L’alignement des Canadiens 2026-2027 dévoilé: TVA Sports annonce deux Québécois

L’alignement des Canadiens 2026-2027 dévoilé: TVA Sports annonce deux Québécois

David Garel
Le 2026-06-05

TVA Sports a bâti son alignement idéal des Canadiens de Montréal.

Le problème, c’est que lorsqu’on regarde les noms qu’il propose et le prix que ces acquisitions représenteraient dans la vraie vie, on se retrouve rapidement devant une construction qui repose davantage sur des souhaits que sur la réalité du marché.

Évidemment, c'est Jean-Charles Lajoie qui a dévoilé son alignement,

Pro-Québécois, il veut évidemment des gars de chez nous.

Le nom qui saute immédiatement aux yeux, c’est celui d’Anthony Mantha. Et c’est là que plusieurs partisans vont décrocher.

Je comprends l’argument. Un attaquant québécois de 6 pieds 5 pouces qui vient de connaître une grosse saison offensive attire automatiquement l’attention. (33 buts et 64 points)

Sur papier, on imagine déjà Ivan Demidov avec un ailier imposant capable de protéger la rondelle et de marquer. On regarde les statistiques, on regarde le gabarit, on regarde le passeport québécois et on se dit que le mariage semble naturel.

Sauf que le hockey ne se joue pas sur une fiche statistique.

Anthony Mantha traîne exactement la même réputation depuis le début de sa carrière. Chaque organisation qui l’a accueilli a cru qu’elle allait enfin obtenir la version dominante du joueur.

Chaque fois, on a vu des séquences où il ressemblait à un attaquant de premier trio capable d’imposer sa présence physiquement tout en produisant offensivement.

Chaque fois aussi, les mêmes interrogations ont refait surface quelques mois plus tard. Où est l’intensité? Où est l’urgence? Où est l’engagement constant?

C’est ce qui explique pourquoi un joueur aussi talentueux a changé d’adresse aussi souvent malgré un coffre à outils que plusieurs directeurs généraux rêveraient d’avoir dans leur alignement.

Le Canadien tente présentement de bâtir une identité basée sur la vitesse, la pression constante, le travail sans rondelle et l’implication sur chaque présence.

Dans cet environnement, investir cinq ans et cinq millions de dollars par saison sur Anthony Mantha, comme le désire Lajoie, représenterait un pari horrible.

Ce n’est pas une question de talent.

C’est une question de constance.

Après autant d’années dans la LNH, les équipes savent exactement ce qu’elles achètent lorsqu’elles signent Anthony Mantha.

Elles achètent un joueur capable de connaître une excellente saison. Elles achètent aussi un joueur qui n’a jamais réussi à faire disparaître complètement les doutes sur son niveau de courage et de volonté match après match.

Et c’est précisément ce qui rend l’idée insensée à Montréal.

Le plus ridicule dans tout ça, c’est que les Canadiens n’ont même pas besoin de ce type de pari actuellement.

Le besoin principal demeure au centre.

Trouver un véritable deuxième centre demeure la priorité absolue de l’organisation. Dylan Larkin, Robert Thomas, Nico Hischier, Mason McTavish, Vincent Trocheck : toutes les conversations tournent autour de ce problème précis. Ajouter un ailier paresseux de 31 ans avec un contrat important ne règle absolument rien au cœur de l’alignement.

TVA Sports envoie aussi Colton Parayko à Montréal.

Sur glace, personne ne conteste son utilité. Un défenseur droitier capable de jouer de grosses minutes, de tuer des pénalités et de stabiliser un top-4 intéresserait pratiquement toutes les équipes de la ligue. Le problème, c’est que la réalité du marché ne correspond pas nécessairement au scénario présenté.

Parayko privilégie l’Ouest. Il possède une clause de non-échange complète et a refusé une transaction à Buffalo, même si les Sabres faisaient partie des favoris pour la Coupe Stanley.

Alors oubliez-ça pour Montréal. Il veut rester dans l'ouest point final.

Construire un alignement idéal en supposant que Parayko acceptera automatiquement une transaction vers le Québec est la preuve que TVA Sports et Jean-Charles Lajoie ne sont pas au courant de ce qui se passe sur le marché des transactions.

