Mais qu’est-ce qui se passe avec Jakub Dobeš? Pendant que Jacob Fowler est en train de gagner du terrain dans la course devant le filet du Canadien de Montréal, le gardien tchèque vient de tenir des propos qui laissent plusieurs partisans perplexes.
Alors qu’il se retrouve de nouveau dans une rotation à trois gardiens, Dobeš affirme qu’il trouve la situation amusante, que les trois hommes se sont ennuyés les uns des autres et que l’énergie dans le groupe est bonne.
Voici ce qu’il a déclaré, en français :
« C’est drôle de retrouver les trois gardiens ensemble. J’ai l’impression qu’on s’est un peu trop ennuyés les uns des autres!
C’est bien que nous soyons tous les trois réunis. Personnellement, je trouve ça plus amusant, pour être honnête. Il y a une bonne énergie entre nous, alors ça ne me dérange pas du tout qu’on soit de nouveau tous ensemble. »
Pour voir ses paroles de perdant:
Sérieusement? On parle d’un gardien qui risque de perdre son poste, pas d’un gars qui retrouve ses chums au camp d’entraînement! Pendant que Fowler vient de blanchir les Red Wings avec une performance de 29 arrêts, Dobeš explique qu’il trouve ça plus plaisant lorsque les trois gardiens sont réunis.
Où est l’urgence? Où est la soif de vaincre? Où est cette colère qu’on s’attend à voir chez un compétiteur qui vient de perdre du terrain?
Faut-il lui rappeler sa moyenne de buts alloués de 4,43 et son pourcentage d'efficacité de 856.
La déclaration de Dobeš est étrange, pour ne pas dire inacceptable. Le gardien est parfaitement à l’aise avec une situation qui menace directement son avenir à court terme.
L’accumulation de signaux, mis ensemble, commencent à soulever de sérieuses questions. Après des séries éliminatoires qui l’ont propulsé au rang de héros, un contrat de 16,07 millions de dollars et un été où il a profité de son nouveau statut en faisany la fête comme une rockstar, le gardien a perdu lurgence qui faisait sa force.
Comme si les millions (qu'il n'a même pas encore touchés) l'avaient déjà détruits. Son camp d’entraînement a été catastrophoque, alors que son langage corporel était nonchalant après tous les buts accordés.
Un ballon de plage pourrait le traverser depuis septembre.
Martin St-Louis n'a clairement pas accepté toutes les rumeurs qui ont circulé sur Dobeš, lui qui a réservé une chambre d'hôtel tout l'été pour faire la fête et fréquenter de jeunes femmes.
Le coach a voulu le punir. C'est clair et net.
Fowler vient de profiter de deux départs consécutifs pour démontrer qu’il mérite une place à Montréal. Il a signé un blanchissage contre Detroit, remporté la première étoile et donné au Canadien exactement ce qu’il recherchait : de la stabilité devant le filet. Pendant ce temps, Dobeš doit composer avec une situation qui pourrait sérieusement compromettre son statut.
Il ne s’agit pas de demander à Dobeš de déclarer la guerre à Samuel Montembeault ou à Jacob Fowler. Les joueurs n’ont aucune obligation de se détester pour gagner leur place.
Mais il y a une différence entre entretenir de bonnes relations avec ses coéquipiers et donner l’impression que la compétition ne te préoccupe pas.
Lorsqu’un jeune gardien voit un espoir lui passer devant, on s’attend à ce qu’il ait envie de renverser la vapeur, de retrouver son filet et de forcer Martin St-Louis à lui redonner sa chance.
La réaction de Dobeš est le contraire de ce qu’on pourrait attendre d’un joueur qui sent son poste lui échapper. Ses propos donnent l’impression qu’il accepte très facilement cette nouvelle réalité, alors que la hiérarchie devant le filet est en train de changer.
Dobeš doit trouver un moyen de se replacer dans cette histoire. Il ne peut pas se contenter de célébrer la bonne énergie du groupe pendant que ses concurrents accumulent les arguments pour jouer davantage.
Dobeš était supposé passer un été où il allait passer à une autre étape de sa carrière. Maintenant, il se retrouve dans une situation inconfortable, avec Fowler qui pousse fort et une place qui n’est plus garantie. Son discours donne plutôt l’impression d’un joueur qui préfère se concentrer sur l’ambiance dans le vestiaire et avoir du fun que sur la bataille qui se déroule devant lui.
Les partisans auraient préféré entendre une réaction plus combative, à l’image d’un gardien frustré de ne pas jouer et déterminé à reprendre le contrôle de sa situation.
Ils veulent voir un joueur qui brûle d’impatience à l’idée de retrouver le filet, pas quelqu’un qui semble heureux de se faire "shifter".
La déclaration de Dobeš alimente les interrogations sur son état d’esprit au moment même où tout le monde l'accuse d'avoir une attitude arrogante de rockstar.
Dans une organisation où chaque décision devant le filet est scrutée à la loupe, ce genre de commentaire est tellement toxique.
La bonne énergie dans le vestiaire ne sauvera pas sa place. Ses performances, oui.
Qu'il jette sa mentalité de perdant aux poubelles sur-le-champ.
