Offre hostile pour Arber Xhekaj: triste nouvelle pour le shérif

Offre hostile pour Arber Xhekaj: triste nouvelle pour le shérif

David Garel
Le 2026-07-07

Arber Xhekaj croyait peut-être qu’une équipe allait passer à l’attaque. Pour l’instant, ce téléphone ne sonne pas.

Le choix d’Arber Xhekaj de ne pas demander l’arbitrage salarial continue de faire énormément jaser à Montréal.

À première vue, plusieurs y ont vu un immense vote de confiance envers Kent Hughes. Après tout, contrairement à Kirby Dach, Xhekaj a refusé de forcer les négociations devant un arbitre. Plusieurs y ont vu le signe qu’il croyait qu’une entente à long terme était déjà à portée de main.

Mais il existe une autre lecture du dossier qui circule de plus en plus dans son entourage.

En refusant l’arbitrage, Xhekaj conservait une arme extrêmement importante : la possibilité de signer une offre hostile avec une autre organisation jusqu’au 1er décembre, tant qu’aucun nouveau contrat n’est conclu avec le Canadien.

Il garde toutes ses options ouvertes.

Et plusieurs croient aujourd’hui que son clan s’attendait réellement à recevoir davantage d’intérêt à travers la LNH.

Les dernières semaines semblaient pourtant pointer dans cette direction.

Son nom revenait constamment dans les rumeurs de transactions. Plusieurs journalistes, dont Maxime Truman, ont évoqué plusieurs organisations qui surveillaient son dossier de très près. On parlait notamment de Calgary, de Winnipeg, d’Ottawa, des Rangers, des Blues, des Hurricanes et même des Flyers avant l’arrivée de Simon Benoit à Philadelphie.

Depuis, d’autres équipes peuvent aussi être ajoutées à cette liste.

Les Blackhawks de Chicago continuent de chercher un véritable protecteur capable d’accompagner Connor Bedard. Toute l’organisation veut éviter que sa jeune vedette soit constamment la cible de l’intimidation adverse, et un défenseur comme Xhekaj répond exactement à ce profil.

Du côté de San Jose, plusieurs voyaient également un mariage logique. Les Sharks cherchaient de la robustesse pour entourer Macklin Celebrini et Will Smith. Le départ de Vincent Desharnais rajoutait de l'huile sur le feu de cette rumeur.

Mais San Jose est allé chercher Darnell Nurse, donc plus besoin du shérif.

Avec cette acquisition, le besoin d’ajouter un autre défenseur intimidant est éliminé, ce qui réduit à néant l’une des destinations les plus naturelles pour le numéro 72.

C’est justement ce qui semble avoir refroidi le marché.

Les équipes qui avaient un besoin criant ont commencé à combler leurs lacunes autrement.

Et pendant ce temps, aucune offre hostile ne s’est matérialisée.

Pour un joueur qui semblait attirer autant d’intérêt partout dans la ligue il y a quelques semaines, c'est une véritable claque au visage.

Il faut aussi comprendre qu’une offre hostile n’est jamais une décision prise à la légère. Même lorsqu’un directeur général adore un joueur, il doit être prêt à immobiliser sa masse salariale, à risquer une détérioration de ses relations avec un autre DG et à sacrifier une compensation au repêchage.

Dans le cas de Xhekaj, plusieurs équipes aiment le joueur.

Mais est-ce qu’elles l’aiment suffisamment pour provoquer Kent Hughes?

Pour l’instant, la réponse semble être non.

Ce dossier devient d’autant plus fascinant lorsqu’on le compare à celui de Kirby Dach.

Dach a choisi l’arbitrage afin de mettre de la pression sur le Canadien et d’accélérer les négociations.

Xhekaj a choisi exactement l’inverse.

Il a gardé la porte grande ouverte à une offre hostile.

Or, plusieurs proches du défenseur auraient sincèrement cru qu’une équipe profiterait de cette occasion pour lui offrir un rôle plus important et un contrat beaucoup plus généreux que ce que le Canadien semble prêt à lui accorder.

Cette offensive n’est jamais arrivée.

Pas encore.

Et plus les jours passent, plus Kent Hughes reprend tranquillement le contrôle du dossier.

Le Canadien peut continuer de négocier sans précipitation pendant que les options de Xhekaj diminuent graduellement.

Voilà pourquoi les prochaines semaines seront déterminantes.

Si aucune équipe ne décide finalement de bouger, Arber Xhekaj devra faire un choix.

Accepter les conditions du Canadien…

Ou continuer de patienter en espérant qu’un directeur général ait finalement le courage de lui offrir le rôle qu’il croit mériter.

Depuis deux ans, Arber Xhekaj est devenu beaucoup plus qu’un simple défenseur du Canadien. Il est devenu une véritable vedette auprès des partisans.

Le fameux "Shérif Burger", ses campagnes publicitaires, ses commandites, les séances photo, les apparitions médiatiques… tout ce qui faisait grandir sa popularité ont créé un malaise.

Martin St-Louis n’a jamais accepté de voir un jeune joueur attirer autant l’attention à l’extérieur de la glace. Le moment du Shérif Burger est resté gravé dans les mémoires.

Xhekaj devenait l’ambassadeur de La Belle et La Bœuf, alors que le Canadien est associé à La Cage. Peu après, son rôle a commencé à diminuer. Coïncidence ou non, plusieurs partisans n’ont jamais cessé de faire le lien.

Surtout que St-Louis a été invité au lancement officiel du burger, et ne s'est jamais présenté.

Le même scénario s’est répété cet été. La photo publiée par sa mère Simona montrant les déjeuners gigantesques des frères Xhekaj a fait le tour de l’Amérique du Nord.

Les nutritionnistes en ont parlé. Les médias en ont parlé. Les réseaux sociaux se sont emballés. Encore une fois, Arber Xhekaj est devenu un phénomène médiatique.

Plusieurs entreprises auraient même commencé à s’intéresser à lui pour de futures campagnes publicitaires. Pendant que sa popularité explosait, sa place dans la hiérarchie du Canadien, elle, n’a jamais vraiment évolué.

Malgré tout cela, malgré les nombreux passages dans les gradins, malgré les critiques publiques de son entraîneur le traitant de "niaiseux", malgré les faux espoirs avant certains matchs où tout indiquait qu’il allait enfin jouer avant d’être laissé de côté à la dernière minute, Xhekaj n’a jamais créé de scandale. Il n’a jamais réclamé un échange publiquement. Il n’a jamais lancé son entraîneur sous l’autobus.

Au contraire, il s’est présenté au camp dans la meilleure forme de sa vie, il a complètement transformé son corps et il a continué à répéter qu’il voulait simplement avoir une vraie chance de s’établir à Montréal.

Mais St-Louis a continué de lui marcher dessus.

Voilà pourquoi son refus de l’arbitrage veut tout dire. Après tout ce qu’il estime avoir traversé, il aurait eu toutes les raisons de choisir la confrontation. Il ne l’a pas fait. Il a préféré laisser la porte ouverte à une entente.

Mais la réalité est qu'il a pris cette décision pour recevoir une offre hostile... qui n'est jamais venu.

Quelle triste histoire. Au moins, il peut se consoler. Il a le droit d'attendre jusqu'au 1er décembre pour recevoir cette offre hostile.

Il va attendre longtemps. Ouch.