Pat Brisson vient de lancer une bombe à Réjean Tremblay.
Lorsqu’on parle de l'agent le plus puissant au monde, on ne parle pas d’un agent comme les autres. Il est l’un des hommes les plus influents de toute l’industrie du hockey.
Il dirige les activités de hockey de CAA et représente une quantité phénoménale de joueurs et de contrats. Il connaît les vestiaires, les joueurs, les familles, les directeurs généraux, les propriétaires et surtout la façon dont les joueurs professionnels pensent lorsqu’il est question d’argent, de statut et de Coupe Stanley.
Et dimanche soir, alors qu’il discutait avec Réjean Tremblay, Brisson a livré une réponse qui mérite qu’on s’y attarde sérieusement.
Tremblay voulait notamment savoir comment les jeunes vedettes du Canadien réagiraient si Montréal décidait un jour d’ajouter une véritable superstar avec un salaire de 15 ou 16 millions de dollars par saison.
Tout le monde a compris que Tremblay parlait de Jason Robertson.
La réponse de Brisson?
« Les gars vont l’accueillir à bras ouverts. Ils veulent gagner. »
« Et le Canadien fait partie des équipes de la ligue capables d’attirer un gros joueur à 15 ou 16 millions. Capables de faire la différence dans une bonne équipe déjà bien nantie en talents. Les joueurs comprennent le timing de ces signatures. Ça évolue parfois vite. En fait, on sous-estime le goût de la victoire chez les athlètes professionnels. Si ce gros joueur que le Canadien pourrait aller chercher était pour faire une différence, les gars l’accueilleraient avec plaisir c’est certain. »
Et même si Brisson n’est pas l’agent de Robertson (son représentant est Andy Scott), il demeure un homme qui connaît extrêmement bien le fonctionnement de la LNH et qui est capable de comprendre comment un vestiaire de haut niveau réagirait à l’arrivée d’une vedette avec un contrat majeur.
Pendant des mois, on a entendu la même question autour du Canadien : est-ce que Nick Suzuki, Cole Caufield, Juraj Slafkovsky, Lane Hutson et les autres accepteraient qu’un nouveau joueur débarque à Montréal avec un salaire beaucoup plus élevé que le leur?
Brisson vient essentiellement de répondre : oui.
Parce que les joueurs veulent gagner.
Et si le joueur de 15 ou 16 millions est capable de faire gagner le Canadien, le vestiaire ne va pas commencer à calculer le salaire du nouveau venu avec une calculatrice.
Ils vont vouloir jouer avec lui.
Et maintenant, mettons Jason Robertson dans cette équation.
Pierre LeBrun a déjà identifié le Canadien comme une équipe à surveiller dans ce dossier alors que les Stars de Dallas exploraient différentes avenues concernant leur vedette.
Robertson a finalement signé un contrat d’un an d’une valeur de 12 millions de dollars avec Dallas.
Robertson sera joueur autonome sans compensation à l’été 2027.
Il possède donc désormais un élément de contrôle extrêmement important sur son avenir.
Et surtout, il a déjà démontré qu’il n’était pas prêt à accepter n’importe quelle destination simplement parce qu’une équipe lui offre beaucoup d’argent.
La LNH a confirmé qu’une transaction qui devait l’envoyer au Kraken de Seattle contre le septième choix au total avait avorté, alors qu’une énorme prolongation de huit ans et 120 millions de dollars était également au cœur du scénario.
Robertson n’a pas refusé l’argent.
Il a refusé la situation.
C’est une nuance majeure.
Il a préféré signer pour une seule saison à 12 millions de dollars avec Dallas et conserver le contrôle de son avenir.
Montréal serait toujours favori dans ce dossier selon Pierre LeBrun.
Si Robertson arrive sur le marché des joueurs autonomes en 2027, Montréal sera l’une des équipes capables de lui proposer le genre de contrat qui correspond à sa valeur.
Surtout, Montréal pourra lui offrir la chance de jouer avec Ivan Demidov.
On parle d’un joueur de 27 ans qui vient de connaître une saison de 96 points en 82 matchs, avec 45 buts et 51 passes.
Robertson avait également inscrit 46 buts et 109 points en 2022-2023. Il a maintenu une production extrêmement élevée pendant plusieurs saisons et possède le profil offensif dont le Canadien aurait besoin pour passer à un autre niveau.
Imaginez maintenant un trio avec Juraj Slafkovsky et Ivan Demidov…
Réjean Tremblay expliquait à Brisson ses inquiétudes concernant les contrats à rabais consentis par certains jeunes joueurs du Canadien et la possibilité qu’un joueur puisse éventuellement regarder autour de lui et se dire qu’un nouveau venu gagne deux fois plus.
Brisson vient de confirmer que la chambre a donné son feu vert à Robertson.
Brisson l’a dit très clairement :
« Les gars vont l’accueillir à bras ouverts. Ils veulent gagner. »
« En fait, on sous-estime le goût de la victoire chez les athlètes professionnels. »
Dallas pourra commencer à négocier une prolongation à partir du 1er janvier 2027.
Mais les Stars n'arriveront jamais à offrir autant d'argent que Montréal, car le CH aura près de 30 M$ de disponibles sur sa masse.
Le marché des joueurs autonomes de 2027 s’annonce déjà complètement démentiel.
Robertson pourrait se retrouver dans un groupe comprenant notamment Quinn Hughes, Cale Makar, Nikita Kucherov et Sidney Crosby s'il ne signe pas de prolongation avec les Penguins.
Mais l'objectif est vraiment Robertson pour Montréal.
Pat Brisson vient d'enflammer le Québec.
