Depuis son arrivée à Montréal, Kent Hughes a gagné le respect d’une bonne partie de la LNH.
Il faut lui rendre ce mérite.
Le directeur général du Canadien a multiplié les bons coups. Les acquisitions de Lane Hutson, Noah Dobson, Ivan Demidov, la gestion du repêchage, le développement des jeunes, les contrats accordés au noyau actuel… la liste est longue.
Aujourd’hui, le Canadien possède probablement l’un des groupes de jeunes les plus prometteurs de toute la Ligue nationale.
Cette réussite porte sa signature.
Son plan était clair dès le départ : bâtir une équipe capable de gagner pendant plusieurs années plutôt que de chercher une solution rapide.
Jusqu’à maintenant, cette philosophie a porté ses fruits.
Le problème, c’est que la LNH évolue rapidement.
Depuis quelques jours, les offres hostiles reviennent au premier plan. Celle déposée par les Flyers de Philadelphie à Leo Carlsson vient de secouer toute la ligue et rappelle qu’il existe d’autres façons d’améliorer une équipe.
Pendant ce temps, le Canadien regarde le spectacle.
Connor Bedard.
Adam Fantilli.
Jason Robertson.
Trevor Zegras.
Pavel Mintyukov.
Plusieurs joueurs de très haut niveau peuvent recevoir une offre hostile cet été.
Montréal possède pourtant plusieurs éléments qui permettent de croire qu’il pourrait participer à ce genre de bataille. De l’espace sous le plafond salarial, une banque de choix au repêchage et un noyau déjà bien établi.
Malgré tout, Kent Hughes continue de privilégier la patience.
Son raisonnement est facile à comprendre.
Il ne veut pas compromettre la structure salariale qu’il a construite avec Nick Suzuki, Cole Caufield, Juraj Slafkovsky, Ivan Demidov et les autres jeunes de l’organisation.
Il l’a d’ailleurs répété publiquement.
« Nous ne prendrons pas des décisions stupides qui pourraient apaiser la passion de nos partisans à court terme pour qu’ils nous demandent, un an plus tard, dans quoi on les a embarqués. »
Cette vision mérite d’être respectée.
Le Canadien ne s’est pas retrouvé dans cette position par hasard. Hughes a résisté aux raccourcis et refusé plusieurs décisions qui auraient peut-être procuré un gain immédiat, mais qui auraient compliqué l’avenir de l’organisation.
C’est précisément ce qui fait de lui un excellent directeur général.
Par contre, une question commence à revenir de plus en plus souvent.
Quand viendra le moment de passer à la prochaine étape?
Construire une équipe est une chose.
Transformer cette équipe en véritable favorite pour la Coupe Stanley en est une autre.
Toutes les formations championnes finissent par devoir payer le prix pour acquérir des joueurs d’impact.
Il faut parfois accepter de donner davantage.
Il faut parfois accepter de signer un joueur à très gros salaire.
Il faut parfois provoquer un mouvement qui dérange le reste de la ligue.
C’est peut-être le prochain défi de Kent Hughes.
Personne ne lui demande de distribuer des contrats à l’aveugle ou de sacrifier l’avenir du Canadien.
En revanche, plusieurs se demandent ce qui devra arriver pour qu’il décide enfin d’utiliser toute la marge de manœuvre qu’il a patiemment créée.
Le Canadien a maintenant un capitaine qui produit plus de 100 points.
Ivan Demidov est en place.
Lane Hutson fait partie des meilleurs jeunes défenseurs offensifs de la LNH.
Le noyau est installé.
À quel moment cette base servira-t-elle à attirer le joueur qui manque encore pour franchir le dernier obstacle?
La patience a permis au Canadien d’arriver jusqu’ici.
La prochaine mission sera peut-être différente.
Il faudra possiblement cesser d’accumuler les ressources et commencer à les utiliser pour aller chercher la pièce qui transformera enfin cette équipe en véritable aspirante à la Coupe Stanley.
À suivre...
