Mike Matheson s’effondre sur la glace: le Québec ne lui pardonnera jamais
Mike Matheson. Capture d’écran-youtube

Mike Matheson s’effondre sur la glace: le Québec ne lui pardonnera jamais

David Garel
Le 2026-10-08

Pauvre Mike Matheson. Le défenseur du Canadien de Montréal était déjà devenu la cible d’une partie des partisans, au point où des menaces auraient été proférées contre lui dans la rue et où sa famille aurait également été visée sur les réseaux sociaux.

La situation était déjà malsaine, mais sa prestation horrible contre les Predators de Nashville vient remettre de l’huile sur le feu. Après une nouvelle défaite du Canadien, les critiques sont reparties de plus belle et Matheson se retrouve encore une fois au centre de la tempête.

Le problème, c’est que cette fois, il a donné des munitions à ses détracteurs.

Montréal menait 2-0 contre les Predators de Nashville et contrôlait pourtant une bonne partie de la rencontre. Le Canadien avait l’occasion de se donner un peu d’air, de tourner la page sur ses dernières difficultés et de repartir avec une victoire importante.

Au lieu de ça, l’équipe a laissé filer le match, s’inclinant 5-2 après avoir perdu le contrôle en fin de deuxième période.

Et dans cette séquence qui a fait basculer la rencontre, Matheson a encore réussi à devenir le clown mal-aimé du Québec.

Sa pénalité en troisième période, alors que le match était à égalité, a été atroce. Non seulement il perd la rondelle et commet un revirement de pee-wee, mais il va accrocher Steven Stamkos qui ne représentait pas une menace immédiate.

Matheson s’est retrouvé au banc des pénalités au moment où son équipe avait justement besoin de calme et de discipline. Nashville a profité de l’avantage numérique pour prendre les devants grâce à Ryan O’Reilly, et le Canadien n’a jamais réussi à revenir.

C’est exactement le genre de séquence qui fait exploser les partisans. Matheson possède des qualités offensives évidentes, il est capable de transporter la rondelle et de contribuer à la relance, mais ses décisions deviennent impossibles à défendre.

Il est rendu à se déjouer lui-même. Cette séquence où il est mêlé comme un jeu de cartes est devenue virale:

Ce qui frustre encore plus les fans du CH, c'est le traitement de chouchou réservé à Matheson, gracieuseté de son papa protecteur Martin St-Louis.

Quand le jeu simple suffit, il cherche une option plus risquée. Quand il faut protéger une avance ou éviter de donner une occasion à l’adversaire, il prend une décision qui place son équipe dans le trouble. À force de répéter ces erreurs, il finit par épuiser la patience du public qui n'est plus capable de le voir en peinture.

Sur les réseaux sociaux, la réaction fait mal.

On rejette l’argument selon lequel le défenseur mérite de l’indulgence parce qu’il joue énormément. Accumuler les minutes ne signifie rien si les mêmes mauvaises décisions se répètent soir après soir.

La question de son contrat revient donc inévitablement sur la table. Matheson a signé une prolongation de cinq ans d’une valeur totale de 30 millions de dollars, soit six millions par saison.

Ouch.

Pour une équipe qui cherche à franchir une nouvelle étape et à devenir une véritable prétendante, chaque dollar compte. Et Mike Matheson est déjà un boulet financier. À la première année de son contrat.

Kent Hughes a commis une bourde monumentale en accordant cette prolongation à Matheson. Le défenseur avait une valeur incroyable sur le marché des transactions et aurait pu représenter un coup de circuit pour le DG du CH.

Avec des équipes à la recherche d’un arrière capable de produire offensivement, le Canadien aurait reçu la lune. Plutôt que de profiter de cette valeur pour améliorer une autre partie de son alignement, l’organisation a décidé de le conserver à long terme.

Certains partisans sont convaincus que cette décision repose sur les liens entre Hughes et son ancien client.

Toujours facile de surpayer un défenseur nuisible quand tu es son ancien agent. Ce sont des perceptions qui alimentent la colère, particulièrement lorsque les performances ne suivent pas.

Le plus inquiétant pour le Canadien, c’est que cette défaite survient dans un début de saison déjà compliqué. Montréal a maintenant perdu trois matchs de suite et n’a remporté qu’une seule de ses quatre premières rencontres.

L’équipe a accordé beaucoup trop de buts, et sa position au classement de la division Atlantique (7e) ne correspond certainement pas aux espoirs qui entouraient ce groupe.

Contre Nashville, les Canadiens ont pourtant montré qu’ils pouvaient contrôler le jeu pendant de longues séquences. Ils ont dominé au chapitre des tirs, obtenu de bonnes occasions et forcé Juuse Saros à tenir le fort. Tout cela n’a servi à rien parce que les erreurs ont fini par coûter trop cher.

Mike Matheson nous a volé deux points. Mais les menaces visant un joueur ou sa famille sont inacceptables, peu importe son salaire, son rendement ou le nombre d’erreurs qu’il commet.

Les partisans ont le droit d’exiger davantage d’un défenseur payé six millions par saison. Ils ont le droit de remettre en question une prolongation de contrat et de réclamer une transaction. Ils n’ont jamais le droit de transformer cette frustration en intimidation dans la rue ou en harcèlement envers ses proches.

Trente millions de dollars, cinq saisons supplémentaires et déjà une colère qui gronde : Kent Hughes et Martin St-Louis n’ont pas fini d’entendre parler de Mike Matheson.

Si le défenseur continue d’accumuler les erreurs coûteuses pendant que le Canadien multiplie les défaites, la situation va dégénérer.