Menaces à TVA Sports: Antoine Roussel vit un cauchemar public
Juraj Slafkovsky. Le Journal de Montréal

Menaces à TVA Sports: Antoine Roussel vit un cauchemar public

David Garel
Le 2026-10-20

Antoine Roussel ne s’attendait probablement pas à déclencher une pareille tempête en parlant de Juraj Slafkovsky samedi soir, le 18 octobre.

En suggérant de reléguer l’attaquant slovaque au quatrième trio lorsque Ivan Demidov reviendra au jeu, l’analyste de TVA Sports a provoqué une réaction immédiate sur le plateau, puis une véritable avalanche de commentaires sur les réseaux sociaux.

Les critiques ont fusé de partout. Les Québécois n’ont pas tardé à se moquer de son intervention.

Mais la situation a dégénéré.

Certains internautes ont dépassé les limites, avec des attaques personnelles et, selon les réactions rapportées, des menaces verbales et physiques. Un débat de hockey s’est transformé en déferlement de haine contre un analyste qui a exprimé une opinion... controversée.

Tout est parti d’une question pourtant parfaitement légitime : lorsque Ivan Demidov sera de retour dans l’alignement, quel attaquant du Canadien devra céder sa place dans le top-9?

La décision ne sera pas simple pour Martin St-Louis. Le retour de Demidov obligera l’entraîneur à revoir ses combinaisons, alors que plusieurs joueurs tentent de trouver leur rythme en ce début de saison. Juraj Slafkovsky, notamment, a connu des moments difficiles.

L’attaquant de 22 ans a multiplié les erreurs, raté des passes et tenté des jeux en finesse qui n’ont pas toujours donné les résultats espérés.

Mais le Slovaque a aussi montré des signes encourageants depuis son retour sur le premier trio. Samedi soir, contre les Sabres de Buffalo, il a récolté deux mentions d’aide dans une victoire de 4-3 en prolongation.

Sa performance a été nettement plus convaincante, au moment même où plusieurs observateurs commençaient à s’impatienter devant son début de saison.

C’est dans ce contexte qu’Antoine Roussel a proposé de l’envoyer au quatrième trio.

« Un, il y en a un… Juraj Slafkovsky », a-t-il lancé en parlant du joueur qu’il retirerait du top-9 au retour de Demidov.

La réaction de ses collègues a été instantanée. Sur le plateau, la proposition a suscité de l’incompréhension et une opposition marquée. Plusieurs estimaient qu’on ne pouvait tout simplement pas reléguer un joueur du calibre de Slafkovsky à un rôle aussi limité, surtout après une saison de 30 buts et 73 points.

Le débat aurait pu s’arrêter là. Une opinion controversée, des désaccords entre analystes et une discussion animée sur les décisions que devra prendre Martin St-Louis.

Mais les réseaux sociaux en ont décidé autrement.

Dans les heures suivant l’émission, les réactions se sont multipliées. Certains internautes ont tourné la déclaration de Roussel en ridicule, tandis que d’autres ont directement attaqué sa crédibilité professionnelle.

Une publication devenue virale reprochait notamment à TVA Sports de ne pas mieux surveiller ses employés, en insinuant qu’un analyste pouvait être sous l’influence de la boisson au travail.

Le côté le plus toxique des réseaux sociaux a encore frappé.

La controverse a rapidement dépassé les frontières du Québec. En Slovaquie, pays natal de Slafkovsky, des partisans du jeune attaquant ont également réagi à la déclaration de Roussel.

Le journaliste slovaque Marek Boško a relayé la séquence en soulignant, avec ironie, qu’un expert de la télévision canadienne avait perdu la tête.

L’affaire Roussel rappelle à quel point les discussions entourant le Canadien peuvent rapidement devenir explosives. Montréal est un marché passionné, où chaque décision, chaque commentaire et chaque contre-performance peut provoquer des réactions démesurées.

Le plus ironique dans cette histoire, c’est que le débat initial concernait justement la manière de gérer un joueur qui traverse une période difficile.

En quelques heures, l’attention s’est déplacée de Slafkovsky vers Roussel. Le cauchemar de Slafkovsky est devenu celui du pauvre analyste.

Le commentaire du 18 octobre continuera probablement de circuler pendant plusieurs jours. Roussel devra vivre avec les critiques liées à sa prise de position, comme tous les analystes qui défendent des opinions tranchées.

Mais personne ne devrait avoir à craindre pour sa sécurité simplement parce qu’il a proposé une décision que les partisans n’aiment pas.

Au bout du compte, le Canadien devra trouver une place à Ivan Demidov, Slafkovsky devra poursuivre son travail et Martin St-Louis devra décider qui écopera lorsque son jeune attaquant sera de retour.

Le hockey reprendra ses droits.

La question qui restera, toutefois, est celle-ci : sommes-nous encore capables de débattre d’une opinion controversée sans transformer le désaccord en acharnement contre la personne qui l’a exprimée?

Dans cette affaire, Antoine Roussel a eu tort sur Slafkovsky. Cela ne justifie certainement pas ce qui s’est abattu sur lui.

Pauvre gars.