Nouveau contrat de Nikita Kucherov à Montréal: le CH a préparé une clause spéciale
Nikita Kicherov. Getty

Nouveau contrat de Nikita Kucherov à Montréal: le CH a préparé une clause spéciale

David Garel
Le 2026-11-05

Dan Milstein vient de remettre une autre pièce dans la machine. Alors que les rumeurs entourant une arrivée quasi certaine de Nikita Kucherov à Montréal continuent de prendre de l’ampleur, l’agent russe vient de s’attaquer publiquement à l’un des arguments les plus souvent utilisés contre les équipes canadiennes : la fiscalité.

Et il ne l’a pas fait timidement.

Dans une publication sur les réseaux sociaux, Milstein a répondu à une intervention d’Éric Macramalla, avocat et consultant juridique spécialisé dans les questions légales et financières pour TSN et Forbes. Macramalla expliquait que comparer les revenus après impôts de Kucherov en Floride à un contrat hypothétique de 20 millions de dollars à Montréal comportait une erreur fondamentale.

« Un dollar de masse salariale vaut la même chose dans tous les marchés. L’avantage fiscal de la Floride appartient au joueur, pas à l’équipe. »

En d’autres mots, Tampa Bay ne peut pas utiliser le fait que la Floride n’impose pas le revenu personnel pour prétendre qu’elle devrait payer Kucherov moins cher. Cet avantage appartient au joueur. Il ne constitue pas un rabais dont le Lightning peut automatiquement profiter dans ses négociations contractuelles.

Milstein a approuvé cette logique, mais il est allé beaucoup plus loin. Il a ensuite expliqué pourquoi les équipes canadiennes disposent d’un mécanisme financier que plusieurs personnes ignorent complètement.

« Ce qui me surprend, c’est que personne ne parle du régime de rémunération différée. Les équipes canadiennes peuvent placer une partie du salaire d’un joueur dans un régime de rémunération différée. Lorsqu’il prend sa retraite à l’extérieur du Canada, il peut retirer cet argent avec une retenue d’environ 25 %. Le résultat net peut être comparable à celui d’un marché sans impôt, parfois même plus avantageux. Et c’est beaucoup moins élevé qu’à New York, au Massachusetts ou en Californie. Mais continuez donc à présenter le Canada comme un cauchemar fiscal. »

Puis il a terminé avec le slogan de son agence, Gold Star.

« Nous sommes Gold Star! »

Ça veut tout dire.

Milstein parle ici des régimes de rémunération différée, notamment les Retirement Compensation Arrangements, ou RCA. Il s’agit de mécanismes qui permettent à une équipe et à un joueur de structurer une partie de la rémunération afin qu’elle soit versée plus tard, généralement au moment de la retraite ou après la fin de la carrière.

Un joueur qui quitte le Canada et devient non-résident peut recevoir les sommes accumulées dans son régime avec une retenue fiscale canadienne de 25 %, sous réserve des règles applicables à sa situation.

Le CH s’est déjà préparé.

Il faut comprendre que ce mécanisme n’est pas gratuit pour les équipes. Les cotisations à un RCA sont assujetties à un impôt remboursable de 50 % au Canada, selon les règles de l’Agence du revenu du Canada.

Ce n’est donc pas une formule magique qui fait disparaître les impôts. C’est un outil de planification financière qui peut modifier considérablement le moment et le traitement fiscal de certaines sommes.

Geoff Molson, Jeff Gorton et Kent Hughes ont tout prévu. La clause spéciale sera bel et bien insérée dans l’entente qui sera soumise au clan Kucherov le 1er juillet prochain.

Le message de Milstein demeure extrêmement important : les joueurs qui évoluent au Canada ne sont pas condamnés à perdre une fortune en impôts sur chaque dollar gagné.

Depuis plusieurs semaines, on entend toutes sortes de choses concernant la prochaine destination du Russe. Elliotte Friedman a rapporté qu’un dirigeant de la LNH lui avait indiqué qu’aucune équipe canadienne ne figurait sur la liste de dix formations auxquelles Kucherov accepterait d’être échangé. Friedman croit néanmoins que le joueur est ouvert à l’idée d’évoluer au Canada.

Cette fameuse liste ne règle absolument pas la question.

Une liste de non-échange peut être modifiée selon les dispositions du contrat. Et surtout, Kucherov ne veut pas signer de prolongation de contrat en cas de transaction.

Il veut devenir joueur autonome le 1er juillet 2027 et signer avec le Canadien.

Et voilà que son propre agent vient publiquement défendre les avantages financiers d’une carrière au Canada.

Il représente Ivan Demidov, qui a accepté une prolongation de huit ans à 9,15 millions de dollars par saison avec Montréal. Il représente également Alexander Zharovsky et Alexandre Texier. Il connaît Kent Hughes, il connaît l’organisation et il sait que le Canadien possède la structure salariale nécessaire pour accueillir une superstar.

Lorsqu’il affirme que le Canada n’est pas un cauchemar fiscal, il sait parfaitement que ses propos seront associés aux rumeurs entourant Kucherov à Montréal.

Hier, le même agent expliquait qu’une ou deux super vedettes pourraient avoir leur place dans la structure salariale du Canadien grâce au contrat raisonnable de Demidov.

Jeff Marek avait immédiatement fait le lien avec Kucherov. Milstein avait alors tenté de calmer les spéculations en précisant qu’il ne connaissait pas la prochaine destination de son client.

Aujourd’hui, il revient avec un argument financier qui répond directement à l’une des principales objections concernant Montréal.

Et plus Milstein parle, plus Montréal a des raisons de s’exciter. C’est dans la poche.

Montréal attend Kucherov.

Le Québec et le Canada aussi… avec des impôts réduits!