Bob Hartley a tout simplement été cinglant envers Martin St-Louis.
En discutant avec le journaliste Martin Lemay du traitement réservé à David Reinbacher par le Canadien de Montréal, il a vu rouge.
Le renvoi à Laval de l'Autrichien a mis Hartley en furie contre les coach du CH.
L’ancien entraîneur-chef de la LNH et champion de la Coupe Stanley a remis en question la façon dont Martin St-Louis gère le développement du cinquième choix au total du repêchage de 2023, et son intervention soulève une question embarrassante pour l’organisation : comment peut-on espérer développer un jeune défenseur de cette importance si on lui accorde à peine neuf minutes de jeu avant de le renvoyer dans les gradins?
Hartley ne connaît personnellement ni Reinbacher ni Adam Engström, mais son analyse repose sur une réalité que le Canadien semble avoir oubliée : un jeune joueur doit sentir que son entraîneur lui fait confiance pour être capable de prendre confiance lui-même. Et dans le cas de Reinbacher, cette confiance paraît déjà sérieusement ébranlée.
« Il faut que tu te sentes dans le game. Il faut que tu te sentes quand tu te pousses », explique Hartley. Pour illustrer son propos, il rappelle la situation d’Alexandre Texier? Non : l’exemple qu’il choisit est celui de Bolduc, qui possède actuellement un rôle dans l’équipe et qui peut sentir qu’il est apprécié.
Pour Hartley, cette reconnaissance contribue directement à la confiance d’un joueur. Il se souvient également de la rotation entre Jayden Struble et Arber Xhekaj, lorsque le Canadien alternait constamment entre les deux défenseurs.
Le résultat est catastrophique. Selon lui, cette approche n’a absolument rien apporté. Un joueur ne peut pas s’installer durablement s’il ne sait jamais quand il jouera, combien de temps il restera dans l’alignement et quelle sera la prochaine décision de son entraîneur après une erreur.
Hartley pousse son raisonnement encore plus loin lorsqu’il aborde le cas de Reinbacher.
« On a investi un cinquième choix. On ne peut pas toujours vivre sur ce cinquième choix-là, mais on a droit d’aller chercher des réponses », souligne-t-il.
Le rang de sélection ne doit pas garantir une place permanente dans la formation, mais il justifie qu’on donne au joueur des occasions réelles de démontrer ce qu’il peut devenir. Hartley préconise des répétitions régulières : jouer, pratiquer, rejouer, puis continuer à lui donner des occasions de progresser.
C’est en accumulant les présences, en traversant les difficultés et en corrigeant ses erreurs qu’un jeune défenseur peut finir par trouver ses repères dans la LNH.
Et c’est précisément ce que Martin St-Louis ne semble pas offrir à Reinbacher en ce moment.
Le défenseur autrichien vient de vivre une séquence horrible à Montral. Après avoir été sévèrement critiqué pour sa performance contre Buffalo, il a appris qu’il serait laissé de côté pour le match suivant contre les Sharks, Adam Engström reprenant sa place dans l’alignement.
Puis, ce matin, le pauvre est retourné à Laval la queue entre les jambes.
Reinbacher avait joué à peine neuf minutes, terminé la rencontre à moins-1 et commis une erreur coûteuse avec la rondelle.
Sa mauvaise lecture de la situation et sa tentative désespérée de revenir devant Jacob Fowler pour bloquer le tir de Josh Norris ont fait mal paraître le jeune défenseur.
Josh Norris opens the scoring in Montreal 🚨 https://t.co/MPcBrxTM6X
— Sportsnet (@Sportsnet) October 17, 2026
Personne ne prétend qu’il a connu un bon match. Mais Hartley soulève une question essentielle : est-ce vraiment en le retirant immédiatement de la formation qu’on va l’aider à progresser?
Le Canadien a investi un choix de premier plan dans Reinbacher. L’organisation a préféré le défenseur autrichien à Matvei Michkov et Ryan Leonard en 2023, une décision qui continue de faire rager les partisans.
La pression qui accompagne cette sélection est immense, et chaque mauvaise performance ravive les comparaisons avec les joueurs repêchés après lui.
Dans ces circonstances, le rôle de l’entraîneur est crucial. Il doit exiger davantage de son jeune défenseur, mais il doit aussi lui donner une chance de répondre sur la glace.
Si la moindre erreur importante entraîne une exclusion immédiate, Reinbacher risque de jouer avec la peur au ventre plutôt qu’avec l’assurance nécessaire pour développer son jeu.
Hartley rappelle qu’il faut donner aux jeunes des occasions répétées de démontrer leur valeur, particulièrement lorsqu’une place devient disponible dans la formation.
Avec Mike Matheson à l’écart en raison d’une blessure, le Canadien dispose justement d’une occasion de tester ses options à la ligne bleue.
Pourtant, Reinbacher se retrouve déjà à Laval. il est traité comme un joueur de la ligue américaine que l’on abandonne après une soirée difficile.
La sortie publique de Bob Hartley est sans pitié pour Martin St-Louis.
Le coach aussi démontrer qu’il possède un véritable plan de développement pour les jeunes joueurs dont l’organisation attend beaucoup.
Après les critiques de Dany Dubé, voilà que le coach du CH se fait ramasser par l'un des plus grands entraîneurs-chefs de l'histoire du Québec.
Dure semaine pour le pauvre Marty.
