Méga transaction Toronto-Tampa Bay: William Nylander devient le cauchemar de Kent Hughes
William Nylander et Nikita Kucherov. Getty

Méga transaction Toronto-Tampa Bay: William Nylander devient le cauchemar de Kent Hughes

David Garel
Le 2026-11-07

Une porte vient de s’ouvrir pour Julien BriseBois. Et elle pourrait mener directement à Toronto.

Pendant que Nikita Kucherov prépare son départ de Tampa Bay, William Nylander commence à faire suer les dirigeants des Maple Leafs.

Le Suédois continue d’accumuler les points, mais ses commentaires sur ses compagnons de trio et son attitude sur la glace alimentent les critiques.

Il donne même l’impression de vouloir faire comprendre à son entraîneur qu’il n’est pas satisfait de la qualité des joueurs avec lesquels on le fait jouer.

Ouch.

Nylander n’est pas en train de connaître une saison catastrophique sur la feuille de pointage. Il affiche 10 buts et 11 passes pour 21 points.

Sa production est au rendez-vous, mais son entraîneur Jim Hiller en demande beaucoup plus. Les statistiques avancées sont catastrophiques : Toronto ne contrôle que 46,2 % des tentatives de tirs à cinq contre cinq lorsque Nylander est sur la glace, et son pourcentage de buts attendus n’est que de 40,3 %.

Malgré une utilisation offensive très favorable, son influence sur le jeu à forces égales est horrible.

Le problème est donc beaucoup plus profond qu’une simple question de points.

Dans une entrevue après l’entraînement, Nylander a lui-même reconnu qu’il trouvait sa saison étrange. Il a expliqué qu’il ne touchait pas autant à la rondelle qu’à l’habitude, particulièrement en zone neutre et en territoire offensif, et qu’il cherchait à comprendre pourquoi.

Son message était essentiellement celui-ci : il n’a pas la rondelle aussi souvent qu’il le voudrait car il joue avec des joueurs moins talentueux que lui et il tente de trouver une façon de corriger la situation.

Il s'est fait aussitôt traité d'immature égoïste par l'ancien joueur des Maple Leafs, Jay Rosehill.

Cette déclaration arrive au moment où les Maple Leafs cherchent désespérément à éparpiller le talent sur leurs trios.

Nick Paul a été utilisé au centre de Nylander (John Tavares jouera avec eux, lui qui revient de blessure), alors qu'Auston Matthews joue avec Jack Roslovic et Easton Cowan. (Kirill Marchenko jouait à la place de Roslovic avant sa blessure).

Plutôt que de profiter de cette situation pour rendre ses compagnons meilleurs, Nylander donne l’impression de réclamer de meilleurs joueurs à ses côtés.

C’est exactement ce que certains intervenants ont dénoncé. Les journalistes de Toronto accusent Nylander d'être mécontent de son utilisation au point de ne pas s’engager pleinement dans les deux sens de la patinoire.

Imaginez le cocktail toxique. Le Suédois affirme ne pas recevoir suffisamment la rondelle et laisse son jeu parler à sa place en ne faisant pas de passes à ses coéquipiers, en trichant pour avoir des échappées, avant de faire comprendre publiquement qu’il n’est pas satisfait de ses compagnons de trio.

Pauvre Nick Paul.

Il travaille, il défend, il tente de donner une structure au trio. Mais Nylander décide de le rabaisser publiquement.

Le retour de Tavares était supposé aider la situation. Mais cela a empiré le malaise.

Jim Hiller va essayer de l’utiliser à l’aile gauche de Paul, avec Nylander à droite.

La réaction de Nylander? Il affirme qu'il n' jamais joué avec Tavares dans cette configuration et qu'il trouvait ça bizarre.

L’entraîneur espère libérer davantage son capitaine et permettre à Paul de faire le travail défensif au centre.

Et Nylander critique encore.

Hiller lui a répondu de manière cinglante. Il a expliqué qu’il voulait retrouver le Nylander capable de transporter la rondelle en zone neutre, de prendre les défenseurs de vitesse, de créer des occasions et de trouver ses coéquipiers.

Il lui a aussi demandé de revenir davantage vers ses défenseurs pour participer à la relance plutôt que d’attendre la rondelle plus haut sur la patinoire.

Hiller veut un joueur qui dirige le jeu, pas seulement un tricheur qui attend que les occasions arrivent en se traînant les patins.

Cette situation devient rêvée pour Tampa Bay.

Nikita Kucherov est au cœur d’un dossier qui pourrait bouleverser le marché des transactions. Le Russe a fait savoir qu’il voulait quitter le Lightning et qu'il va tester le marché des agents libres le 1er juillet prochain, mais Tampa Bay ne souhaite pas le laisser partir pour rien, même si Julien BriseBois affirme le contraire.

Le DG du Lightning cherche une solution qui lui permettra de recevoir un joueur établi vedette, capable de contribuer immédiatement, plutôt qu’une collection d’espoirs et de choix au repêchage.

Pour ce faire, Kucherov devra accepter de signer une prolongation de contrat avec l'équipe qui l'obtient via transaction. Or, tous les insiders de la LNH clament qu'il veut signer à Montréal le 1er juillet prochain.

Kent Hughes le sait et il ne videra donc pas son club pour une vedette qu'il peut obtenir gratuitement le 1er juillet.

Mais selon Elliotte Friedman, Kucherov aurait Toronto comme deuxième choix.

Wow.

William Nylander devient vital pour BriseBois.

Le Suédois est sous contrat jusqu’en 2031-2032, avec un salaire annuel moyen de 11,5 millions de dollars.

Il représente une vedette déjà établie, encore capable de produire à haut niveau, avec plusieurs années de contrat devant elle.

Pour BriseBois, ce serait une occasion de transformer une situation explosive en solution immédiate. Il pourrait récupérer un joueur de premier plan, sous contrat à long terme, plutôt que de laisser Kucherov partir gratuitement le 1er juillet 2027.

On sait que BriseBois ne veut pas simplement recevoir des choix de première ronde et des espoirs dont le développement pourrait prendre trois ou quatre ans. Il veut un joueur établi. Si Kucherov devait être envoyé au Minnesota, le nom de Matt Boldy a déjà été demandé par le DG du Lightning.

Dans une discussion avec Montréal, les noms de Juraj Slafkovsky, Cole Caufield et Ivan Demidov représentent le genre de joueurs de premier plan qui pourraient être exigés. En Utah, Logan Cooley ou Clayton Keller seraient des cibles du même calibre.

Nylander répond à cette exigence.

Il faudrait aussi que Kucherov accepte de prolonger son contrat à Toronto.

Voilà ce qui devrait inquiéter Montréal.

Le Canadien travaille sur le dossier Kucherov. Kent Hughes dispose d'une marge de manœuvre financière considérable (29 millions) pour lui offrir un contrat de 6 ans et un salaire annuel entre 17 et 20 millions de dollars.

Surtout, le projet montréalais séduit le Russe, car il veut jouer avec Ivan Demidov.

Mais Toronto possède aussi une force de frappe financière et peut lui offrir la possibilité de jouer avec Auston Matthews.

Le pire scénario pour Montréal serait évidemment de voir Kucherov débarquer Toronto contre Nylander.

On va en faire des cauchemars.