Martin St-Louis était tellement inconfortable.
Lorsque le journaliste de Sportsnet, Eric Engels, a confronté Martin St-Louis sur le fait qu'Oliver Kapanen était au jour le jour depuis des semaines, le coach du CH voulait disparaitre tellement il ne savait pas quoi répondre.
Les jours passent, les semaines passent, les matchs s’accumulent et personne n'est capable de fournir une explication claire sur sa situation. Lorsque les journalistes commencent à insister, le malaise devient difficile à ignorer.
Le journaliste a même pris la peine de préciser qu’il ne voulait pas fâcher Martin St-Louis avant de demander des explications. Cette petite phrase en dit long sur l’atmosphère qui règne autour de l’entraîneur du Canadien.
Pourquoi un journaliste doit-il presque s’excuser avant de poser une question légitime sur la disponibilité d’un joueur?
Car les médias ont peur de Martin St-Louis, alias Napoléon pour les journalistes qui se font ramasser publiquement par le coach.
Cette fois, le coach n'a pas attaqué le journaliste en le rejetant.
Mais la réaction de St-Louis n’a rien fait pour dissiper les interrogations. L’entraîneur a hésité, cherché ses mots et regardé Chantal Machabée, la vice-présidente des communications du Canadien.
C’est alors que cette dernière est intervenue pour rappeler que Kapanen était toujours évalué quotidiennement. Les journalistes présents ont toutefois insisté sur le problème évident : cela fait des semaines que le joueur est absent, et la même formule revient sans cesse.
Mais la vice-présidente des communications a tenu son bout. (elle est très solide)
« Je sais, c'est étrange, mais il est day-to-day. »
Hum. Voici l'extrait vidéo qui a créé le malaise ultime dans la salle de presse:
Chantal Machabée est devenue la protectrice de St-Louis. Son rôle consiste à encadrer les échanges avec les médias et à protéger les informations confidentielles de l’organisation. Elle peut donc intervenir lorsqu’une question touche à des renseignements médicaux qui ne peuvent pas être divulgués. Surtout qu'elle excelle dans son rôle de "garde du corps".
Mais dans cette scène, sa réponse n’a pas réglé le problème. Répéter que Kapanen est évalué quotidiennement ne fait pas disparaître le fait que son absence se prolonge depuis des semaines. Les journalistes l’ont compris, et leur insistance montre qu’ils ne sont plus satisfaits de cette réponse.
Martin St-Louis aurait pu répondre clairement qu’il ne pouvait pas fournir de nouvel échéancier, tout en expliquant ce qu’il était en mesure de confirmer.
Mais cette hésitation, suivie d’une intervention qui n’apporte aucune information nouvelle, donne plutôt l’impression d’une organisation prise au dépourvu par une question pourtant prévisible.
Comme si on voulait nous cacher quelque chose.
Et tant que cette situation perdurera, les questions ne disparaîtront pas. Elles ne feront que se multiplier, surtout avec les rumeurs qui circulent autour d’Oliver Kapanen et du marché des transactions.
Depuis plusieurs semaines, le nom du jeune attaquant revient dans différentes discussions, surtout avec Détroit et Dylan Larkin. Certains partisans se demandent si le Canadien ne chercherait pas à le protéger en vue d'une transaction.
Le manque de transparence laisse la porte ouverte à toutes sortes de théories.
Ce qui dérange surtout, c’est la réaction de Martin St-Louis. On parle de son propre joueur, de sa formation et de sa disponibilité pour les prochains matchs.
Il est difficile de croire que l’entraîneur ne connaît absolument rien de l'état de santé de son attaquant.
St-Louis regarde Chantal Machabée pour ête sauvé, car il sait que l'organisation veut cacher quelque chose dans ce dossier.
St-Louis n’a pas besoin de révéler le diagnostic de Kapanen ni de donner une date de retour qu’il ne peut pas garantir. Il peut simplement dire que la situation est plus complexe qu’une blessure ordinaire, que le joueur poursuit son rétablissement ou que l’organisation ne souhaite pas commenter davantage son dossier médical.
Une réponse directe aurait mis fin à une partie des interrogations. À la place, les journalistes ont eu droit à une hésitation et à un regard vers la sauveuse Machabée qui s'est encore porté à la rescousse du coach.
À go, on regarde tous par terre.
1-2-3....
Gênant...
