Malaise à Sherbrooke: Martin St-Louis tendu dans les estrades pour son fils

Malaise à Sherbrooke: Martin St-Louis tendu dans les estrades pour son fils

David Garel
Le 2026-08-17

Martin St-Louis débarque à Sherbrooke pour mettre la pression sur le Phoenix. Et la scène.. était malaisante...

Martin St-Louis dans les estrades du Phoenix, le regard tendu et fermé, les yeux rivés sur la glace, alors que son fils Mason tente de gagner sa place dans la LHJMQ.

Officiellement, il n’y a rien de plus normal. Un père vient regarder son fils disputer un camp de recrues. Mais dans les faits, la présence de l’entraîneur-chef du Canadien de Montréal change complètement l’atmosphère autour du Phoenix.

Chaque mouvement est observé, chaque décision du coach Gilles Bouchard est analysée, et tout le monde sait qu’un membre très important de la famille St-Louis est assis dans les gradins. Impossible de faire comme si Martin n’était pas là.

Mason St-Louis, sélectionné en septième ronde en 2025, tente justement de franchir l’étape suivante après son parcours dans le hockey préparatoire américain.

Le camp des recrues du Phoenix rassemble 38 joueurs qui veulent obtenir une invitation au véritable camp qui débutera le 24 août.

Les deux premiers choix de Sherbrooke au dernier repêchage sont présents, la compétition est réelle et les entraîneurs doivent rapidement déterminer lesquels de ces jeunes méritent de poursuivre l’aventure.

Gilles Bouchard a d’ailleurs expliqué que le groupe lui plaisait, notamment en raison de son niveau d’attention et de son éthique de travail. Mais maintenant, avec Martin St-Louis installé dans les estrades, la pression médiatique autour de chaque décision augmente automatiquement.

St-Louis observait l'entraînement avec son regard de feu, le même qu'il utilise pour intimider les journalistes afin de les remettre à leur place quand il est énervé par leurs questions.

Bouchard doit évidemment faire son travail comme il l’a toujours fait. Il ne peut pas donner une place à Mason simplement parce que son père dirige le Canadien.

Mais mettez-vous à sa place. Vous faites quoi si St-Louis est prêt à te rabaisser du regard si tu ne choisis pas son fils?

Ton équipe est favorite pour la Coupe cette année. Tu es en pleine évaluation, tu dois couper des joueurs, tu dois choisir ceux qui méritent de passer au camp principal, et dans les estrades se trouve l’un des entraîneurs les plus connus du hockey québécois, qui se trouve aussi à être le père d’un des joueurs que tu évalues.

Et Martin, lui, ne semble pas simplement être venu faire un passage de quelques minutes. Il est omniprésent. prend le temps de regarder son fils dans son environnement. Il juge comment le Phoenix fonctionne, comment les entraîneurs travaillent avec les jeunes et surtout, il veut mettre la pression psychologique sur le coach et les dirigeants.

Tout le monde sait que Mason St-Louis sera un outil marketing formidable pour la ville de Sherbrooke. Et on dirait que le coach du CH fait tout pour mettre la pression insoutenable afin de forcer la décision.

Certains affirment que Martin St-Louis est tendu car il n’est plus l’entraîneur d’une équipe qui peut se cacher derrière le mot reconstruction.

Montréal vient de franchir un cap important. Les jeunes joueurs commencent à atteindre leur maturité, les attentes ont explosé et le Canadien doit maintenant démontrer qu’il peut rester un véritable prétendant à la Coupe Stanley. La prochaine étape pour St-Louis n’est plus de simplement développer des jeunes. C’est de gagner.

Et c’est justement pour cette raison que ses mâchoires sont aussi serrées: pendant que son fils se bat pour gagner une place dans une équipe junior, son père doit retourner à Montréal avec une pression beaucoup plus importante sur les épaules.

Gilles Bouchard, lui, doit composer avec la sienne.

Le Phoenix a expliqué que le camp doit permettre de réduire le groupe de 38 joueurs à une trentaine avant le camp principal.

Les matchs préparatoires contre Victoriaville permettront de poursuivre cette évaluation et les décisions vont rapidement tomber.

Avec la fermeture temporaire du Palais des sports en raison du problème de réfrigération, Sherbrooke doit déjà gérer des conditions particulières, en utilisant notamment l’Université Bishop et le complexe Thibault-GM pour ses entraînements. Bouchard répète que l’équipe doit trouver des solutions et continuer d’avancer malgré l’adversité.

Puis voilà que Martin St-Louis arrive dans les gradins.

St-Louis tente de mettre volontairement son homologue sous pression. Dans un petit marché comme Sherbrooke, sa présence est impossible à ignorer. Tout le monde sait qui il est. Tout le monde sait pourquoi il est là. Et pour certains, ça manque de classe.

En même temps, c’est aussi une excellente occasion pour Mason de montrer qu’il peut vivre avec cette attention.

Car le nom St-Louis sera toujours au-dessus de sa tête.

Il ne pourra pas demander aux gens de ne pas savoir qui est son père. Il ne pourra pas empêcher les partisans de l’observer davantage. Il ne pourra pas éviter les comparaisons. Mais il peut contrôler ce qui se passe sur la glace. S’il gagne sa place, ce sera la sienne. Mais s'il gagne à cause de son père, cela devient malaisant à souhait.

Pourtant, Martin St-Louis n’a jamais construit sa carrière en demandant des cadeaux. Il a dû se battre pour atteindre la LNH, puis devenir une vedette malgré les doutes.

Il sait donc mieux que personne qu’un jeune joueur doit mériter sa place. Mason aura probablement une pression supplémentaire en raison de son nom, mais il possède également la chance d’avoir un père capable de lui expliquer exactement comment survivre à cette pression.

Mais ce n'est pas en forçant la décision qu'il rend service à son fils.

Quelque part dans les estrades de Sherbrooke, une pression silencieuse vient de monter d’un cran.