Scène qui donne des frissons : Martin St-Louis au cœur d’un moment magique au Centre Bell
Martin St-Louis. Journal de Montréal

Scène qui donne des frissons : Martin St-Louis au cœur d’un moment magique au Centre Bell

William Petit Lemay
Le 2026-10-06

Martin St-Louis n’a pas eu besoin de dire un mot pour comprendre ce que Montréal pense de lui.

Lorsque son nom a été annoncé durant la cérémonie d’ouverture au Centre Bell, la foule a réservé une ovation qui a rapidement pris toute la place. Les applaudissements se sont prolongés, les cris ont monté dans les gradins et St-Louis a pu mesurer une fois de plus l’attachement particulier qui existe entre lui et les partisans du Canadien.

La scène avait quelque chose de particulier.

Au milieu de toute l’effervescence entourant le début de la saison, l’entraîneur-chef a reçu un accueil qui dépassait largement celui réservé à un simple membre du personnel hockey. Pendant plusieurs secondes, les partisans ont simplement voulu lui faire savoir qu’ils étaient derrière lui.

Cette relation ne s’est pas construite du jour au lendemain.

St-Louis est un enfant de Laval. Il a grandi à quelques kilomètres de Montréal en regardant le Canadien comme un jeune partisan parmi tant d’autres. Ses idoles portaient le fameux chandail rouge, blanc et bleu. Des années plus tard, il se retrouve derrière le banc de cette même équipe.

Le parcours rend la situation encore plus particulière.

Avant de devenir entraîneur du Canadien, St-Louis avait déjà écrit une histoire exceptionnelle dans la LNH. Joueur non repêché devenu membre du Temple de la renommée, il a dû constamment prouver sa valeur. Cette mentalité l’accompagne maintenant derrière le banc.

Les joueurs semblent également avoir développé une relation particulière avec lui.

Nick Suzuki l’a déjà décrit comme le meilleur entraîneur qu’il ait eu. Cole Caufield a souligné sa confiance grandissante envers le groupe. Chris Kreider, qui a connu St-Louis comme coéquipier avec les Rangers, avait même identifié son ancien compagnon de trio comme une raison majeure de sa décision de venir à Montréal.

Les commentaires de ses joueurs reviennent souvent autour des mêmes qualités : passion, intelligence, communication et capacité à créer une véritable connexion avec son groupe.

Phillip Danault, revenu à Montréal cette saison, a également insisté sur les ajustements apportés par St-Louis d’un match à l’autre. Selon lui, les détails travaillés dans la zone neutre et sur l’échec avant démontrent à quel point l’entraîneur réfléchit constamment à la façon de faire progresser son équipe.

Cette évolution explique aussi pourquoi l’accueil reçu au Centre Bell prend autant d’importance.

Lorsque St-Louis a été embauché en 2022, plusieurs observateurs se demandaient comment un entraîneur avec une expérience limitée derrière un banc professionnel allait gérer le marché montréalais. Quatre ans plus tard, son équipe a progressé saison après saison et son contrat a été prolongé pour plusieurs années.

Jeff Gorton et Kent Hughes ont publiquement démontré leur confiance envers lui. Les joueurs ont fait la même chose à plusieurs reprises.

Les partisans viennent maintenant de leur côté ajouter leur voix.

Cette ovation ne garantit évidemment aucun résultat sur la glace. Elle montre toutefois que St-Louis occupe une place particulière dans l’imaginaire montréalais. Il n’est pas seulement l’entraîneur d’une équipe qui tente de retrouver les sommets.

Il est devenu une partie de l’histoire que les partisans souhaitent continuer à écrire.

Pour un enfant de Laval qui rêvait autrefois de voir le Canadien connaître de longues soirées de séries éliminatoires, vivre un tel moment au Centre Bell doit avoir une saveur particulière.

Cette fois, ce sont les partisans qui lui ont offert quelques secondes dont il risque de se souvenir longtemps.