Perte de patience: Connor Bedard ne veut pas entendre parler d'Ivan Demidov
Connor Bedard et Ivan Demidov. NHL.com, Le Journal de Montréal

Perte de patience: Connor Bedard ne veut pas entendre parler d'Ivan Demidov

David Garel
Le 2026-10-23

Connor Bedard en a assez d’entendre les critiques contre Artyom Levshunov.

Surtout, il ne veut plus entendre parler d'Ivan Demidov et de la bourde de son DG de ne pas avoir sélectionné le prodige russe en 2024.

Il n'en peut plus d'entendre que Demidov devrait jouer avec lui si Chicago n'avait pas commis l'une des plus grandes erreurs de l'histoire du repêchage.

Alors que les partisans des Hawks se demandent encore comment les Blackhawks ont pu repêcher le défenseur au deuxième rang en 2024 plutôt qu’Ivan Demidov, la jeune vedette vient de rappeler à tout le monde pourquoi son coéquipier possède un talent exceptionnel.

Le capitaine refuse de condamner Levshunov avant même qu’il ait eu le temps de se développer. Et Bedard ne compte certainement pas s’excuser de croire en lui.

Levshunov porte malgré lui le poids d’une décision qui est constamment remise en question. Chaque difficulté du jeune défenseur devient une occasion de rappeler que Demidov était encore disponible.

Chaque fois que le Russe impressionne, les partisans des Blackhawks se demandent ce que leur équipe aurait pu accomplir avec un duo composé de Connor Bedard et de Demidov.

Mais Bedard ne voit pas les choses de cette manière. Le jeune attaquant croit fermement au potentiel de Levshunov, et ses commentaires sont particulièrement cinglant de la confiance qui existe entre les deux joueurs et du mépris qu'il porte envers Demidov.

« À chaque match, on le voit faire deux ou trois choses que peu de joueurs peuvent faire », a déclaré Bedard jeudi, après l’entraînement des Blackhawks.

Voilà qui est clair. Bedard ne parle pas d’un défenseur ordinaire qu’il faudrait simplement protéger en attendant qu’il apprenne le métier. Il parle d’un joueur capable d’exécuter des choses que très peu de hockeyeurs peuvent réussir.

L’entraîneur-chef Jeff Blashill partage cet enthousiasme.

« C’est un athlète d’élite parmi l’élite. Il est à un autre niveau », a-t-il affirmé.

À Chicago, on croit donc toujours au potentiel de Levshunov. Et même si les comparaisons avec Demidov risquent de continuer pendant des années, Bedard refuse de laisser les critiques définir l’avenir de son coéquipier.

« Je le prendrais avant Demidov, même aujourd'hui. »

Ouch.

Selon lui, un attaquant offensif et un défenseur ne suivent pas la même courbe de développement. Leurs responsabilités sont différentes, leurs erreurs ne sont pas évaluées de la même manière et les défenseurs ont souvent besoin de davantage de temps pour apprendre à gérer les situations complexes de la LNH.

Levshunov a d’ailleurs connu une première saison difficile dans la grande ligue. Il a terminé la campagne 2025-2026 avec un différentiel de -41, le pire de la LNH, un sacré cauchemar pour un défenseur recrue.

Ses statistiques défensives à cinq contre cinq ont également été atroces.

Mais Bedard voit un joueur qui sera plus important à long terme que Demidov.

Bedard affirme qu'être défenseur est bien plus difficile qu'être attaquant et qu'il est tanné qu'on compare son chum à Demidov.

Son coéquipier Ian Cole le supporte.

« Les choses arrivent rapidement et la marge est mince. Comme défenseur, quand tu rates une lecture ou un jeu avec la rondelle, ça paraît », a expliqué le vétéran.

Levshunov doit apprendre à gérer cette vitesse. Il doit aussi comprendre qu’il n’est pas nécessaire de réaliser un jeu spectaculaire à chaque présence.

Cole a d’ailleurs livré un message très simple aux jeunes défenseurs qui l’entourent : ils n’ont pas besoin de réussir un coup de circuit chaque fois. Les jeux simples, les passes rapides et les décisions solides peuvent être beaucoup plus payants que les tentatives risquées.

Levshunov doit intégrer cette mentalité à son jeu. Il possède les habiletés pour transporter la rondelle, créer des occasions et surprendre les adversaires. Mais il doit aussi apprendre à reconnaître les moments où il vaut mieux jouer simplement.

Son entraîneur estime qu’il a déjà progressé depuis son arrivée dans l’organisation. Le chemin reste long, mais Chicago n’a pas l’intention de le condamner après une première saison difficile.

Les déclarations de Bedard sont sans pitié envers Demidov.

Le capitaine est lui-même la pièce centrale de la reconstruction des Blackhawks. Le fait qu'il rabaisse Demidov pour protéger son coéquipier manque-t-il de classe?

Ou est-ce courageux car il se sacrifie en tenant des propos controversés juste pour donner un "break" à son ami?

Bedard connaît parfaitement la pression qui accompagne les attentes élevées. Chaque défaite, chaque mauvais résultat et chaque décision de la direction sont analysés à travers les choix du DG pour mener cette reconstruction.

Bedard sait que Levshunov sera jugé pendant des années en fonction du joueur que Chicago a laissé passer.

Même si le défenseur finit par devenir un excellent joueur de la LNH, les comparaisons avec Demidov ne disparaîtront jamais.

C’est injuste pour Levshunov, qui n’a pas choisi l’ordre du repêchage et qui ne contrôle pas les décisions de la direction. Voilà pourquoi Bedard monte au front.

Les déclarations d’un coéquipier ne remplacent pas les résultats sur la glace. Mais ils démontrent que l’organisation n’a pas abandonné son jeune défenseur.

Quant à l’idée selon laquelle Bedard ne voudrait pas jouer avec Demidov, c'est clairement une tactique pour protéger son coéquipier.

Bedard veut que son coéquipier soit évalué sur son propre développement, plutôt que condamné en permanence à cause d’un joueur repêché trois rangs plus tard.

Connor Bedard ne veut plus entendre parler de Demidov.

Cela a le mérite d'être clair.