Sortie publique de Réjean Tremblay: le dossier Zachary Bolduc tourne mal

Sortie publique de Réjean Tremblay: le dossier Zachary Bolduc tourne mal

David Garel
Le 2026-08-17

Il fallait bien que quelqu’un finisse par le dire publiquement.

Alors que le dossier contractuel de Zachary Bolduc s’éternise à Montréal, que son nom circule dans des scénarios de transaction et que le jeune attaquant québécois est devenu l’un des dossiers les plus tendus de l’été du Canadien, Réjean Tremblay vient de lancer une bombe : Kent Hughes doit arrêter de niaiser Bolduc et lui donner un véritable contrat.

Et surtout, selon Tremblay, le Canadien doit reconnaître quelque chose que plusieurs semblent volontairement oublier : Bolduc n’est pas simplement un jeune joueur qui demande de l’argent.

Il est un des rares Québécois de l’organisation et, dans le marché médiatique montréalais, cette réalité possède une valeur qui dépasse largement les statistiques sur une feuille de pointage.

Tremblay commence avec une phrase qui résume parfaitement son état d’esprit :

« On va se mettre d’accord sur un point. On a assez niaisé Zachary Bolduc. » (l'intégral du message de Tremblay se retrouve en fin d'article).

Et il ne s’arrête pas là. Selon lui, Kent Hughes aurait pu profiter de la situation pour tenter de signer Bolduc à rabais, comme il aurait réussi à le faire avec d’autres jeunes éléments du noyau, mais le marché de la LNH ne lui permettrait plus de procéder de cette façon.

Bolduc veut son "cash". Il continue de répéter qu'il ne veut rien savoir d'un rabais.

Bolduc lui-même avait déjà donné le ton lorsqu’il avait résumé sa situation contractuelle d’une manière qui avait fait énormément parler :

« Tout est une question d’argent. »

Une véritable une déclaration de guerre à la direction.

Il n’est plus un espoir qui attend son premier contrat important. Il est un joueur de la LNH qui vient de traverser une saison complète et difficile à Montréal, qui a été utilisé dans différentes situations de plombier sous-valué et qui veut savoir ce que le Canadien considère réellement comme sa valeur.

Si le Canadien croit véritablement en Bolduc, Tremblay voit une possibilité d’entente de quatre ans pour environ 16 millions de dollars.

Cela représente 4 millions par saison et offrirait au joueur une sécurité importante tout en permettant au Canadien de conserver une certaine maîtrise sur son évolution.

Si Hughes a encore des réserves, Tremblay estime plutôt que les deux camps pourraient se retrouver autour de 11,5 millions de dollars sur trois ans, soit environ 3,83 millions par saison. Dans les deux cas, l’idée demeure la même : Montréal doit maintenant déterminer ce qu’il pense réellement de Bolduc.

Un athlète qu'ils veulent valoriser ou un homme qu'ils veulent continuer de mépriser?

Car si Kent Hughes offre trois ans à Bolduc autour de 11,5 millions, il lui dit essentiellement : nous croyons suffisamment en toi pour te garder, mais nous voulons encore voir jusqu’où tu peux aller.

À l’inverse, une entente de quatre ans autour de 16 millions représenterait une confiance beaucoup plus forte dans son potentiel.

Ce serait le Canadien qui prendrait un risque financier aujourd’hui en espérant que le joueur devienne une véritable pièce du top-6 demain.

Tremblay ajoute cependant une dimension qui risque de faire beaucoup plus réagir : celle de la valeur médiatique du joueur québécois.

Il écrit que, dans un marché où « les droits de télé sont payés des milliards de dollars », Bolduc représente quelque chose de particulier pour l’organisation.

Il est Québécois. Il parle aux médias québécois. Il peut répondre aux questions en français. Il peut devenir un visage important auprès du public local. Et selon Tremblay, cette disponibilité permanente auprès des médias devrait avoir une certaine valeur.

Sa formule est volontairement provocatrice :

« Bolduc, un des rares Québécois de l’organisation, va servir de relationniste de luxe et de valet de service pour les réseaux de radio et de télé qui enrichissent le Canadien. Ça se paye. »

C’est la partie la plus cinglante de sa sortie.

Montréal demeure un marché où les joueurs sont constamment sollicités. Les micros sont partout. Les radios veulent des entrevues. Les télévisions veulent des réactions. Les journalistes veulent des commentaires après les entraînements, après les matchs, après les défaites et après les victoires.

Et lorsqu’un joueur québécois accepte de faire tout ça, Tremblay estime que cette disponibilité possède une valeur commerciale.

Il pousse même l’argument jusqu’à parler d’un véritable bonus médiatique.

« Endurer certaines questions et certains brillants commentaires vaut bien un petit bonus. »

Ouch.

Puis il rappelle deux exemples qui permettent de comprendre exactement ce qu’il veut dire :

« Parlez-en à Jonathan Drouin et ti-Paul Byron en 20-21 ! Ils ont passé la saison à deux francos avec un micro dans la face ! »

C’est une référence très claire à cette période où les joueurs francophones du Canadien étaient constamment interpellés par les médias québécois.

Au point que Drouin en a fait une dépression.

Être anbassadeur, ça se paye.

Tremblay estime donc qu’il faut arrêter de regarder uniquement le chiffre sur le contrat.

Il faut regarder l’ensemble du produit.

Et cela arrive alors que Bolduc se retrouve lui-même dans une position extrêmement délicate. Son nom est apparu dans des scénarios de sign-and-trade. Le fait qu’il ne soit toujours pas sous contrat permet théoriquement à Kent Hughes de l’intégrer dans une transaction beaucoup plus importante.

Son avenir à Montréal n’est donc même plus garanti, malgré le fait que le Canadien l’ait acquis il y a seulement un an en sacrifiant Logan Mailloux.

Le dossier est en train de mal tourner.

Zachary Bolduc n’est pas seulement en train de négocier son salaire. Il est en train de négocier sa dignité.