Sidney Crosby s’apprête à débarquer à Montréal avec une question qui commence à devenir embarrassante pour les Penguins de Pittsburgh ... quelle équipe sont-ils réellement?
Pendant que le Canadien cherche à confirmer ses progrès après une séquence victorieuse, le capitaine des Penguins reconnaît ouvertement que sa formation tente encore de trouver son identité.
Le timing est particulièrement intéressant, puisque les hommes de Martin St-Louis auront justement l’occasion de mesurer leurs ambitions face à l’un des joueurs qui incarnent le mieux la culture gagnante de la LNH.
Vendredi, à la veille de l’affrontement contre le Canadien, Crosby n’a pas tenté de maquiller les difficultés de Pittsburgh derrière les habituelles déclarations optimistes d’avant-match.
Le vétéran a plutôt parlé d’une équipe qui cherche encore ses repères, alors que la saison est déjà bien entamée.
Selon lui, les formations de la LNH passent généralement le premier mois de la campagne à tenter de définir leur identité et à installer une certaine constance dans leur jeu.
Les Penguins sont encore dans cette phase, et le fait que leur capitaine le reconnaisse publiquement en dit long sur le travail qui reste à accomplir.
Crosby a également posé un regard assez révélateur sur la saison précédente.
Pittsburgh possédait alors une meilleure fiche au même stade, mais le numéro 87 estime que certaines victoires avaient été obtenues sans que son équipe les mérite véritablement.
Les Penguins avaient réussi à trouver des façons de gagner malgré des performances imparfaites. Cette saison, les choses se compliquent lorsqu’ils doivent renverser une rencontre ou survivre aux moments difficiles.
Une équipe peut accumuler des points pendant un certain temps grâce à son talent, mais lorsque les résultats ne suivent plus, ses défauts finissent par apparaître au grand jour.
Le capitaine n’a pas non plus cherché à se déresponsabiliser.
Crosby estime que l’effort et l’intensité sont généralement au rendez-vous, mais que Pittsburgh doit prendre de meilleures décisions et être davantage connecté dans son jeu.
Lorsqu’une erreur survient, les joueurs doivent aussi être placés de façon à pouvoir la réparer plutôt que de laisser une petite faute se transformer en catastrophe.
Ce discours vient d’un joueur qui a remporté trois Coupes Stanley et qui sait très bien qu’une équipe ne peut pas se contenter de travailler fort pour espérer aller loin.
Encore faut-il comprendre comment jouer ensemble lorsque la pression monte.
Même individuellement, Crosby n’est pas satisfait de son début de saison. Le capitaine a reconnu qu’il aurait aimé connaître un meilleur départ et qu’il avait encore plusieurs aspects de son jeu à améliorer.
À 39 ans, après avoir traversé presque toutes les situations imaginables dans la LNH, il continue de parler de progression, d’apprentissage et de travail.
Le message est clair ... personne ne peut se permettre de s’installer dans sa zone de confort, pas même une légende de son calibre.
Cette franchise donne une dimension particulière à sa visite au Centre Bell.
Le Canadien vient de remporter quatre matchs consécutifs sur la route et présente une fiche de 8-3-2 avant l’affrontement de samedi.
L’équipe de Martin St-Louis doit toutefois composer avec l’absence de Nick Suzuki, tandis que plusieurs joueurs ont contribué aux récents succès.
Montréal commence à démontrer qu’il peut gagner autrement qu’en s’appuyant constamment sur les mêmes vedettes. C’est encourageant, mais la saison est encore jeune et les véritables réponses viendront lorsque les difficultés se présenteront.
St-Louis a justement insisté récemment sur la mentalité nécessaire pour devenir une équipe championne.
Vouloir gagner la Coupe Stanley ne suffit pas, selon son message ... il faut déjà adopter les comportements qui correspondent à cette ambition.
Les propos de Crosby sur l’identité et la constance s’inscrivent dans une réflexion similaire, même si le capitaine des Penguins parlait de sa propre formation et ne s’adressait pas directement au Canadien.
Voilà pourquoi cette rencontre mérite d’être suivie de près.
Pittsburgh arrive avec des questions auxquelles Crosby lui-même ne prétend pas encore avoir toutes les réponses, tandis que Montréal tente de transformer son bon départ en quelque chose de durable.
Le Canadien n’a pas encore prouvé qu’il pouvait rivaliser avec les meilleures équipes pendant toute une saison, mais il a une occasion de profiter des incertitudes d’un adversaire qui cherche encore sa voie.
Crosby demeure dangereux, peu importe les difficultés collectives de Pittsburgh.
Un joueur de cette trempe peut changer l’allure d’un match en quelques secondes, et le Canadien ne pourra certainement pas se permettre de confondre les problèmes des Penguins avec une invitation à baisser sa garde.
La crise identitaire de Pittsburgh est peut-être réelle, mais elle ne garantit absolument rien à Montréal.
Samedi, le Canadien devra démontrer qu’il possède justement cette qualité que Crosby réclame à son équipe ...une identité suffisamment solide pour que les bonnes habitudes survivent aux moments difficiles.
Ouch…
