Honte publique au Centre Bell: un effondrement historique marque le CH à vie
Jacob Fowler. La Presse

Honte publique au Centre Bell: un effondrement historique marque le CH à vie

David Garel
Le 2026-11-03

C’est une honte publique et historique qui va couler dans nos veines pour longtemps.

Une véritable catastrophe au Centre Bell. Le Canadien de Montréal menait 4-0 contre les Jets de Winnipeg avec deux minutes et 40 secondes à faire, mais il a trouvé le moyen de transformer une soirée qui semblait gagnée en véritable catastrophe.

Défaite de 5-4. Oui, vous avez bien lu : quatre buts d’avance, et le Canadien a quand même réussi à perdre...

C’est un effondrement monumental. Une avance de quatre buts envolée en 2 minutes, cinq buts accordés et une équipe complètement incapable de protéger son gardien, de ralentir l’adversaire ou simplement de terminer le travail.

Les Jets ont senti le sang, ils ont appuyé sur l’accélérateur et Montréal s’est littéralement écroulé devant ses propres partisans. Vous devez absolument revoir cette remontée historique en vidéo:

Jacob Fowler a pourtant tout fait pour empêcher le désastre. Sans lui, le Canadien aurait pu subir une déroute encore plus humiliante.

Son gardien a été laissé à lui-même pendant que ses coéquipiers perdaient complètement le contrôle de la rencontre. On ne peut pas demander à un jeune gardien de sauver une équipe qui ne sait même plus comment défendre une avance de quatre buts.

La foule du Centre Bell a assisté à une véritable humiliation. Le Canadien avait le match dans les mains. Il n’avait qu’à gérer les dernières minutes, fermer le jeu et repartir avec deux points. À la place, il a offert aux Jets l’une des remontées les plus spectaculaires de l’histoire récente de la LNH.

Perdre une avance de 4-0 quand ton gardien, Jacob Fowler, a excellé, ça donne mal au coeur. Mais les Jets de Winnipeg, qui avaient perdu neuf matchs d’affilée, ont réussi ce tour de force pour gagner 5-4 en prolongation.

Comment peut-on expliquer un tel naufrage?

Jacob Fowler a fait son travail. Il fut le seul.

À 21 ans, le gardien continue de démontrer pourquoi l’organisation montréalaise place autant d’espoir en lui. Après une sortie plus ordinaire, le jeune Floridien a rebondi avec une performance remarquable. Il a multiplié les arrêts importants et empêché les Jets de prendre le contrôle du match bien avant leur spectaculaire remontée.

Winnipeg avait pourtant déjà affronté Fowler lors de la Classique héritage, le 25 octobre. Le gardien du Canadien leur avait encore donné beaucoup de difficulté. Cette fois, malgré une soirée particulièrement frustrante pour les visiteurs, ils ont fini par trouver le moyen de le battre à répétition.

Il faut le dire clairement : sans Fowler, le Canadien aurait pu être complètement démoli. Le gardien a longtemps compensé les lacunes de ses coéquipiers, mais il ne pouvait pas défendre une avance de quatre buts à leur place.

Le pointage racontait une histoire complètement différente de celle qui se déroulait sur la patinoire. Montréal avait pris les devants 2-0 après 20 minutes, puis 3-0 après deux périodes. Pourtant, Winnipeg avait largement dominé plusieurs séquences importantes.

Le trio de Kyle Connor, Mark Scheifele et Gabriel Vilardi a particulièrement fait mal au Canadien. Après deux périodes, les trois attaquants avaient un avantage de 21-1 dans les tirs au but lorsque leur unité était sur la glace. Pour les chances de marquer, la différence était de 8-0, selon les données de Sportlogiq.

C’est énorme. Le premier trio des Jets passait son temps à installer son jeu en territoire montréalais pendant que le Canadien cherchait désespérément à contenir les dégâts. L’absence de Nick Suzuki n’a certainement pas aidé Martin St-Louis, mais elle ne peut pas servir d’excuse à un effondrement pareil.

Winnipeg avait perdu neuf rencontres de suite, mais les joueurs de Scott Arniel n’avaient visiblement pas abandonné leur entraîneur. Ils ont continué à pousser, même lorsque le tableau indicateur semblait leur annoncer une nouvelle défaite.

Caufield retrouve son rythme de marqueur

Il y a tout de même eu quelques éléments positifs dans cette soirée cauchemardesque. Cole Caufield a notamment profité de deux occasions en avantage numérique pour inscrire ses neuvième et dixième buts de la saison.

