Oh non. Le coeur de Montréal en entier est brisé.
Le message est maintenant clair : le Canadien de Montréal ne fera pas sauter la banque sur le marché des joueurs autonomes.
À quelques heures de l’ouverture du marché, Kent Hughes sait que plusieurs partisans rêvent d’une grosse signature. Mais à l’interne, le plan est tout autre. Le directeur général refuse de distribuer des contrats démesurés à des joueurs qui ne correspondent pas réellement au projet de l’organisation.
Et voilà que plusieurs fans l'accusent de les abandonner. C'est la tempête sur les réseaux sociaux à quelques heures de l'ouverture du marché des agents libres.
La plus grande déception de la journée prend forme avant même qu'elle ne commence.
Mason Marchment représentait probablement le seul véritable joueur autonome capable de transformer le visage du Canadien. Un ailier de 6 pieds 5 pouces, plus de 210 livres, capable de produire une cinquantaine de points tout en jouant avec une robustesse que le CH recherche désespérément.
Montréal était prêt à lui faire une offre importante.
Le problème, c’est que plusieurs équipes sont également prêtes à répondre à ses exigences salariales et, selon Sportsnet, Marchment aurait déjà une autre destination en tête. Il est tout simplement impossible qu'il signe avec le CH.
C’est un véritable coup dur pour le Canadien.
Et il y a de quoi être inquiet lorsque l’on regarde les autres prétendants. Toronto est extrêmement agressif dans ce dossier. Les Islanders sont aussi dans la course. Voir Marchment aboutir chez un rival direct ferait particulièrement mal à Montréal.
Encore plus si c'est Toronto.
Pour Kent Hughes, il n’est toutefois pas question de paniquer.
La direction estime que le marché des joueurs autonomes est beaucoup trop faible pour justifier des contrats qui risquent de devenir de lourds boulets dans quelques années.
Avec tous les jeunes qui cognent à la porte (Florian Xhekaj, Owen Beck), l’organisation refuse de bloquer son propre développement avec des vétérans signés simplement pour faire plaisir aux partisans.
Le véritable terrain de jeu de Kent Hughes demeure le marché des transactions.
Et de ce côté-là, les choses sont loin d’être terminées.
Le directeur général lui-même a récemment affirmé qu’il était convaincu de pouvoir améliorer son équipe. Il reconnaît toutefois qu’il existe une différence fondamentale entre vendre et acheter dans la LNH.
Quand une équipe vend, elle contrôle le rythme des discussions.
Quand une équipe cherche à acquérir un joueur vedette, c’est le vendeur qui décide du moment et du prix.
Voilà pourquoi Hughes continue de téléphoner sans relâche aux autres directeurs généraux. Il l’a fait avant plusieurs de ses grosses transactions et il entend recommencer jusqu’à ce qu’une occasion intéressante se présente.
L’objectif demeure inchangé : mettre la main sur un attaquant capable d’évoluer dans un top-6, un défenseur top-4… ou idéalement les deux.
Et le Canadien possède encore plusieurs cartes à jouer.
L’organisation pourrait encore alléger son effectif à l’attaque après le départ de Brendan Gallagher et la décision de ne pas soumettre d’offre qualificative à Joe Veleno. Certains jeunes poussent déjà très fort pour obtenir une place avec le grand club.
À la défense aussi, la profondeur est telle qu’un échange demeure une possibilité afin de répondre à d’autres besoins.
Qui sera échangé entre Arber Xhekaj, Jayden Struble et Adam Engström?
Kaiden Guhle, qui doit vivre avec les rumeurs depuis le début de l'été, est-il vraiment intouchable?
Même devant le filet, rien n’est complètement fermé. Samuel Montembeault possède encore une année de contrat, mais son avenir à Montréal demeure noire alors que Jakub Dobes continue de s’imposer comme le numéro un et que Jacob Fowler poursuit son développement. Une transaction n’est donc pas à exclure si une équipe offre le bon prix.
Pendant ce temps, le Canadien poursuit également ses discussions contractuelles avec Ivan Demidov et Jakub Dobes. Rien n’indique que ces dossiers seront réglés dès l’ouverture du marché, mais les négociations avancent.
Bref, si le 1er juillet risque d’être beaucoup plus calme que plusieurs l’espéraient à Montréal, cela ne signifie absolument pas que Kent Hughes est inactif.
Au contraire.
Toutes les indications pointent vers une organisation qui préfère frapper un grand coup par transaction plutôt que de surpayer un joueur autonome.
Mais ne soyons pas aveugles. Mason Marchment va choisir une autre destination et c'est une énorme déception.
Chez les dirigeants du CH, on semble convaincu que les plus gros mouvements de l’été ne passeront pas par le marché des joueurs autonomes.
Ils passeront par le téléphone de Kent Hughes.
Il est mieux de bouger. Car en ce moment, les fans du CH se sentent... abandonnés...
