La signature d’A.J. Greer avec les Ducks d’Anaheim confirme une chose : le Canadien de Montréal refuse de paniquer.
Depuis des semaines, le nom du Québécois circulait avec insistance à Montréal. Son profil plaisait énormément. Un ailier robuste, capable de déranger l’adversaire, de jeter les gants au besoin et de donner une identité à un quatrième trio. Exactement le genre de joueur que plusieurs réclament depuis l’élimination du Canadien.
Mais Kent Hughes a tracé une ligne.
Quatre ans de contrat à 4,25 M$ par saison pour un joueur de soutien? Très peu de directeurs généraux auraient accepté ce risque.
Greer apporte énormément d’énergie et de robistesse, personne ne remet ça en question. Mais à ce prix-là et pour une aussi longue durée, le Canadien aurait fini par bloquer plusieurs jeunes de son organisation (Florian Xhekaj), tout en immobilisant une partie importante de sa masse salariale.
C’est exactement le genre de contrat qui peut très mal vieillir.
Pendant que plusieurs partisans vivent une certaine déception en voyant Greer quitter définitivement le marché, il se passe pourtant quelque chose de beaucoup plus intéressant dans l’Ouest.
Le Wild du Minnesota est en pleine opération de chirurgie salariale.
Et tout tourne autour d’un seul nom : Dylan Larkin.
Le capitaine des Red Wings demeure la grande cible du DG Bill Guerin. Le Wild multiplie les discussions avec Detroit, mais tout le monde comprend que si une transaction finit par se concrétiser, Minnesota devra immédiatement trouver une façon de récupérer plusieurs millions de dollars sous le plafond salarial.
Le problème est simple.
Avec Kaprizov qui empoche 17 M$ par année, chaque dollar compte.
Voilà pourquoi Yakov Trenin se retrouve aujourd’hui sur le marché.
À première vue, plusieurs pourraient regarder sa fiche statistique et passer immédiatement au joueur suivant.
Seulement 38 points en 158 matchs en deux saison avec le Wild.

7 buts il y a deux ans.
6 buts cette saison.
Mais réduire Yakov Trenin à ses statistiques offensives, c’est complètement manquer le portrait.
Le Russe de 6 pieds 2 pouces et 201 livres est l’un des attaquants les plus physiques de toute la Ligue nationale.
Depuis son arrivée au Minnesota, il a distribué 654 mises en échec en seulement deux saisons. On parle d'un véritable train.
Il est constamment utilisé en désavantage numérique.
Il accepte toutes les missions défensives.
Il est le premier envoyé contre les meilleurs trios adverses lorsque le match devient lourd.
Et surtout, il joue exactement le style de hockey que le Canadien tente désespérément d’ajouter depuis sa longue participation aux séries éliminatoires.
Le gars a le courage dans le tapis... au point de se battre contre Zdeno Chara quand il était âgé de seulement 23 ans, alors qu'il portait les couleurs des Predators de Nashville.
Combien de fois Kent Hughes a-t-il répété que son équipe devait devenir plus difficile à affronter?
Combien de fois Jeff Gorton a-t-il parlé d’ajouter du papier sablé?
Trenin représente exactement ce profil.
Il ne remplacera jamais un joueur offensif.
Mais il peut complètement transformer une quatrième ligne. Ou dépanner sur une 3e ligne.
Il peut tuer des pénalités.
Il peut protéger de jeunes vedettes comme Ivan Demidov.
Il peut imposer un rythme physique pendant soixante minutes.
Et il peut faire comprendre aux adversaires que chaque présence coûtera quelque chose.
Ça devient encore plus intéressant pour Kent Hughes lorsqu’on regarde son contrat.
Il lui reste deux saisons à 3,5 millions de dollars par année.
Et contrairement à plusieurs joueurs comparables, il ne possède aucune clause de protection contre les échanges.
Le Wild peut donc le transiger où il le souhaite.
Selon plusieurs informations, Bill Guerin cherche activement à créer de l’espace salarial.
Si Dylan Larkin débarque finalement au Minnesota, plusieurs contrats devront quitter immédiatement.
Trenin figure parmi les principaux candidats.
Voilà où Kent Hughes pourrait devenir extrêmement créatif.
Le Canadien pourrait évidemment négocier directement avec le Wild afin d’acquérir Trenin.
Mais Montréal pourrait aussi jouer un rôle beaucoup plus important.
Si une transaction impliquant Dylan Larkin devient complexe financièrement, le Canadien possède toute la marge de manœuvre nécessaire pour agir comme troisième équipe et absorber un contrat afin de faciliter l’ensemble des discussions.
Ce ne serait pas la première fois que Hughes profiterait d’une situation semblable.
Et si cette aide lui permettait de repartir avec Yakov Trenin, le résultat pourrait être extrêmement intéressant.
Parce qu’au fond, le Canadien ne cherche pas seulement des points.
Il cherche une identité.
Il cherche des joueurs qui rendent les séries éliminatoires plus faciles à survivre.
Il cherche des attaquants capables d’imposer leur présence physiquement tous les soirs.
A.J. Greer représentait une possibilité.
Yakov Trenin en représente peut-être une encore meilleure.
Moins spectaculaire offensivement.
Beaucoup plus constant dans son rôle.
Et surtout, beaucoup plus compatible avec ce que Martin St-Louis réclame depuis des mois.
Le dossier sera à surveiller de très près.
Car pendant que tout le monde garde les yeux rivés sur Dylan Larkin, il est possible que Kent Hughes profite discrètement des négociations entre Detroit et le Minnesota pour mettre la main sur un joueur qui répond parfaitement aux besoins du Canadien.
Parfois, les meilleures acquisitions ne sont pas celles qui font le plus de bruit.
Ce sont celles qui changent tranquillement l’identité d’une équipe.
Et Yakov Trenin possède exactement ce potentiel.
