Martin St-Louis vient de lancer une phrase qui pourrait faire rêver les partisans du Canadien de Montréal, surtout au moment où le nom de Nikita Kucherov alimente les discussions autour de l'avenir du Lightning de Tampa Bay.
« Tu veux être champion, tu veux devenir champion, mais comporte-toi comme un champion. »
Une déclaration qui résume parfaitement la philosophie que l'entraîneur tente d'implanter à Montréal… et qui prend une dimension particulière lorsqu'on imagine ce que pourrait donner l'arrivée d'une superstar comme Kucherov dans un groupe qui cherche justement à franchir un nouveau cap.
À la veille d'affronter les Penguins de Pittsburgh, St-Louis a expliqué que son équipe commençait à adopter les comportements nécessaires pour aspirer aux plus grands honneurs.
Le Canadien revient d'un voyage de quatre matchs à l'étranger, marqué par quatre victoires et par l'absence de son capitaine Nick Suzuki.
Plutôt que de s'effondrer après avoir perdu un élément aussi important, les Montréalais ont appris à gagner autrement, en resserrant leur jeu et en faisant preuve d'une maturité qui leur avait parfois échappé auparavant.
Pour St-Louis, cette progression ne relève pas d'un miracle, mais d'un travail quotidien qui doit finir par devenir une habitude.
« On commence à se comporter davantage comme des gars qui veulent devenir champions », a expliqué l'entraîneur, tout en rappelant que cette évolution ne garantit absolument rien.
Le message est clair ... les ambitions ne valent pas grand-chose si les habitudes ne suivent pas.
Un joueur peut rêver de soulever la Coupe Stanley pendant toute sa carrière, mais encore faut-il accepter les sacrifices, la discipline et les responsabilités qui viennent avec cette ambition.
C'est précisément cette mentalité que Montréal tente de développer, et le discours de St-Louis donne une idée du type de culture qu'il veut voir s'installer dans son vestiaire.
La réflexion devient particulièrement intéressante lorsqu'on pense à Kucherov.
L'attaquant du Lightning fait partie de l'élite mondiale depuis plusieurs années et possède déjà l'expérience des grandes conquêtes, lui qui a remporté la Coupe Stanley à deux reprises avec Tampa Bay.
À 33 ans, son héritage est déjà impressionnant, mais les ambitions d'un joueur de ce calibre ne disparaissent pas simplement parce qu'il a gagné auparavant.
La question de son avenir, si jamais elle devait réellement se poser, serait forcément liée à la capacité d'une équipe à lui offrir une nouvelle occasion de jouer pour le championnat.
Montréal peut-il devenir cette destination? Pour l'instant, rien dans les propos de St-Louis ne permet d'affirmer que le Canadien prépare une offensive pour acquérir Kucherov.
L'entraîneur n'a pas parlé de son ancienne vedette du Lightning et n'a envoyé aucune invitation publique à l'attaquant russe. Le rapprochement demeure donc hypothétique, mais il n'en reste pas moins séduisant.
St-Louis connaît la culture gagnante de Tampa Bay, a côtoyé plusieurs figures importantes de l'organisation et sait ce qu'il faut pour bâtir un groupe capable de traverser les séries éliminatoires.
Son expérience donne forcément du poids à son discours sur les exigences du championnat.
Le voyage du Canadien a d'ailleurs permis de constater que cette mentalité commence à se traduire sur la glace.
Les joueurs ont dû apprendre à gagner des matchs serrés, à mieux gérer les troisièmes périodes et à accepter que toutes les victoires ne passent pas par une explosion offensive.
St-Louis a même insisté sur l'importance de conserver cette urgence tout au long de la saison, sans attendre que les séries approchent pour se comporter en équipe ambitieuse.
Pour lui, la maturité se mesure justement à la capacité d'agir correctement lorsque l'échéance paraît encore loin.
C'est peut-être ce qui rend le Canadien intéressant aux yeux d'une éventuelle vedette disponible dans les prochaines années. Une équipe en reconstruction permanente n'offre pas les mêmes perspectives qu'un groupe qui apprend progressivement à gagner.
Si Montréal poursuit sur cette voie, ajoute de l'expérience à son noyau et continue de développer une véritable culture de compétition, l'organisation pourrait devenir beaucoup plus attrayante pour les joueurs qui souhaitent se battre pour la Coupe Stanley.
Kucherov à Montréal reste une hypothèse, et il serait prématuré de transformer les paroles de St-Louis en message codé destiné à l'attaquant russe.
Mais le raisonnement derrière cette possibilité mérite d'être retenu : le Canadien ne veut plus seulement parler de son potentiel. Il veut se comporter comme une équipe qui aspire réellement aux grands honneurs.
St-Louis vient de rappeler que les champions doivent agir comme des champions avant de pouvoir soulever le trophée.
Si Montréal réussit à transformer ces paroles en résultats durables, les grandes vedettes pourraient éventuellement commencer à regarder dans sa direction.
Ouf…
