Le nom de Jacob Trouba commence à circuler de plus en plus autour des Canadiens de Montréal, et c’est précisément ce qui devrait inquiéter les partisans.
Selon The Athletic, Trouba est devenu la priorité du CH sur le marché des agents libres.
Cela peut paraître séduisant, mais cela semble de plus en plus être un cadeau empoisonné.
Oui, Trouba frappe.
Oui, Trouba joue avec du caractère.
Oui, Trouba apporte une présence physique que plusieurs reprochent au Canadien de ne pas avoir à la ligne bleue.
Mais lorsqu’on regarde le portrait dans son ensemble, le risque est beaucoup plus important que le bénéfice potentiel.
Trouba vient d’avoir 32 ans. Il aura 33 ans avant la fin de la prochaine saison. Plusieurs projections contractuelles le voient obtenir une entente d’environ 6 à 6,5 millions de dollars par année sur plusieurs saisons. C’est énorme pour un défenseur dont le style de jeu repose principalement sur l’impact physique.
Le problème n’est pas ce que Jacob Trouba était.
Le problème est ce qu’il risque d’être dans deux ou trois ans.
Les défenseurs qui vivent par le jeu physique vieillissent rarement en douceur. Chaque saison enlève un peu d’explosion, un peu de mobilité, un peu de vitesse de récupération.
Quand ton identité repose sur les mises en échec, les confrontations devant le filet et les duels dans les coins de patinoire, l’usure finit toujours par présenter la facture.
Pendant des années, Trouba pouvait se permettre certaines erreurs parce que son coup de patin lui permettait de les corriger. Cette marge de manœuvre disparaît tranquillement.
Quand les séries éliminatoires ont accéléré contre les Golden Knights de Vegas, plusieurs séquences ont exposé exactement ce qui inquiète les dirigeants autour de la LNH. Le jeu allait plus vite que lui.
À 32 ans, un défenseur physique qui commence à perdre un demi-pas n’est plus le même joueur. Les attaquants n’ont même pas besoin de le contourner complètement. Ils ont simplement besoin de créer une séparation de quelques pieds pour transformer une bataille égale en course perdue d’avance.
Ses statistiques offensives demeurent respectables avec 10 buts et 35 points en 81 matchs à Anaheim, mais plusieurs journalistes ont également noté une baisse graduelle de son efficacité globale au cours des dernières années.
Trouba a terminé la saison avec 143 mises en échec, ce qui fut très décevant. Ses statistiques physiques sont en recul depuis plusieurs années. S'il frappe de moins en moins, à quoi sert-il?
Son jeu défensif n’est plus celui du Trouba qui terrorisait les attaquants adverses avec les Rangers de New York. Son coup de patin n’est plus le même. Sa capacité à fermer rapidement les jeux non plus.
Les Canadiens cherchent un défenseur droitier capable d’épauler Lane Hutson ou Noah Dobson dans un rôle important. Ils cherchent aussi à préserver leur flexibilité salariale afin d’améliorer leur groupe de centres et d'attaquants.
Signer Jacob Trouba à plus de 6 millions de dollars par année risque de compliquer les deux objectifs.
Encore plus lorsqu’on regarde la situation à long terme.
David Reinbacher pourrait être inclus dans la fameuse transaction pour un joueur de centre. Mais ne vaudrait-il pas la peine de lui laisser une chance au lieu de surpayer un défenseur lent et physique sur la pente descendante?
Ce qui inquiète davantage, c’est que certains voient déjà Trouba comme le successeur naturel de Kaiden Guhle dans l’éventualité où ce dernier serait échangé pour obtenir un centre numéro deux.
Cette logique est dangereuse.
Guhle a 24 ans.
Trouba en a 32.
Guhle fait partie du noyau d’avenir.
Trouba représente davantage une solution temporaire.
Remplacer un jeune défenseur de premier plan par un vétéran déjà engagé dans la deuxième moitié de sa carrière serait un pari risqué pour une organisation qui tente justement de construire une fenêtre de compétition durable.
Le Canadien a besoin de robustesse, c’est vrai.
Le CH a besoin d’expérience, c’est vrai.
Mais Montréal doit surtout éviter de payer aujourd’hui pour ce qu’un joueur était il y a cinq ans.
Trouba sera l'une des pires signatures de l'été. Kent Hughes doit se tenir loin.