On additionne les joueurs qu’on aime sans tenir compte des obstacles qui existent entre l’idée et la réalisation.

La réalité est que les Canadiens approchent d’un moment charnière de leur reconstruction. Chaque dollar compte. Chaque contrat compte.

Chaque décision doit être analysée en fonction de la priorité du CH: un joueur de centre et un défenseur top-4.

Donner cinq ans et 5 M$ à Anthony Mantha deviendrait un boulet sur-le-champ.

Kent Hughes ne fera jamais ça. Mantha est trop nonchalent et trop lent sur patins pour lui donner 25 millions de dollars.

S’il y a toutefois un nom avancé par Jean-Charles Lajoie qui fait du sens, c’est bien celui d’A.J. Greer. Contrairement à Anthony Mantha ou à Colton Parayko, on parle d’une cible réaliste autant au niveau du prix que du rôle.

Greer sort d’une saison où il a encore une fois démontré pourquoi il est devenu un joueur apprécié en Floride. 17 buts, 32 points en 78 matchs, il a frappé tout ce qui bougeait..

Avec ses 6 pieds 3 pouces et plus de 210 livres, il apporte exactement le type de robustesse que les Canadiens ont vu leur manquer contre la Caroline. Il frappe, il dérange, il gagne ses batailles le long des rampes et il est capable de jouer un hockey de séries sans avoir besoin de 18 minutes par match pour être utile.

Surtout, Greer comprend parfaitement son identité. Il ne se prend pas pour un joueur de premier trio. Il ne demande pas du temps sur l’avantage numérique. Il accepte les missions difficiles, protège ses coéquipiers et apporte une énergie constante soir après soir.

Surtoit, il est sale et baveux comme jamais. Sans oublier son courage de lion.

Dans une équipe qui cherche davantage de caractère et de papier sablé au bas de l’alignement, son profil correspond beaucoup plus à ce que Martin St-Louis recherche qu’un joueur comme Anthony Mantha.

C’est probablement ce qui distingue Greer des autres noms avancés par Jean-Charles Lajoie. Son acquisition ne changerait pas le visage de l’organisation, mais elle améliorerait concrètement l’équipe dès le premier match de la saison.

On comprend donc pourquoi ce nom revient régulièrement lorsqu’on parle d’ajouter du poids et de l’intensité autour de Nick Suzuki, Cole Caufield, Juraj Slafkovsky et Ivan Demidov.

Au moins, le pauvre Lajoie sauve l'honneur avec son alignement insensé:

Cole Caufield – Nick Suzuki – Juraj Slafkovsky

Alexander Zharovsky – Ryan O’Reilly – Ivan Demidov

Zachary Bolduc – Michael Hage – Anthony Mantha

A.J. Greer – Jake Evans – Josh Anderson

Extras :
Alexandre Texier – Phillip Danault

Défense

Mike Matheson – Colton Parayko

Lane Hutson – Noah Dobson

Kaiden Guhle – Alexandre Carrier

Extras :
Arber Xhekaj – Adam Engström

Gardiens

Jakub Dobeš

Jacob Fowler

Plus on regarde l’alignement imaginé par Jean-Charles Lajoie, plus on réalise qu’il repose sur des hypothèses qui ne tiennent pas la route lorsqu’on examine la situation réelle de chacun des joueurs impliqués.

Prenons Alexander Zharovsky. Le jeune espoir est toujours sous contrat en KHL jusqu'en 2027. Même chose pour Michael Hage, qui vient de confirmer son retour à l’Université du Michigan pour une autre saison.

La situation devient encore plus délirante lorsqu’on regarde le poste de deuxième centre. Jean-Charles Lajoie place Ryan O’Reilly entre Zharovsky et Ivan Demidov comme si cette acquisition allait de soi.

Pourtant, depuis des années, le nom d’O’Reilly revient régulièrement dans les rumeurs montréalaises et tout indique qu’il n’a jamais démontré un grand intérêt à venir jouer sous les projecteurs du marché montréalais.

Lajoie a besoin de vacances. Au plus vite.