Perte d’emploi: Jean-Charles Lajoie avertit Martin St-Louis
Jean-Charles Lajoie et Martin St-Louis. 7 jours, Montreal Gazette

Perte d’emploi: Jean-Charles Lajoie avertit Martin St-Louis

David Garel
Le 2026-10-24

Martin St-Louis arrive à un moment charnière de son aventure avec le Canadien de Montréal. Le message de Jean-Charles Lajoie et TVA Sports est clair : l’entraîneur-chef doit arrêter de jouer au pédagogue en permanence et commencer à imposer davantage son autorité dans le vestiaire.

Sinon, il prendra la porte de sortie.

À défaut de changer son approche de coach pee-wee, il va se retrouver dans une position extrêmement précaire au niveau de son emploi.

St-Louis est-il capable de devenir le genre d’entraîneur qui pousse une équipe ambitieuse vers les plus hauts sommets, ou restera-t-il prisonnier de sa philosophie axée sur l’accompagnement et la confiance digne d'un animateur de pastorale?

Le problème, c’est que le Canadien ne peut plus se comporter comme une jeune équipe qui apprend tranquillement les rudiments de la LNH. La reconstruction est terminée, les attentes augmentent et les joueurs doivent maintenant comprendre que leurs décisions ont des conséquences.

Or, les mêmes problèmes reviennent constamment. L’indiscipline fait mal au club, les unités spéciales ne répondent pas aux attentes et certaines erreurs individuelles se répètent sans que les joueurs concernés aient véritablement à en payer le prix.

Pour Lajoie, St-Louis se retrouve à la croisée des chemins : il doit conserver ses qualités de pédagogue, mais apprendre à être beaucoup plus dur lorsque la situation l’exige. Sinon Geoff Molson va perdre patience.

Ce n’est pas la première fois que le nom de Martin St-Louis est associé à la possibilité d’un congédiement. En décembre 2024, alors que le Canadien traversait une période difficile, Lajoie avait déjà évoqué la possibilité que l’entraîneur perde son emploi avant Noël.

Le scénario ne s’était jamais concrétisé. St-Louis avait conservé son poste et poursuivi son travail auprès d’un groupe encore en développement.

Mais St-Louis est demeuré soft. Le coach permet à ses joueurs prendre des pénalités évitables sans que cela entraîne des conséquences.

Une mauvaise décision en zone offensive, une infraction commise par frustration ou un manque de discipline dans un moment crucial peuvent complètement changer l’issue d’un match.

Quand ces erreurs se répètent, l’entraîneur doit être capable d’envoyer un message. Réduire le temps de glace d’un joueur, le retirer temporairement de certaines situations ou le laisser regarder une partie depuis les gradins sont des outils à sa disposition. Mais St-Louis ne les utilise jamais.

Comme si certains joueurs étaient au-dessus des intérêts collectifs.

À mesure que le groupe gagne en maturité, l’entraîneur doit aussi faire évoluer ses méthodes. Il ne peut pas demeurer aussi mou.

Louis confond la confiance accordée à ses joueurs avec l’absence de conséquences.

Comme si dans sa tête, la fermeté est incompatible avec la pédagogie.

C’est pourquoi l’avertissement de TVA Sports mérite d’être pris au sérieux. Le Canadien entre dans une phase où les résultats pèseront davantage que les bonnes intentions.

Si l’entraîneur ne durcit pas son approche, il va fragiliser sa propre position. Le crédit accumulé pendant les premières années de la reconstruction ne sera pas éternel, surtout si les problèmes d’indiscipline et d’unités spéciales continuent de freiner l’équipe.

St-Louis a prouvé qu’il pouvait enseigner le hockey et aider des jeunes à progresser. La prochaine étape consiste à démontrer qu’il peut aussi imposer une véritable culture de responsabilité.

Il devra accepter de déplaire à certains joueurs, de modifier ses habitudes et de faire comprendre que le chandail du Canadien vient avec des exigences qui dépassent le simple développement individuel.

Le temps où l’on pouvait tout expliquer par la jeunesse du groupe est en train de s’éloigner. Le Canadien veut passer à une autre étape, et son entraîneur doit suivre le mouvement.

Pour Martin St-Louis, le défi n’est plus seulement de faire grandir ses joueurs : il doit maintenant leur apprendre que les erreurs ont un prix. S’il n’y parvient pas, les questions sur son avenir ne feront que s’intensifier.

Et le mot congédiement sera sur toutes les lèvres.