Les partisans du CH font honte : Chris Kreider hué
Chris Kreider. Getty

Les partisans du CH font honte : Chris Kreider hué

William Petit Lemay
Le 2026-10-06

Il y avait quelque chose de profondément malaisant dans l’introduction des joueurs du Canadien de Montréal mardi soir au Centre Bell.

Lorsque Michel Lacroix a annoncé le numéro 22, les réactions n’ont pas été celles auxquelles on pouvait s’attendre pour un nouveau joueur du Tricolore. Chris Kreider a été hué par une partie de la foule.

Oui, hué.

Un joueur qui vient tout juste de rejoindre l’organisation montréalaise, qui a choisi le Canadien malgré plusieurs autres possibilités, s’est présenté devant ses nouveaux partisans avec une réception qui risque de lui laisser un goût amer.

Il faut pourtant revenir douze ans en arrière pour comprendre l’origine de ces réactions.

Kreider était encore un jeune joueur des Rangers de New York lorsqu’il est entré en collision avec Carey Price pendant la finale de l’Est en 2014. Le gardien du Canadien avait subi une blessure sur la séquence et Montréal avait finalement été éliminé par New York.

Le souvenir est resté extrêmement présent chez certains partisans.

Kreider le sait.

Lorsqu’il s’est présenté aux médias en septembre, il avait lui-même reconnu que les partisans montréalais avaient la mémoire longue. Il savait très bien que son arrivée allait comporter un défi supplémentaire.

Le problème, c’est qu’il a maintenant choisi de porter le chandail du Canadien.

Il n’est plus un adversaire.

Il fait partie de l’équipe.

À 35 ans, Kreider arrive avec une réputation de joueur intense, capable de créer de l’espace devant le filet, de marquer en avantage numérique et d’apporter une présence physique importante. Il a récolté 50 points, dont 22 buts, avec Anaheim la saison dernière.

Surtout, il a choisi Montréal.

Il aurait pu éviter complètement ce marché. Il aurait pu sélectionner une autre destination où son passé avec Carey Price n’aurait pas été constamment ramené sur la table. Il a plutôt expliqué que le projet du Canadien, la culture construite par Jeff Gorton et Kent Hughes et la présence de Martin St-Louis avaient pesé dans sa décision.

St-Louis représentait même une raison majeure de venir à Montréal pour lui.

Kreider avait joué avec lui chez les Rangers et parlait de son ancien coéquipier comme d’une personne dont il avait énormément appris. Il disait également vouloir gagner avec le Canadien.

Puis, pour son premier match au Centre Bell, il reçoit des huées.

Difficile d’imaginer que ce soit exactement l’accueil dont il rêvait.

Les partisans ont évidemment le droit d’exprimer leur opinion. Ils peuvent avoir des souvenirs, des frustrations et des joueurs qu’ils aiment moins. Toutefois, il faut aussi savoir reconnaître le moment où une vieille histoire doit enfin rester dans le passé.

Carey Price lui-même avait indiqué ne pas entretenir d’animosité envers Kreider.

Le principal intéressé a aussi expliqué que le contact n’était pas intentionnel. Il était jeune, tentait de marquer et évoluait dans une série éliminatoire où chaque jeu pouvait changer le destin d’une équipe.

Douze ans plus tard, le scénario est complètement différent.

Kreider porte maintenant le chandail bleu-blanc-rouge. Il tentera de marquer pour Montréal, de protéger ses coéquipiers et de contribuer aux victoires du Canadien.

Les partisans devraient vouloir qu’il réussisse.

Une nouvelle saison commençait. Une nouvelle équipe se présentait devant eux. C’était justement le moment de tourner la page et d’offrir à un nouveau joueur une véritable chance de devenir l’un des leurs.

Les huées de mardi ne vont certainement pas effacer l’histoire de 2014.

Elles risquent toutefois de compliquer inutilement les premières semaines d’un joueur qui est maintenant censé aider le Canadien à gagner.

Chris Kreider mérite d’être jugé sur ce qu’il fera avec le chandail du Canadien, pas uniquement sur ce qui s’est produit lorsqu’il portait celui des Rangers.

Misère...