Une négociation peut parfois devenir aussi importante qu’une saison complète. Celle de Zachary Bolduc entre justement dans cette catégorie.
Plus les journées avancent, plus une réalité s’impose… le jeune Québécois ne possède pratiquement aucun levier pour forcer la main au Canadien de Montréal.
À première vue, plusieurs partisans regardent simplement la fiche du joueur.
Trente points en 78 matchs, 12 buts, seulement 23 ans, un choix de première ronde qui continue de progresser.

Rien d’alarmant. Rien qui laisse croire que les discussions contractuelles devraient s’éterniser.
Pourtant, la situation est beaucoup plus complexe.
Bolduc est joueur autonome avec compensation.
Le Canadien détient ses droits et conserve le contrôle du processus.
Contrairement à certains joueurs plus expérimentés, il ne peut pas simplement menacer de faire trancher son dossier par un arbitre indépendant.
Ce levier n’existe pas dans sa situation actuelle.
Voilà pourquoi Kent Hughes aborde cette négociation avec une position de force.
Le directeur général peut prendre son temps. Il peut analyser le marché. Il peut écouter les demandes du clan Bolduc… sans subir une pression immédiate.
Évidemment, le camp du joueur possède aussi des arguments.
Le premier porte un nom bien précis… Mavrik Bourque.
Lorsque Dallas a offert six ans à 5,5 millions de dollars par saison à Bourque, plusieurs agents à travers la LNH ont immédiatement pris des notes.
Ce contrat est devenu un comparable naturel pour plusieurs jeunes attaquants offensifs qui arrivent au terme de leur contrat d’entrée.
Le raisonnement est simple.
Pourquoi un joueur dont la production n’est pas tellement supérieure obtient-il un engagement aussi important?
Le marché récompense désormais davantage le potentiel que les statistiques brutes.
Le clan Bolduc peut donc soutenir que son client mérite lui aussi un investissement à long terme.
Après tout, son utilisation n’a jamais vraiment été idéale.
À Saint-Louis, il a montré de belles qualités offensives avant d’être échangé.
À Montréal, Martin St-Louis lui a surtout confié un rôle de soutien.
Peu de temps sur le premier avantage numérique.
Peu de minutes avec les meilleurs joueurs offensifs.
Malgré tout, il a terminé sa première saison complète avec 30 points tout en offrant un jeu physique qui lui permet de contribuer même lorsque les buts se font plus rares.
Son profil plaît énormément aux entraîneurs.
À seulement 23 ans, il reste encore plusieurs étapes de développement devant lui.
Voilà où la discussion devient intéressante.

Le Canadien regarde probablement la production actuelle.
Le clan Bolduc regarde surtout ce que le joueur pourrait devenir dans deux ou trois saisons.
Deux visions complètement différentes… qui mènent rarement au même chiffre.
Cette divergence explique pourquoi les négociations peuvent prendre du temps.
La différence, toutefois, c’est que le Canadien peut se permettre d’attendre davantage que le joueur.
Bolduc veut certainement régler son avenir avant le camp d’entraînement.
Personne ne souhaite amorcer une saison avec un dossier contractuel qui traîne.
Pendant ce temps, Kent Hughes n’a aucune obligation de précipiter les choses.
C’est ce rapport de force qui rend le dossier aussi délicat.
Les offres hostiles existent toujours sur papier, mais elles demeurent rares dans la LNH, particulièrement lorsqu’il s’agit d’un joueur qui n’a pas encore explosé offensivement.
Le Canadien conserve donc une marge de manœuvre importante.
Le marché, lui, continue tout de même d’envoyer des messages.
Chaque jeune joueur qui signe une entente généreuse fait grimper les attentes des autres agents.
Chaque contrat comparable devient une nouvelle pièce sur la table de négociation.
Le clan Bolduc n’ignore certainement pas ce phénomène.
Kent Hughes non plus.
Le directeur général devra maintenant décider jusqu’où il est prêt à investir sur un joueur qui affiche déjà de belles qualités, mais dont la meilleure saison offensive reste peut-être encore à venir.
C’est probablement toute la question.
Le Canadien paiera-t-il le joueur de 30 points qu’il est aujourd’hui… ou celui que l’organisation croit voir éclore au cours des prochaines années?
Entre ces deux évaluations, plusieurs millions de dollars peuvent faire toute la différence.
Pour l’instant, une seule certitude ressort de ce dossier.
Le temps joue davantage en faveur du Canadien que de Zachary Bolduc… et tant qu’aucun terrain d’entente n’est trouvé, c’est Kent Hughes qui conserve le meilleur jeu en main.
À suivre…
