donc pas condamné les partisans, pas plus qu’il n’a applaudi leur initiative.
Il a choisi de ne pas prendre position, préférant garder ses distances avec une histoire qui a rapidement dépassé le simple divertissement d’une soirée de hockey.
Le capitaine sait très bien que les partisans ont le droit d’exprimer leurs souhaits.
Le Centre Bell leur appartient en quelque sorte lorsqu’ils remplissent les gradins, et personne ne peut leur reprocher d’avoir de l’imagination lorsqu’il est question d’améliorer leur équipe préférée.
Réclamer un joueur vedette d’une autre formation fait partie du spectacle, même si la situation devient particulière lorsqu’il s’agit d’un capitaine qui évolue encore avec une équipe rivale.
Mais le vestiaire du Canadien n’a pas nécessairement intérêt à se retrouver au centre de cette histoire.
Les joueurs ont un objectif commun, celui de gagner des matchs, et toute l’attention consacrée à Dylan Larkin détourne inévitablement une partie de l’attention de ce qui se passe sur la glace.
Pour Suzuki, la priorité demeure la performance collective.
Il doit diriger son groupe, préparer les prochaines rencontres et s’assurer que les joueurs restent concentrés sur leur travail.
Se prononcer sur les chants réclamant un joueur des Red Wings ne lui apporterait rien de concret, alors qu’une réponse mal interprétée pourrait alimenter une controverse dont personne n’a besoin.
Imaginez le scénario si le capitaine avait publiquement désapprouvé les partisans.
Une partie de la foule aurait pu se sentir attaquée, et la discussion aurait immédiatement pris une autre direction.
À l’inverse, s’il avait appuyé les chants, certains auraient pu y voir un message envoyé à la direction du Canadien ou une façon de réclamer indirectement des renforts.
Suzuki a évité ces deux pièges en donnant une réponse mesurée.
Il n’a pas cherché à faire la morale aux partisans, mais il n’a pas non plus transformé leur initiative en campagne qu’il souhaiterait voir se poursuivre.
Il faut aussi comprendre que les joueurs n’ont pas tous la même lecture de ce genre de situation.
Certains peuvent trouver amusant qu’une foule scande le nom d’un joueur adverse, tandis que d’autres préféreraient que l’attention demeure entièrement tournée vers ceux qui portent déjà le chandail du Canadien.
Rien dans la réponse de Suzuki ne permet toutefois d’affirmer qu’un malaise existe réellement entre les joueurs à ce sujet.
C’est plutôt le risque de distraction qui mérite d’être souligné.
Lorsqu’une équipe cherche à bâtir une identité et à accumuler des victoires, elle n’a pas besoin que chaque déclaration soit interprétée comme un message caché sur les intentions de la direction.
Le dossier Larkin soulève déjà suffisamment de questions sans que les joueurs du Canadien soient obligés de choisir un camp.
La direction de Kent Hughes doit prendre ses propres décisions concernant l’avenir de la formation.
Les partisans peuvent réclamer un centre de premier plan, les médias peuvent débattre des possibilités et les rumeurs peuvent circuler.
Les joueurs, eux, doivent continuer à faire leur travail, peu importe le nom qui résonne dans les gradins.
Suzuki semble avoir compris qu’il n’avait rien à gagner en alimentant cette discussion.
Son rôle n’est pas de commenter chaque campagne populaire qui prend forme autour du Canadien, mais de mener son équipe vers les séries éliminatoires et de donner une chance à Montréal de gagner chaque soir.
Au fond, le capitaine a choisi de ne pas ajouter d’huile sur le feu. L
es chants pour Dylan Larkin continueront peut-être de faire jaser, mais ils ne devraient pas devenir une préoccupation majeure dans un vestiaire qui a des objectifs beaucoup plus importants à atteindre.
Pour Suzuki, le message demeure simple : le Canadien doit gagner des matchs. Le reste peut attendre.
Amen
