Rien ne va plus entre Alexandre Carrier et Kent Hughes: la facture sera salée
Alexandre Carrier. NHL.com

Rien ne va plus entre Alexandre Carrier et Kent Hughes: la facture sera salée

David Garel
Le 2026-11-02

Alexandre Carrier était prêt à régler son avenir à Montréal pour 5 millions de dollars par saison.

Une prolongation de cinq ans, 25 millions au total, et le défenseur québécois pouvait continuer sa carrière avec le Canadien sans aucune tension.

Kent Hughes n’a pas sauté sur l’occasion. Il a préféré attendre, prendre son temps et regarder ses autres dossiers. Sauf que pendant que le directeur général hésite, la valeur de Carrier augmente. Et le marché qui l’attend l’été prochain pourrait transformer une négociation relativement simple en véritable casse-tête pour Montréal.

Le journaliste Marco D’Amico, dans l’émission Starr & D’Amico Show, vient justement de mettre le doigt sur le problème. Le marché des défenseurs droitiers disponibles à l’été 2027 est extrêmement mince.

Selon lui, Carrier fait facilement partie des cinq meilleurs défenseurs droitiers susceptibles d’être disponibles. Il y a quelques bons noms, mais la qualité diminue rapidement après les premières options. (voir le détail des négociations après la déclaration du journaliste)

Dans une telle situation, un défenseur fiable, mobile, capable de jouer des minutes importantes et qui connaît déjà le hockey montréalais devient une denrée tellement recherchée.

D’Amico estime donc que Carrier pourrait être payé très cher sur le marché des joueurs autonomes. Certaines évaluations vont même jusqu’à évoquer un salaire annuel pouvant atteindre 7 millions de dollars.

On est loin des 5 millions que le défenseur était prêt à accepter pour rester avec le Canadien. Le problème de Hughes est désormais évident : il a peut-être laissé passer le meilleur moment pour conclure une entente avantageuse.

Carrier gagne actuellement 3,75 millions de dollars par saison. Il était disposé à accepter une augmentation raisonnable, à s’engager pour cinq ans et à poursuivre son parcours dans sa province natale.

Il ne demandait pas 8 ou 9 millions. Il voulait 5 millions. Pour un défenseur droitier qui joue avec autant d’assurance et qui connaît une saison aussi impressionnante, cette demande pouvait difficilement être considérée comme extravagante.

Aujourd’hui, avec la rareté des défenseurs droitiers disponibles et la possibilité de devenir l’un des joueurs les plus convoités à sa position, il peut commencer à rêver beaucoup plus grand.

C’est là que le dossier devient tendu pour le Canadien. Carrier veut rester à Montréal. Sa famille est installée au Québec, sa conjointe, la docteure Alicia Lessard, exerce sa profession et est propriétaire de la clinique médicale Step à Montréal. Le couple a accueilli une petite fille durant l’été.

Il possède donc de solides raisons personnelles de poursuivre sa carrière avec le CH. Montréal n’est pas simplement une destination parmi d’autres pour lui. C’est son chez-soi. Mais ces attaches familiales ne signifient pas qu’il doit abandonner des millions de dollars pour faciliter le travail de Kent Hughes.

Il y a une limite à ce qu’un joueur peut accepter comme sacrifice financier. Carrier a 30 ans et approche d’un moment extrêmement important de sa carrière.

Il sait que les occasions de signer un contrat majeur ne se présenteront pas éternellement. Si le marché lui offre la possibilité de décrocher 6 ou 7 millions par saison, pourquoi accepterait-il automatiquement 5 millions simplement parce qu’il aime Montréal? Sa loyauté envers le Canadien ne doit pas devenir une invitation à lui faire perdre de l’argent.

La sortie publique de Carrier dans The Gazette, lorsqu’il a confirmé qu’aucune discussion contractuelle n’avait eu lieu avec la direction, prend maintenant une autre dimension.

Le défenseur voulait rappeler que son avenir était toujours en suspens. Il espérait peut-être faire avancer les choses en exposant publiquement la situation. Mais pendant que Hughes garde ses cartes près de lui, Carrier continue de jouer et d’augmenter sa valeur. Le rapport de force pourrait bientôt changer complètement de camp.

Le directeur général doit également réfléchir aux conséquences d’une telle attente. Montréal a besoin de défenseurs droitiers capables de soutenir une brigade qui veut devenir compétitive à long terme, surtout avec David Reinbacher qui ne se développe pas comme prévu.

Carrier connaît déjà le système de Martin St-Louis, il comprend les exigences du marché et il a démontré qu’il pouvait être un partenaire fiable.

Le remplacer coûterait aussi de l’argent, du temps et possiblement des actifs. Le Canadien pourrait donc économiser quelques centaines de milliers de dollars aujourd’hui pour devoir payer beaucoup plus cher demain afin de combler le même besoin.

Et pendant ce temps, le dossier Kucherov rappelle que Hughes doit gérer son espace salarial avec intelligence. Montréal ne peut pas distribuer des contrats à tout le monde sans réfléchir aux conséquences. Il y a des priorités, des négociations à venir et des possibilités de transactions majeures.

Mais justement, si le Canadien veut conserver Carrier, il serait peut-être temps de régler le dossier avant que le marché ne lui échappe complètement.

Le plus triste, c’est que Carrier était prêt à accepter une entente qui aurait permis aux deux parties de tourner la page.

Cinq millions par saison. Cinq ans. Un joueur qui voulait rester et une organisation qui aurait conservé un défenseur droitier établi.

Aujourd’hui, la discussion risque de commencer beaucoup plus haut. À mesure que la saison avance, Carrier accumule les arguments en sa faveur, tandis que la liste des défenseurs droitiers disponibles pour l’été ne lui fait qu’un immense cadeau.

Kent Hughes peut toujours tenter de négocier à rabais. C’est son travail. Mais il doit comprendre que Carrier n’est pas obligé de lui faire une faveur.

Le Canadien voulait économiser sur Alexandre Carrier. Il risque maintenant de découvrir combien coûte réellement un défenseur droitier de cette qualité lorsqu’il devient l’un des joueurs les plus convoités du marché.

Ça va faire mal.