La lune de miel est terminée entre Chris Kreider et les partisans du Canadien de Montréal. L’attaquant américain est arrivé en ville avec une réputation impressionnante, un historique de buts en séries éliminatoires et la promesse d’apporter une dimension supplémentaire à l’attaque montréalaise.
Mais voilà que son utilisation sur l’avantage numérique commence à enrager le Québec en entier.
Sur les ondes TVA Sports, Antoine Roussel propose carrément de retirer Kreider de la première vague pour le remplader par Alexandre Texier.
Le message est clair : le Canadien ne peut pas continuer à faire fonctionner son avantage numérique sur papier pendant que les résultats ne suivent pas sur la glace.
Samedi, contre les Red Wings de Detroit, Montréal a obtenu quatre occasions en supériorité numérique sans réussir à marquer.
Dans un match remporté finalement 1-0 en tirs de barrage, cette inefficacité aurait pu coûter cher. Roussel estime que l’absence d’Ivan Demidov fait mal à l’équipe et que placer Juraj Slafkovsky à sa position est catastrophique.
Le Slovaque a sa place sur l’avantage numérique, mais son tir sur réception n’est pas celui d’un Steven Stamkos. Il faut donc trouver une autre façon de menacer les gardiens adverses, plutôt que de simplement remplacer un joueur par un autre et espérer que tout se règle.
C’est ici que le nom de Kreider devient malaisant. Le pauvre vétéran est tout simplement nuisible sur l'avantage numérique.
Martin St-Louis a peur de froisser son ami et refuse de l'écarter.
Pardon? Le statut de vétéran de Kreider ne devrait pas lui garantir une place permanente sur l’avantage numérique, encore moins son amitié avec le coach.
Texier, qui a connu un excellent match contre Detroit, doit le remplacer aussitôt.
L’attaquant français possède une meilleure vision du jeu que Slafkovsky pour organiser les attaques en supériorité numérique.
Il peut contrôler la rondelle, lever la tête et repérer Cole Caufield ou Nick Suzuki en position de décocher un tir sur réception. L’objectif n’est pas de retirer Slafkovsky à tout prix, mais d’ajouter un joueur capable de créer des occasions et de rendre le jeu moins prévisible.
Slaf pourrait alors revenir devant le filet à la place de Kreider.
L’autre solution proposée par Roussel, inspirée d’une idée de Maxim Lapierre, consiste à modifier complètement la disposition des joueurs.
Noah Dobson pourrait être utilisé comme tireur à la pointe, tandis que Suzuki descendrait plus bas dans la zone. Lane Hutson retrouverait alors un rôle central dans l’organisation du jeu, avec Dobson et Caufield comme options de tir. Slafkovsky pourrait demeurer devant le filet, là où son gabarit et sa présence physique sont les plus utiles.
Cette configuration permettrait au Canadien de multiplier les options et de forcer les adversaires à surveiller plusieurs menaces simultanément.
Le message envoyé à Martin St-Louis est assez direct : il faut brasser les cartes. Le Canadien ne manque pas nécessairement de talent sur sa première vague, mais son avantage numérique doit devenir plus dangereux.
Lorsque Demidov est absent, les limites de la structure actuelle deviennent plus évidentes. Il faut que les autres joueurs compensent son absence par leur créativité, leur mouvement et leur capacité à prendre des décisions rapides. Continuer avec les mêmes combinaisons sans obtenir de résultats ne fera qu’accentuer la frustration.
Roussel souligne quand même le travail du trio composé de Zachary Bolduc, Texier et Phillip Danault. Ces deux unités donnent du rythme à l’attaque et sont capables de créer des occasions à cinq contre cinq.
Le problème est que Montréal dispose davantage de deux excellents troisièmes trios que d’une véritable deuxième ligne capable de produire régulièrement.
L’absence de Demidov expose le rendement individuel de Kreider. Le Canadien doit trouver des solutions pour mieux répartir sa production offensive et éviter que toute la pression repose sur Suzuki, Caufield et les joueurs de la première unité.
La vérité est que Kreider n'est plus capable de suivre le rythme.
Kreider est clairement le problème, autant à cinq contre cinq qu'en avantage numérique. Son utilisation ne donne rien, alors Martin St-Louis doit avoir le courage de changer les choses.
Voilà le genre de décision qui distingue un entraîneur capable de s’adapter d’un entraîneur qui s’entête avec ses combinaisons préférées.
Il faut secouer l’avantage numérique, donner davantage de place à la créativité de Texier et envisager une nouvelle configuration autour de Hutson, Dobson, Caufield, Suzuki et Slafkovsky.
Martin St-Louis a maintenant un choix à faire : continuer de protéger son ami Kreider... ou prendre son courage à deux mains pour écarter l'attaquant fini... à la corde...
