Manque de courage en salle de presse: Martin St-Louis ne mérite pas ses millions
Martin St-Louis. Capture d’écran-youtube

Manque de courage en salle de presse: Martin St-Louis ne mérite pas ses millions

David Garel
Le 2026-10-08

Le Canadien de Montréal vient de perdre 5-2 contre les Predators de Nashville après avoir contrôlé une bonne partie de la rencontre, et la priorité de Martin St-Louis, au lendemain de cette nouvelle défaite, est de protéger le moral de ses joueurs.

Il ne veut pas dénoncer les erreurs qui coûtent des matchs, ni remettre en question l’exécution des unités spéciales.

Il n'a pas le courage de hausser le ton devant un groupe qui vient d’échapper une rencontre pourtant à sa portée. Non. Son plus grand souci, c’est que ses petits gars restent dans un bon état émotionnel.

« Mon plus grand souci, pour un match comme ce soir, c’est le moral des gars. Qu’ils restent dans un bon état émotionnel. On a joué un bon match. La vie n’est pas juste. Tu continues d’avancer. Demain, le soleil va briller, je l’espère. On va retourner au travail. C’est la vie. Tu te relèves et tu continues. »

Voilà où nous en sommes rendus à Montréal. Le Canadien vient de subir une troisième défaite consécutive, il a accordé 17 buts en quatre matchs et ses unités spéciales sont incapables de faire le travail, mais son entraîneur-chef nous sert une réflexion sur la vie, le soleil et la nécessité de garder le moral.

On ne demande pas à Martin St-Louis de démolir ses joueurs publiquement après chaque revers. On lui demande de diriger une équipe de hockey professionnel, de trouver des solutions et de démontrer que les défaites ont des conséquences.

Ce n’est pas une séance de thérapie de groupe. C’est le Canadien de Montréal.

Le plus inquiétant, c’est que St-Louis ne s’est pas contenté de parler du moral de ses joueurs. Il a aussi défendu la performance de son équipe avec une assurance difficile à comprendre après une défaite de 5-2.

Lorsqu’on lui a demandé comment Nashville avait réussi à renverser la situation, sa réponse a été sans équivoque :

« Ils ont été opportunistes sur leurs avantages numériques, c’est pas mal tout. On a contrôlé vraiment tout le match. »

Vraiment tout le match?

Ses joueurs étaient en panique à la fin. Et quand il fallait gagner la mise au jeu, alors que le filet était désert, St-Louis a envoyé Nick Suzuki au lieu de Phil Danault. Même notre grand-mère aurait envoyé Danault.

St-Louis a d’ailleurs reconnu que les unités spéciales devaient s’améliorer. Heureusement. Le coach est vraiment en train de tout rater derrière le banc.

Montréal occupe le 27e rang de la LNH en avantage numérique, avec un taux d’efficacité de seulement 7,7 %, selon les statistiques fournies après quatre matchs. En désavantage numérique, le Canadien se retrouve au 24e rang, à 70,6 %. Ce sont deux secteurs majeurs du jeu qui plombent l’équipe en même temps.

On parle pourtant d’un personnel d’entraîneurs qui a bénéficié d’ajustements pendant la saison morte, notamment avec l’arrivée de Derek Lalonde. L’objectif était d’améliorer le fonctionnement collectif, de mieux structurer l’équipe et de corriger des lacunes qui avaient déjà coûté cher.

Et pendant que le Canadien cherche des réponses, St-Louis semble surtout préoccupé par la manière dont ses pauvres petits joueurs vivent émotionnellement les défaites.

« Les gars sont fiers, les gars sont déçus de ne pas avoir le résultat qu’ils veulent présentement », a-t-il expliqué en parlant du niveau de compétition de son équipe. Il a ensuite ajouté qu’il n’était pas inquiet, parce que les joueurs sont fiers et qu’il considère avoir un groupe de travailleurs.

On croirait un animateur de pastorale: l'important, c'est de participer.

St-Louis a également affirmé qu’il n’avait pas l’impression d’avoir vu des passagers dans son alignement.

« Je n’ai pas pensé qu’on avait des passagers ce soir. Les gars étaient en train de travailler. »

Il y a une différence entre protéger ses joueurs et les installer dans une zone de confort. St-Louis est tellement soft.

Le problème dépasse d’ailleurs cette seule défaite. Il touche à la culture que Kent Hughes et Martin St-Louis sont en train d’installer à Montréal.

Depuis plusieurs saisons, le Canadien présente son projet comme une reconstruction qui exige du temps, de la patience et un environnement favorable au développement des jeunes joueurs.

Mais la patience ne peut pas devenir une permission permanente de répéter les mêmes erreurs, et le développement ne peut pas servir à justifier l’absence d’exigence.

Un vestiaire doit être un environnement positif, pas un country club où tout le monde est protégé dès que les choses tournent mal.

La situation contractuelle de Mike Matheson illustre parfaitement les questions que soulève cette culture toxique. Le défenseur vient de signer une prolongation de cinq ans d’une valeur de 30 millions de dollars, avec une clause de non-mouvement complète pendant les trois premières saisons de son contrat.

Cette protection doit ensuite diminuer, avec une liste de 14 équipes auxquelles il pourra refuser une transaction en 2029-2030, puis une liste de cinq équipes en 2030-2031.

Il sera déjà fini à la corde d'ici 3 ans.

Il est déjà nuisible et son contrat vient de commencer.

Comment Kent Hughes peut-il justifier une protection aussi importante pour un défenseur dont les décisions avec la rondelle et les erreurs défensives sont dignes du pee-wee?

Le contrat de Matheson prouve, à lui seul, que le Canadien est devenu un country club. L'ancien client de Kent Hughes a vraiment floué son ancien agent.

Le cas de St-Louis est tout aussi préoccupant. Le Canadien lui a accordé une prolongation de contrat de quatre ans et un salaire annuel oscillant entre 6 et 7 M$ par année.

Tout ça, pour un animateur de pastorale.

Kent Hughes doit également assumer sa part de responsabilité. Notre DG est beaucoup trop soft.

Le Canadien n’a pas besoin d’un DG qui enrichit ses anciens clients et amis.

Le CH n'a pas besoin d'un entraîneur qui explique que la vie est injuste après une défaite.

Bienvenue au Country Club de Montréal. Là où papa St-Louis veut consoler ses joueurs multimillionnaires.

La misère des riches...