Pensées pour Stéphane Robidas et sa famille: un moment extrêmement dur à vivre

Pensées pour Stéphane Robidas et sa famille: un moment extrêmement dur à vivre

David Garel
Le 2026-08-10

Stéphane Robidas et sa famille vivent des nuits blanches en ce moment.

Il y a quelque chose de profondément ingrat dans la situation du coach adjoint.

Pendant que Martin St-Louis demeure sans prolongation officielle, mais que tout indique qu’une nouvelle entente très lucrative l'attend (de 6 à 7 M$ par année(, Robidas se retrouve dans une situation complètement différente. Son contrat arrive à échéance à l’été 2027 et son avenir dans le personnel de Montréal est loin d’être garanti.

Et maintenant, un homme vient d’entrer dans son territoire.

Derek Lalonde.

Le Canadien l’a officiellement nommé entraîneur associé le 20 juillet. Lalonde possède une expérience d’entraîneur-chef dans la LNH avec Detroit et deux conquêtes de la Coupe Stanley comme adjoint à Tampa Bay.

Son arrivée ajoute une voix expérimentée derrière Martin St-Louis et, surtout, une expertise défensive qui risque de modifier considérablement la dynamique du personnel.

Pour Robidas, c'est une condamnation.

Le problème est simple : le secteur dont Robidas est responsable demeure celui qui a suscité le plus de questions au cours des dernières années.

Dany Dubé avait déjà lancé une flèche particulièrement directe :

« S’il y a un département qui me déçoit, c’est la défensive, le désavantage numérique. Le jeu défensif. »

Ça, c’était difficile à avaler.

Et Jeff Gorton a lui aussi clairement identifié la défense comme une priorité. En septembre 2024, le dirigeant déclarait :

« À l’attaque, les choses vont se placer, notre équipe peut être assez bonne à ce chapitre. Il faudra concentrer nos efforts sur la défense. »

Puis il ajoutait :

« Il faut vraiment réduire notre nombre de buts alloués. Il faut qu’on soit meilleurs défensivement. »

Lorsque le patron répète publiquement que la principale amélioration nécessaire concerne précisément le secteur dirigé par ton adjoint, celui-ci n’a pas besoin d’un communiqué officiel pour comprendre le message.

Robidas a compris.

Et maintenant, il voit débarquer Lalonde.

Ça doit tellement faire mal.

Martin St-Louis possède une énorme protection institutionnelle. Le Canadien l’a choisi comme entraîneur-chef pendant la reconstruction. Il est devenu le visage du projet derrière le banc. Son contrat n’est toujours pas officiellement prolongé, mais en réalité, il a un contrat à vie dans son Country Club.

Robidas, lui, n’a pas cette sécurité.

Il n’a pas le même statut, encore moins le même salaire. On parle d'un revenu oscillant entre 200 000 et 300 000 dollars.

Et surtout, il n’a pas le même pouvoir.

Derek Lalonde arrive avec un CV qui parle pour lui et un salaire annuel proche du 1,5 M$.

Deux Coupes Stanley à Tampa Bay. Un passage comme entraîneur-chef à Detroit. Une expérience récente à Toronto. Et maintenant, Montréal lui donne le titre d’entraîneur associé, et non simplement celui d’adjoint.

Cette nuance est importante.

Lalonde n’arrive pas comme un jeune entraîneur que St-Louis devra former.

Il arrive comme quelqu’un qui peut entrer dans une réunion, écouter ce qui se dit, puis dire :

« Non. On devrait faire ça autrement. »

C’est exactement ce dont le Canadien avait besoin. Quelqu'un capable de challenger St-Louis.

Mais pour Robidas?

Ouch.

Il y a quelques années, lorsqu’on critiquait le jeu défensif du Canadien, les projecteurs revenaient presque toujours vers Martin St-Louis. L’entraîneur-chef assumait les défaites, les systèmes, les décisions et les résultats.

Robidas travaillait davantage dans l’ombre.

Aujourd’hui, cette protection disparaît tranquillement.

Le Canadien a engagé un spécialiste expérimenté pour renforcer précisément l’aspect qui a été identifié comme une faiblesse.

La question devient donc inévitable :Qqu’est-ce que Stéphane Robidas doit encore accomplir pour convaincre Kent Hughes et Jeff Gorton qu’il est indispensable?

Il ne suffit plus d’être un ancien défenseur de la LNH.

Il faut maintenant démontrer que les jeunes défenseurs progressent.

Kaiden Guhle doit franchir une nouvelle étape, lui qui stagne.

Arber Xhekaj doit trouver une véritable identité et ne progresse aucunememt.

Jayden Struble ne s'est pas amélioré.

Lane Hutson (prodige), Noah Dobson (vedette) et Mike Matheson ne se sont pas améliorés à cause de Robidas.

Les jeunes défenseurs qui arrivent (Reinbacher, Engström) derrière doivent être correctement préparés et non détruits par un coach venant du Midget AAA.

Et surtout, le Canadien doit devenir beaucoup plus difficile à battre dans sa propre zone.

Gorton a a perdu patience envers Robidas. Et le pauvre doit maintenant attendre de savoir si le Canadien croit suffisamment en lui pour lui offrir une nouvelle entente.

Il regarde Trevor Letowski être congédié de manière déguisée.

Ton propre contrat n’est même pas assuré pour la suite.

Le siège de Robidas est éjectable.

Nos pensées sont avec lui et sa famille. Oh que cela doit être difficile à vivre.