Le premier est survenu lors d’une supériorité numérique à cinq contre trois. Après avoir récupéré une rondelle libre, Caufield a sauté sur le retour de Noah Dobson pour finalement faire payer les Jets.

La séquence mettait aussi fin à une disette particulièrement embarrassante pour le jeu de puissance montréalais. Avant cette rencontre, le Canadien avait échoué lors de ses 19 dernières occasions. Il aura fallu attendre la vingtième pour voir le filet trembler.

Caufield a ensuite récidivé en troisième période. Stuart Skinner s’est avancé trop rapidement, et l’attaquant du Canadien a profité de l’ouverture pour loger la rondelle dans la lucarne.

Avec dix buts en 15 matchs, le petit franc-tireur retrouve une cadence qui lui permet d’espérer franchir une nouvelle fois le plateau des 50 buts.

Josh Anderson continue de surprendre

Autre bonne nouvelle : Josh Anderson ne ralentit pas. Le puissant ailier a inscrit son septième but de la saison après avoir profité d’un revirement des Jets.

Il a décoché un tir du revers depuis l’enclave pour battre Stuart Skinner et donner une avance de 2-0 à Montréal.

Après 15 rencontres, Anderson est déjà le deuxième meilleur buteur du Canadien. Personne n’aurait nécessairement prédit un tel départ de sa part, mais il trouve régulièrement le moyen de contribuer offensivement. Dans une soirée où plusieurs joueurs ont complètement perdu leurs repères, Anderson a au moins continué à faire son travail.

Owen Beck profite de l’occasion

En l’absence de Nick Suzuki, le jeune trio du Canadien a conservé ses responsabilités et a réussi à produire une séquence particulièrement intéressante en première période.

Les jeunes attaquants ont multiplié les présences en territoire adverse et Owen Beck a finalement récompensé les efforts de son unité en inscrivant son deuxième but dans la LNH.

C’est le genre de contribution dont Montréal a besoin lorsque ses joueurs réguliers sont absents. Beck a saisi son occasion et a démontré qu’il pouvait apporter quelque chose à cette formation.

Malheureusement, ce but fait maintenant partie d’une soirée qui restera surtout associée à un effondrement inexplicable.

Les frères Xhekaj ont fait parler leurs poings

La rencontre a également offert un spectacle beaucoup plus physique.

Florian Xhekaj a jeté les gants contre Adam Lowry. Le jeune attaquant a perdu l’équilibre et n’a pas remporté son combat, mais il a accepté le défi. C’était une première pour les deux frères dans un même match avec le Canadien.

Arber, lui, avait un rendez-vous beaucoup plus attendu.

Tyrel Bauer avait ouvertement évoqué la possibilité de se mesurer au défenseur montréalais. Il avait même laissé entendre qu’il pouvait prendre la place du shérif. Xhekaj lui a répondu directement sur la glace dans un combat particulièrement intense.

Le défenseur du Canadien a bien connecté de la main droite et a eu le dessus sur son adversaire. Après une longue période sans combat, il a rappelé pourquoi sa présence physique demeure une partie importante de son identité.

Les frères Xhekaj ont ainsi offert aux partisans une autre démonstration de leur tempérament. Les « Bash Brothers » n’ont certainement pas l’intention de disparaître de la circulation.

Une soirée qui doit servir d’avertissement

Il faudra maintenant que Martin St-Louis et ses joueurs trouvent une explication à ce qui vient de se produire. Une équipe de la LNH ne peut pas laisser filer une avance de quatre buts en quelques minutes, encore moins devant ses propres partisans.

Les Jets ont marqué quatre fois dans les trois dernières minutes du temps réglementaire. Kyle Connor a frappé deux fois, Tyrel Bauer et Morgan Barron ont également touché la cible, avant que Dylan Samberg ne complète le travail en prolongation.

Une équipe qui avait perdu neuf matchs consécutifs est repartie de Montréal avec une victoire qu’elle n’aurait probablement jamais imaginé pouvoir obtenir quelques minutes auparavant.

Pour le Canadien, c’est une humiliation. Fowler a livré la marchandise, Caufield a marqué deux fois, Anderson a poursuivi son excellent début de saison et les frères Xhekaj ont répondu présents physiquement. Malgré tout cela, Montréal a réussi à transformer une soirée qui semblait sous contrôle en catastrophe.

Jeudi, le Mammoth de l’Utah sera au Centre Bell. Les partisans auront certainement encore cette défaite en tête. Et les joueurs du Canadien devront montrer que cette débâcle n’est pas le reflet de leur véritable niveau.