Patrice Bergeron ne mâche pas ses mots : le Québec réagit à ses propos sur Nick Suzuki

Patrice Bergeron ne mâche pas ses mots : le Québec réagit à ses propos sur Nick Suzuki

William Petit Lemay
Le 2026-08-20

Patrice Bergeron ne mâche pas ses mots lorsqu’il parle de Nick Suzuki. L’ancien capitaine des Bruins de Boston, qui sera prochainement intronisé au Temple de la renommée du hockey, a livré une opinion qui risque de faire parler à Montréal.

Son message ne vient pas de n’importe qui.

Bergeron a passé 19 saisons dans la LNH à perfectionner un style de jeu basé sur le travail dans les deux sens de la patinoire, le leadership et la responsabilité défensive. Avec six trophées Selke à son palmarès, il demeure une référence lorsqu’il est question d’évaluer les meilleurs centres complets de sa génération.

Voilà pourquoi ses paroles envers Suzuki prennent autant de poids...

Lors d’une rencontre avec Le Journal, Bergeron n’a pas simplement reconnu les progrès du capitaine du Canadien. Il lui a accordé une étiquette particulièrement importante.

« Il est devenu un joueur indispensable pour le Canadien. Il a tous les atouts qui en font un vrai joueur de concession. »

Difficile de demander une reconnaissance plus claire.

Le terme « joueur de concession » n’est pas utilisé à toutes les sauces lorsqu’il est question d’un joueur de centre. Il signifie qu’une organisation peut bâtir une partie importante de son avenir autour de lui.

Pour le Canadien, cette déclaration arrive au moment où Suzuki vient justement de franchir un nouveau palier.

Le numéro 14 a récolté 101 points la saison dernière, après avoir inscrit 77 points en 2023-2024. Son évolution offensive accompagne une progression importante dans son jeu défensif, couronnée par le trophée Selke remporté au printemps.

Bergeron avait donc une place privilégiée pour mesurer cette progression.

Il avait affronté Suzuki lors des quatre dernières saisons de sa propre carrière à Boston. Il l’a vu passer d’un jeune centre prometteur à un joueur capable de dicter le rythme d’une rencontre pendant 200 pieds.

Son analyse ne repose d’ailleurs pas uniquement sur les statistiques offensives.

« La première chose qui me vient à l’esprit, c’est qu’il est un joueur très intelligent. On parle de plus en plus de ses habiletés offensives, mais c’est son jeu complet qui fait qu’il est un atout aussi important », a expliqué Bergeron.

Cette phrase résume probablement ce qui rend Suzuki aussi précieux pour le Canadien.

Il peut produire. Il peut défendre. Il peut jouer dans toutes les situations. Il porte aussi le « C » sur son chandail depuis plusieurs saisons et occupe maintenant une place centrale dans l’identité du groupe.

Bergeron a également souligné son leadership, tout en reconnaissant qu’il ne se trouve pas dans le vestiaire montréalais.

« Il n’est pas dans le vestiaire du Canadien, mais il a le C sur son chandail et il semble vraiment être un bon leader. Il amène de tout à son équipe et c’est un élément qui fait une grande différence pour tout entraîneur. »

Le respect entre les deux centres ne date pas d’hier.

Suzuki a déjà expliqué que Bergeron représentait un modèle pour lui. Phillip Danault, qui a côtoyé les deux joueurs, a aussi identifié plusieurs similitudes entre leurs styles, tout en soulignant certaines différences. Suzuki possède davantage d’armes offensives, tandis que Bergeron imposait une présence physique et une efficacité exceptionnelle aux mises en jeu.

Ce dernier aspect représente justement l’une des rares facettes que Suzuki peut encore améliorer. Sa moyenne en carrière sur les mises en jeu demeure sous la barre des 50 %, alors que Bergeron a terminé sa carrière à 57,9 %.

Même après avoir remporté le Selke, Suzuki peut donc continuer de progresser.

C’est peut-être ce qui rend les propos de Bergeron aussi intéressants pour les partisans du Canadien. Un joueur qui a connu les plus hauts sommets de la LNH regarde Suzuki et considère déjà qu’il possède les qualités d’un joueur autour duquel une organisation peut construire.

Pour Montréal, cette reconnaissance arrive à un moment particulièrement important.

Le Canadien possède enfin son capitaine. Il possède aussi un centre capable de produire au plus haut niveau et de remplir pratiquement toutes les missions qu’on lui confie.

Patrice Bergeron vient simplement de rappeler à tout le monde que Nick Suzuki n’est plus seulement un bon joueur du Canadien.

Aux yeux d’un futur membre du Temple de la renommée, il est devenu un joueur de concession.

Wow !