Pendant que tout le monde parle du prochain contrat d’Alexandre Carrier et des négociations entourant Josh Anderson, un dossier important passe complètement sous le radar à Montréal : celui de Phillip Danault.
Le Québécois approche de la fin de son contrat, il aimerait poursuivre l’aventure avec le Canadien et il représente encore un élément utile dans une équipe qui rêve de gagner la Coupe Stanley.
Pourtant, son avenir avec le Tricolore est loin d’être assuré, et la situation commence à devenir vraiment cruelle pour celui qui a choisi de revenir à la maison.
Danault touche actuellement 5,5 millions de dollars par saison. Il s’agit de la dernière année d’un contrat de six ans d’une valeur totale de 33 millions de dollars.
À 33 ans, le centre québécois ne possède plus le même pouvoir de négociation qu’au sommet de sa carrière, surtout parce que sa production offensive a considérablement diminué.
Après huit matchs cette saison, il n’a récolté qu’une seule passe. Ce n’est évidemment pas le genre de fiche qui incitera Kent Hughes à lui offrir une prolongation de contrat généreuse.
Le problème, c’est que Danault apporte beaucoup plus à une équipe que ce que ses statistiques offensives laissent croire.
Il fait le travail ingrat. Il affronte les meilleurs joueurs adverses, prend des mises au jeu importantes, contribue au désavantage numérique et aide ses coéquipiers à traverser les moments difficiles.
Ce n’est pas le joueur qui fera exploser le tableau indicateur soir après soir, mais c’est le genre de centre que les entraîneurs apprécient lorsque les matchs deviennent serrés et que chaque possession compte.
Danault possède également une expérience précieuse des séries éliminatoires. Il sait comment jouer lorsque les espaces se referment, lorsque les adversaires frappent plus fort et lorsque les erreurs coûtent beaucoup plus cher.
Le Canadien a besoin de joueurs capables d’assumer ces responsabilités, particulièrement si l’organisation veut franchir une autre étape dans sa progression.
Malheureusement pour lui, l’importance de son travail ne signifie pas que Montréal acceptera de lui verser 5,5 millions de dollars supplémentaires par saison.
Ça va être difficile à avaler pour le Québécois. Danault aimerait rester à Montréal, il apprécie son environnement et il croit pouvoir contribuer à la progression de cette équipe. Il a déjà gagné beaucoup d’argent au cours de sa carrière et pourrait être disposé à accepter une diminution salariale pour poursuivre l’aventure avec le Canadien.
Mais jusqu’où devra-t-il aller?
On parle potentiellement d’un salaire de 2,5 à 3 millions de dollars par saison, soit une réduction de près de moitié par rapport à son contrat actuel.
Un rabais… historique…
Pour un joueur qui gagne 5,5 millions, la différence est énorme. Danault va devoir renoncer à plusieurs millions de dollars sur la durée de sa prochaine entente simplement pour demeurer dans une organisation où il souhaite poursuivre sa carrière.
Et même à ce prix, rien ne garantit que Montréal lui offrira un nouveau contrat.
La situation est d’autant plus frustrante que le Canadien doit déjà gérer plusieurs dossiers contractuels importants.
Alexandre Carrier et Josh Anderson sont les priorités. On peut débattre de leur valeur, de leurs demandes salariales et du montant que Hughes devrait accepter de leur verser, mais au moins, leurs situations font partie des dossiers qui retiennent l’attention et dont le DG s’occupe.
Pour Danault, c’est beaucoup plus silencieux.
On parle de son âge, de sa production offensive, de son salaire actuel et de la possibilité qu’il quitte Montréal à la fin de la saison. Mais une véritable négociation de prolongation n’est pas du tout au cœur des priorités de l’organisation.
Le Canadien doit également tenir compte de sa profondeur au centre. Jake Evans est déjà sous contrat, et l’arrivée éventuelle de Michael Hage va ajouter une autre option au centre de l’alignement.
Sans oublier Owen Beck, qui risque de se faire échanger tellement il n’y a pas de place pour les centres plombiers.
Hughes doit donc déterminer si Danault représente encore un investissement suffisamment intéressant pour les prochaines années, ou si l’argent destiné à son prochain contrat serait mieux utilisé ailleurs.
Dans tous les cas, le DG veut le sous-payer… comme un moins que rien…
Le centre québécois a quitté Montréal par le passé car on ne voulait pas le payer, puis il est revenu avec l’espoir de participer à la prochaine grande aventure du Canadien.
Il a choisi de s’installer à nouveau dans la région et de rapprocher sa famille de cet environnement. Il aimerait maintenant prolonger son séjour, mais son attachement à l’équipe ne pèsera pas très lourd dans la balance de Hughes.
Le directeur général ne gère pas une équipe pour récompenser les sentiments. Il doit protéger sa masse salariale, prévoir le vieillissement de ses joueurs et éviter de multiplier les contrats pour les plombiers.
Si Danault veut absolument terminer sa carrière à Montréal, il va devoir accepter un contrat humiliant pour son portefeuille.
Et si le Canadien estime qu’il peut remplacer sa contribution à moindre coût, il devra prendre la porte de sortie.
Pauvre Ti-Phil. Il veut rester à Montréal, mais il pourrait devoir accepter de toucher presque la moitié de son salaire actuel pour espérer y parvenir.
Et contrairement à d’autres joueurs dont les contrats font déjà l’objet de discussions, il n’a même pas la certitude que le Canadien souhaite réellement négocier avec lui.
À ce stade, la question n’est plus seulement de savoir combien Danault pourrait gagner lors de son prochain contrat. Il faut aussi se demander si Montréal veut encore de lui.
Et si le Québécois veut marcher sur sa dignité?
Car un joueur peut aimer une ville, apprécier ses coéquipiers et rêver de gagner avec son équipe.
Mais il ne doit pas oublier… son amour-propre…
