Chambre fissurée: Cole Caufield envoie Arber Xhekaj et Jakub Dobes sous l'autobus
Arber Xhekaj, Jakub Dobes et Cole Caufield. Le Journal de Montréal, capture d'écran-youtube

Chambre fissurée: Cole Caufield envoie Arber Xhekaj et Jakub Dobes sous l'autobus

David Garel
Le 2026-10-21

Cole Caufield n’a visiblement plus envie de garder sa frustration pour lui. Après la défaite de 4-3 en prolongation contre les Sharks de San Jose, le petit franc-tireur du Canadien de Montréal a décidé de passer ses coéquipiers au tordeur devant les journalistes.

Arber Xhekaj? Il n’avait pas besoin de faire ça.

Jakub Dobes? Sa pénalité n’était pas nécessaire.

Les punitions stupides? Un manque de maturité.

Caufield n’a pas cherché à protéger qui que ce soit, et ses déclarations ont donné une tout autre couleur à une soirée déjà pénible pour le Tricolore.

Est-ce qu’il a manqué de classe en réglant ses comptes publiquement avec ses coéquipiers? La question mérite d’être posée, parce qu’on ne parle pas d’un joueur anonyme qui vide son sac après une défaite.

On parle d’un élément important de l’attaque montréalaise qui a choisi de désigner clairement les erreurs de ses propres coéquipiers devant les caméras.

Dans un vestiaire, la frustration est normale. Après avoir gaspillé une avance de deux buts à domicile, elle est même compréhensible.

Mais quand un joueur commence à pointer individuellement ses partenaires du doigt, le message envoyé au reste du groupe peut devenir beaucoup plus lourd que la simple critique d’une mauvaise décision.

Les propos de Caufield ne laissent pas beaucoup de place à l’interprétation.

« Nous nous sommes tirés dans le pied, ces pénalités n’étaient d’aucune utilité. Nous leur avons donné l’occasion de revenir dans le match. C’est un manque de maturité », a-t-il déclaré.

Il aurait pu s’arrêter là, parler de responsabilité collective et passer à autre chose. Mais il est revenu à la charge en affirmant que le Canadien avait pris des pénalités stupides qui avaient permis aux Sharks de revenir dans la rencontre.

Puis, lorsqu’on lui a demandé directement ce qu’il pensait des gestes de Xhekaj et de Dobes, il n’a pas cherché à esquiver.

« Arber n’avait pas besoin de faire ça. Je ne crois pas que quelqu’un voulait se battre dans cette équipe et il devrait le savoir, mais ça arrive dans le feu de l’action. »

Concernant Dobes, il a expliqué que le gardien était un compétiteur, mais que sa pénalité n’était pas nécessaire à ce moment du match. Il a également insisté sur le fait que le Canadien ne pouvait pas donner aux arbitres une occasion de sévir.

Caufield a donc fait plus que critiquer l’indiscipline générale : il a nommé ses coéquipiers et expliqué publiquement pourquoi leurs décisions avaient nui à l’équipe.

Dans la LNH, les joueurs peuvent évidemment se parler franchement. Mais lorsque les reproches sont formulés devant les médias, après une défaite aussi frustrante, ils prennent une autre dimension.

Le plus cinglant, c’est que Caufield n’est pas le seul à avoir perdu patience. Juraj Slafkovsky, pourtant auteur d’un excellent match et d’un superbe but, était lui aussi furieux.

« C’est la troisième fois dans les quatre derniers matchs que nous amorçons la troisième période avec une avance et que nous nous tirons dans le pied. Ça ne peut pas arriver. Nous n’allons pas gagner toutes les prolongations que nous jouons », a-t-il lancé.

Alexandre Carrier a parlé des revirements et des pénalités qui ont fini par exploser au visage de l’équipe. Kaiden Guhle espère maintenant que cette nouvelle défaite servira de leçon.

Tous ces commentaires dessinent le portrait d’un groupe qui commence à en avoir assez de répéter les mêmes erreurs.

Le Canadien laisse filer des avances, se pénalise dans des moments cruciaux et finit par offrir des points à des adversaires qu’il avait pourtant réussi à contrôler pendant une bonne partie de la rencontre.

Ce n’est plus simplement une mauvaise soirée. C’est une habitude qui commence à peser sur les joueurs, et les déclarations de Caufield montrent que la frustration dépasse désormais les discussions habituelles dans le vestiaire.

Quand tu te sers des médias pour envoyer tes frères sous l'autobus, ça veut dire que la marmitte a explosé.

La façon dont il a formulé ses reproches demeure significative et va créer des frictions parce que les joueurs concernés ont l’impression d’être exposés publiquement par leurs propres partenaires.

Martin St-Louis se retrouve maintenant devant un problème qui dépasse les simples ajustements tactiques. Le vestiaire commence à se fissurer.

Le Canadien n’a pas seulement perdu un match contre les Sharks. Il a perdu une partie de son calme dans la chambre, alors que l'unité de vestiaire est au fond du trou.

Est-ce le début d’une véritable fracture dans le vestiaire?

Lorsque la frustration commence à sortir aussi ouvertement, il appartient à St-Louis de s’assurer qu’elle serve à réveiller son équipe plutôt qu’à creuser un fossé entre ses joueurs.