Conflit entre Martin St-Louis et Marco Marciano: le coach se fait marcher sur les pieds
Marco Marciano et Martin St-Louis. La Presse, capture d'écran-youtube

Conflit entre Martin St-Louis et Marco Marciano: le coach se fait marcher sur les pieds

David Garel
Le 2026-10-21

Jakub Dobes n’a pas seulement laissé filer une avance de deux buts contre les Sharks de San Jose et pris une pénalité stupide qui a coulé son équipe.

Le gardien du Canadien de Montréal a également disparu devant les journalistes après une défaite particulièrement frustrante, laissant derrière lui un vestiaire qui commence sérieusement à manquer de réponses.

Dobes n’a pas été rendu disponible aux médias après le revers de 4-3 en prolongation. Est-ce qu’il était trop émotif pour affronter les questions? Est-ce qu’il était en colère contre lui-même? Est-ce qu’il aurait encore craqué devant les journalistes?

Les trois en même temps. Mais cette absence arrive au pire moment pour un gardien qui doit justement démontrer qu’il est capable de garder son calme lorsque les choses tournent mal.

Surtout qu'il avait ce genre de crampe au cerveau à l'université:

Dobes est un joueur émotif, et cette énergie peut lui servir lorsqu’il connaît une bonne soirée. Lorsqu’il perd ses repères, toutefois, cette même émotivité risque de devenir son pire ennemi.

Il était totalement effondré après le march d'hier soir:

Après avoir été incapable de protéger l’avance montréalaise, il a commis une pénalité d’obstruction en prolongation qui a ouvert la porte à Macklin Celebrini et aux Sharks. Le résultat est catastrophique pour le Canadien, qui a encore une fois gaspillé une occasion de récolter deux points.

Le plus inquiétant, c’est que cette histoire dépasse maintenant la simple performance d’un gardien. Martin St-Louis était visiblement furieux après la rencontre, et ses propos en conférence de presse ont donné le ton.

« On laisse des points sur la table et c’est notre faute », a-t-il lancé, avant d’expliquer qu’une équipe qui mène par deux buts en troisième période et qui contrôle le match doit être capable de fermer les livres.

L’entraîneur n’a pas cherché à protéger ses joueurs derrière des explications faciles. Il a parlé d’apprentissage, de corrections et de décisions qui redonnent inutilement de l’espoir à l’adversaire.

Avec une seule victoire en temps réglementaire en 9 matchs, disons que le coach est en train de vieillir de 10 ans devant nos yeux:

Sa conférence de presse n’a duré qu’environ trois minutes et demie, loin de ses sorties habituelles. Il en avait assez.

Assez des avances échappées, assez des punitions stupides et assez de voir son équipe se compliquer la vie alors qu’elle possède tous les outils pour gagner.

Arber Xhekaj a encore fait parler de lui avec une pénalité coûteuse, tandis que Dobes a fini par commettre l’erreur qui a permis aux Sharks de repartir avec la victoire.

Alexandre Texier a également contribué au problème d’indiscipline. Pour St-Louis, le message était cinglant : le Canadien doit apprendre à gérer les situations de match au lieu de donner des cadeaux à ses adversaires.

Mais derrière la colère de St-Louis, une autre question mérite d’être posée : que se passe-t-il réellement entre l’entraîneur-chef et Marco Marciano?

Selon les informations que nous avons obtenues, St-Louis souhaitait envoyer Jacob Fowler devant le filet, mais Marciano aurait plutôt recommandé de faire confiance à Dobes pour le relancer, car il a aimé ce qu'il avait vu du Tchèque à l'entraînement.

Si cette décision a effectivement été prise contre la préférence de l’entraîneur-chef, la défaite risque d’alimenter les tensions derrière le banc montréalais.

St-Louis était tellement tendu hier en conférence de presse. Son conflit avec le coach des gardiens n'a pas aidé.

Fowler avait donné au Canadien toutes les preuves qu'il est l'homme de la situation, alors que Dobes traverse une période difficile sur le plan mental et a les pires statistiques de toute la LNH.

Le choix du gardien devient donc un enjeu qui dépasse la simple rotation devant le filet. Marciano est celui qui prend la décision finale.

St-Louis a dû composer avec les recommandations de son entraîneur des gardiens même lorsqu’il n’était pas convaincu. Vous pouvez être certain que c'est la dernière fois qu'il écoute Marciano.

Le coach des gardiens doit aussi être tenu responsable de la défaite.

Dobes, de son côté, doit maintenant répondre sur la glace, à défaut de répondre aux médias. Le gardien a connu de bonnes séquences pendant les 40 premières minutes, mais les résultats ne se résument pas à la qualité de ses premiers arrêts.

Un gardien doit être capable de traverser les moments difficiles sans perdre le contrôle de ses émotions ni prendre des décisions qui coûtent le match à son équipe.

Sa pénalité en prolongation est impossible à défendre, tellement est elle égoïste.

Le Canadien ne peut pas se permettre de voir son gardien devenir une source d’incertitude chaque fois qu’une soirée tourne mal.

La saison est encore jeune, mais les points abandonnés à domicile commencent à s’accumuler, et Montréal n’a toujours pas réussi à gagner en temps réglementaire devant ses partisans depuis son retour à la maison.

Le problème ne concerne pas seulement Dobes : l’indiscipline de Xhekaj, les décisions prises dans les moments critiques et l’incapacité collective à protéger une avance constituent un ensemble de problèmes que St-Louis doit régler rapidement.

Reste maintenant à voir comment Dobes réagira à cette soirée et s’il acceptera de faire face aux journalistes lors de sa prochaine occasion.

Son absence après la rencontre lui évite temporairement les questions, mais elle ne règle rien. Les partisans savent qu'il a fait le party tout l'été et ils veulent qu'il assume ses erreurs.

Quant à Marciano, il faudra clarifier les responsabilités au sein du personnel d’entraîneurs. Il est le coach des gardiens. Pas le détenteur de la vérité.

C'est St-Louis le patron. Et le boss ne se fera plus marcher sur les pieds.