Juraj Slafkovsky s’effondre : les images font le tour du web
Juraj Slafkovsky. Getty image

Juraj Slafkovsky s’effondre : les images font le tour du web

André Soueidan
Le 2026-10-17

Le problème avec Juraj Slafkovsky, c’est qu’on commence à se demander si le Canadien de Montréal attend toujours que le premier choix au total de 2022 devienne le joueur que tout le monde imaginait… pendant que certaines de ses séquences sur la glace soulèvent de sérieuses questions sur son effort, sa vitesse et ses décisions.

Les images de ses replis défensifs contre les Capitals de Washington circulent sur les réseaux sociaux, et plusieurs partisans n’en reviennent pas de voir l’attaquant slovaque donner l’impression de traîner les pieds alors que l’adversaire se dirige vers le territoire montréalais.

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Des fois c’est juste cette petite effort de plus qui fait une différence!

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Dans une LNH où les secondes perdues se transforment rapidement en occasions de marquer, ce genre de séquence attire inévitablement l’attention.

Le match du 14 octobre à Washington a d’ailleurs offert plusieurs raisons de s’inquiéter pour le Canadien.

Montréal a encaissé une défaite de 5 à 4, et Slafkovsky a aussi vécu une soirée éprouvante physiquement.

Après une mise en échec à la tête d’Ivan Miroshnichenko, il a perdu l’équilibre avant d’entrer en contact avec Tom Wilson, qui l’a atteint à son tour dans la région de la tête.

Cette séquence a évidemment ramené dans les discussions les coups reçus pendant les séries éliminatoires, notamment celui de Brandon Hagel lors du deuxième match contre Tampa Bay, puis la mise en échec dévastatrice de Max Crozier quelques jours plus tard.

Certains partisans font maintenant un lien entre ces événements et ce qu’ils perçoivent comme un changement dans le jeu de Slafkovsky.

Ils le trouvent moins explosif, plus hésitant dans ses décisions et moins convaincant lorsqu’il doit réagir rapidement sous pression.

Cela dit, la question de son rendement actuel mérite d’être posée, particulièrement lorsque ses replis défensifs deviennent un sujet de discussion chez les partisans.

Le problème est plus large qu’une seule présence ou qu’un mauvais changement.

Depuis son arrivée à Montréal, Slafkovsky a souvent eu besoin de temps pour trouver son rythme en début de saison.

Or, cette tendance devient difficile à ignorer lorsqu’on parle d’un joueur repêché au premier rang, qui évolue dans le top 6 et auquel on confie des responsabilités offensives importantes.

À ce niveau, le Canadien ne peut pas simplement espérer qu’il finisse par se mettre en marche au fil des semaines.

Son développement physique mérite également qu’on s’y attarde.

Slafkovsky possède un gabarit imposant, des épaules larges et une puissance qui peut lui permettre de protéger la rondelle contre des défenseurs beaucoup plus petits.

Mais cette force devient un avantage seulement si elle s’accompagne d’une mobilité suffisante.

Le hockey moderne récompense les joueurs capables d’accélérer, de changer de direction et de prendre une décision avant que l’espace disparaisse.

La masse musculaire ne remplace pas ces qualités.

À certains moments, les mouvements de Slafkovsky paraissent lourds et moins fluides que ceux des attaquants les plus dynamiques de la ligue.

Ses grandes enjambées et sa capacité à protéger la rondelle peuvent être des armes, mais elles deviennent moins utiles s’il perd de sa vitesse.

La préparation estivale, le travail de mobilité, le conditionnement et la gestion de son poids sont donc des éléments légitimes à examiner, sans prétendre savoir ce qui se passe dans son programme personnel.

Dans la LNH d’aujourd’hui, le conditionnement physique ne consiste pas simplement à accumuler de la masse musculaire.

On recherche des joueurs explosifs, rapides et capables de changer de direction en une fraction de seconde.

Le haut du corps doit rester puissant, mais relativement sec et mobile, tandis que les jambes jouent un rôle essentiel dans l’accélération, la stabilité et la puissance de patinage.

Développer excessivement les bras et le haut du corps peut devenir un désavantage si cette masse supplémentaire nuit à la mobilité et à la fluidité des mouvements.

Un joueur doit pouvoir manier la rondelle sans effort apparent, absorber une passe difficile, effectuer une réception propre et enchaîner immédiatement avec le prochain geste.

Si le haut du corps devient trop rigide, que les mouvements perdent en souplesse et que l’agilité diminue, la force supplémentaire ne garantit absolument pas une meilleure performance.

Dans une ligue où les fractions de seconde font la différence, la puissance doit servir l’explosivité, pas devenir un poids mort.

L’autre débat concerne son rôle.

Slafkovsky a été sélectionné avant tout le monde en 2022, mais ce statut ne garantit pas qu’il soit destiné à devenir un attaquant dominant de premier trio.

Certains partisans estiment qu’il pourrait être beaucoup plus efficace dans un rôle moins exigeant offensivement, où sa taille et son jeu physique lui permettraient de contribuer sans devoir constamment fabriquer des occasions.

Ce raisonnement est sévère, mais il touche à une question importante : le Canadien développe-t-il Slafkovsky selon ses véritables forces ou selon les attentes associées à son rang de sélection?

Un joueur choisi au troisième tour aurait probablement moins de marge de manœuvre pour conserver la rondelle trop longtemps, forcer une passe ou multiplier les décisions risquées.

À Montréal, Slafkovsky doit apprendre que son statut ne lui donne pas le droit de ralentir le jeu à sa convenance.

Personne ne demande à un jeune attaquant de devenir parfait du jour au lendemain.

En revanche, on peut s’attendre à ce qu’il corrige ses mauvaises habitudes, qu’il s’engage dans ses replis et qu’il trouve une façon de rendre son imposant gabarit compatible avec les exigences du hockey moderne.

Pour un joueur de son âge et de son talent, les attentes sont élevées, et c’est normal.

Les séquences qui circulent ne prouvent pas que Juraj Slafkovsky est devenu un mauvais joueur.

Elles soulèvent toutefois une question que le Canadien ne pourra pas éviter éternellement : Montréal possède-t-il un futur joueur de premier trio qui traverse une mauvaise passe, ou un attaquant dont le rôle doit être repensé pour maximiser son potentiel?

Ouch…