Plus les semaines avancent, plus le nom de Vladimir Tarasenko revient avec insistance lorsqu’il est question du Canadien de Montréal.
Et cette fois, ce ne sont pas seulement les partisans qui alimentent les spéculations. C’est Jimmy Murphy, journaliste de RG Media, qui vient carrément jeter de l’essence sur le feu en affirmant que, parmi tous les joueurs autonomes encore disponibles, Tarasenko représente le meilleur “plug-in” possible pour le Canadien.
Son raisonnement est difficile à ignorer.
Murphy rappelle d’abord un élément qui change complètement la dynamique du dossier : Vladimir Tarasenko vient tout juste de confier sa carrière à Dan Milstein.
Et dans la LNH, ce détail veut tout dire à Montréal. Milstein est devenu un acteur majeur dans la construction du noyau russe du Canadien. Il représente déjà Ivan Demidov, Alexander Zharovsky, Gleb Pugachyov, Bogdan Konyushkov et même Kirill Marchenko, qui est devenu la priorité du CH sur le marché des transactions.
Pour Murphy, cette connexion est la plus importante de toutes.
« Je pense qu’il pourrait absolument être un fit, et tu viens d’expliquer toutes les raisons. Cette relation avec Dan Milstein est probablement le lien le plus fort. »
Le journaliste va même plus loin avec une phrase qui risque de faire sourire bien des partisans montréalais.
« On dirait que Dan Milstein est en train de bâtir une véritable mafia russe dans le vestiaire du Canadien. »
Évidemment, Murphy utilise cette expression avec humour. Mais le fond de sa pensée demeure extrêmement sérieux.
Montréal est tranquillement en train de devenir une destination de choix pour plusieurs joueurs russes. Demidov est déjà arrivé. Zharovsky devrait suivre au printemps prochain. Gleb Pugachyov rêve de rejoindre l’organisation dès qu’il pourra quitter la KHL. Bogdan Konyushkov vient de signer son contrat et va rejoindre l'équipe en 2027.
Même le gardien Yevgeni Volokhin fait aussi partie des projets à moyen terme.
Dans ce contexte, ajouter Vladimir Tarasenko deviendrait beaucoup plus qu’une simple signature.
Ce serait un mentor.
Un grand frère.
Un vétéran capable d’aider toute cette nouvelle génération à s’intégrer.
Mais Murphy refuse aussi de réduire Tarasenko à ce simple rôle.
« Tout le monde pense immédiatement à son talent offensif lorsqu’on parle de Tarasenko. Mais il est beaucoup plus complet que ça. Il est capable de revenir aider défensivement. C’est un joueur polyvalent. »
Voilà un aspect qui risque justement de plaire énormément à Martin St-Louis.
L’entraîneur du Canadien ne cherche pas uniquement un marqueur. Il veut des joueurs responsables dans les trois zones. Tarasenko a peut-être perdu une partie de l’explosion offensive qui faisait de lui une supervedette à Saint-Louis, mais son intelligence du jeu est toujours bien présente.
Et ses chiffres parlent d’eux-mêmes.
À 34 ans, il vient tout de même de récolter 23 buts et 47 points en 75 matchs, en plus d’ajouter cinq points en onze rencontres éliminatoires.
Sans oublier ses feintes incroyables:
Ce ne sont pas les statistiques d’un joueur fini. Ce sont les statistiques d’un vétéran qui demeure capable de produire même avec un rôle plus limité et pratiquement aucune utilisation sur la première vague d’avantage numérique.
Murphy résume finalement toute sa pensée par une phrase qui risque d’alimenter les discussions à Montréal pendant encore longtemps.
« Si je regarde le marché des joueurs autonomes aujourd’hui, et que je cherche simplement un joueur capable de s’intégrer immédiatement dans l’alignement, Vladimir Tarasenko est le meilleur ajout possible pour le Canadien de Montréal. »
Et lorsqu’on regarde les autres options encore disponibles, son raisonnement devient difficile à contester.
Kent Hughes a exploré plusieurs dossiers beaucoup plus ambitieux tout au long de l’été, mais les portes se sont refermées les unes après les autres.
Aujourd’hui, le directeur général doit trouver une solution réaliste.
Tarasenko coche pratiquement toutes les cases.
Il possède plus de 300 buts dans la LNH. (voir les détails de la négociation Tarasenko-Montréal) après la photo de ses statistiques:

Il a gagné la Coupe Stanley.
Il mesure 6 pieds 1 pouce et approche les 220 livres.
Il sait encore marquer.
Il est capable d’évoluer dans un top-6.
Et surtout, il pourrait immédiatement former une chimie naturelle avec Ivan Demidov.
Imaginez un trio où Demidov attire toute l’attention grâce à ses mains et à sa créativité pendant que Tarasenko profite des espaces laissés par les défenses adverses pour décocher son tir dévastateur. Le scénario fait rêver.
Le plus intéressant dans tout cela, c’est que cette transaction ne coûterait aucun espoir.
Seulement de l’argent.
Selon ce qui circule, les discussions entre le Canadien et le clan Tarasenko existent bel et bien. Le principal obstacle concernerait la durée du contrat. Le vétéran souhaiterait deux saisons, alors que Kent Hughes préférerait limiter son engagement à une seule année.
Le véritable point de friction n’est pas le salaire annuel. Kent Hughes serait prêt à déposer une offre très compétitive d’environ 4 à 5 millions de dollars pour une saison.
Tarasenko regarde aussi ce qui s’est passé ailleurs dans la LNH. Patrick Kane a obtenu un contrat de deux ans à 8 M$ par saison après avoir signé un contrat beaucoup plus modeste auparavant. (il empochait 3 M$ la saison dernière).
Même si les deux dossiers ne sont pas identiques, l’attaquant russe considère que la hausse spectaculaire du plafond salarial lui permet, lui aussi, d’aller chercher une augmentation par rapport à son ancien salaire de 4,75 M$.
Voilà pourquoi le Russe veut deux ans et 10 M$ au total selon ce qui circule sur le marché,
Au final, si le véritable débat se résume à offrir une deuxième année à environ 5 M$ par saison, Kent Hughes devra sérieusement se demander si le jeu en vaut la chandelle. Pour une équipe qui cherche désespérément un vétéran capable d’encadrer Ivan Demidov, c’est probablement le prix le plus raisonnable de tout le marché.
Le risque demeure extrêmement raisonnable.
Ce n’est pas seulement Jimmy Murphy qui voit Tarasenko comme le fit idéal.
Tout ce qui entoure ce dossier semble pointer dans la même direction.
Le lien avec Dan Milstein.
Le besoin criant d’un ailier de top-6.
Le développement d’Ivan Demidov.
La volonté du Canadien de bâtir un véritable noyau russe.
Et l’absence de toute véritable alternative sur le marché.
Parfois, les meilleures acquisitions ne sont pas les plus spectaculaires.
Elles sont simplement les plus logiques.
Et plus Jimmy Murphy décortique le dossier, plus Vladimir Tarasenko donne l’impression d’être exactement ce dont le Canadien de Montréal a besoin aujourd’hui.
