Pendant qu’Eric Engels, de Sportsnet, alimente sérieusement le rêve de voir Nikita Kucherov débarquer à Montréal, Renaud Lavoie vient de refroidir tout le monde sur le plateau de TVA Sports. Et il n’a pas utilisé de gants blancs.
La demande de transaction de la vedette du Lightning de Tampa Bay a déclenché une véritable tempête dans la Ligue nationale.
Montréal revient constamment dans les discussions, notamment en raison de la présence de Martin St-Louis, d’Ivan Demidov et de l’agent Dan Milstein. Plusieurs voient le Canadien comme une destination idéale pour un joueur qui veut encore gagner la Coupe Stanley.
Eric Engels fait partie de ceux qui croient réellement à cette possibilité. L’informateur de Sportsnet voit plusieurs raisons pour lesquelles Kucherov pourrait être attiré par Montréal.
Jouer sous les ordres de Martin St-Louis, retrouver un compatriote comme Demidov, évoluer devant les partisans du Centre Bell et rejoindre une organisation qui possède déjà une jeune équipe compétitive : le scénario a de quoi faire rêver.
Engels laisse clairement entendre que le mariage pourrait fonctionner. Montréal possède les ressources financières, les jeunes joueurs et les éléments nécessaires pour offrir à Kucherov un environnement intéressant. Même si Julien BriseBois n’a aucune envie de perdre son joueur vedette, et encore moins de le voir partir chez un rival de division, le Canadien a des arguments pour tenter sa chance.
Renaud Lavoie, lui, ne voit absolument pas les choses de la même façon.
Sur le plateau de TVA Sports, le journaliste a livré une sortie particulièrement cinglante contre le Russe. Son problème ne concerne pas son talent. Il sait très bien que Kucherov appartient à l’élite mondiale. Ce qui le dérange, c’est son comportement envers les partisans montréalais, particulièrement pendant la finale de la Coupe Stanley de 2021.
« Je comprends que tout le monde est excité, tout le monde trouve ça extraordinaire, Nikita Kucherov, mais dites-vous une affaire. Si lui, il débarque avec le Canadien, il va y avoir un méchant problème. Pas parce que ce n’est pas un bon joueur, mais à cause de la façon dont il s’est moqué des partisans des Canadiens en finale de la Coupe, il y a quelques années. Moi, encore aujourd’hui, je l’ai sur le cœur. »
«Si Kucherov porte un chandail bleu-blanc-rouge, il y a un méchant problème» - @renlavoietva https://t.co/JXYOvmLh3J
— TVA Sports (@TVASports) October 31, 2026
Lavoie faisait référence aux commentaires de Kucherov après la seule victoire du Canadien en finale contre Tampa Bay.
Le Russe avait tourné en ridicule les partisans montréalais, qui célébraient cette victoire comme un événement historique. Pour Lavoie, ce genre de comportement ne s’efface pas simplement parce qu’un joueur devient disponible sur le marché des transactions.
« On n’a pas besoin de cette attitude-là », a-t-il lancé pendant la discussion.
Maxim Lapierre a tenté de défendre le droit d’un joueur de s’exprimer, rappelant que les hockeyeurs sont souvent critiqués lorsqu’ils refusent de parler aux médias. Lavoie a immédiatement établi une distinction :
« Il a exprimé et insulté. Il a exprimé et insulté. Ce sont deux choses complètement différentes. »
Le débat a ensuite ramené les propos de Kucherov contre les partisans du Canadien. Un des participants a rappelé qu’après cette fameuse victoire montréalaise, le Russe avait traité les partisans d’imbéciles parce qu’ils célébraient leur succès.
« Tu veux vraiment quelqu’un dans ton équipe qui vient te traiter d’imbécile? », a demandé Renaud Lavoie.
L’argument est difficile à ignorer. Un joueur peut être une superstar, gagner des matchs à lui seul et transformer une attaque. Mais lorsqu’il arrive dans une ville où il a publiquement ridiculisé les partisans, il doit aussi être prêt à vivre avec les conséquences de ses gestes.
Les autres intervenants ont toutefois tenté de ramener la discussion vers le hockey. Personne ne conteste que Kucherov est l’un des meilleurs joueurs de la planète. Un participant a même rappelé qu’il ne s’agit pas d’un simple joueur de 100 points, mais d’un attaquant capable de se retrouver parmi les quatre meilleurs de toute la LNH.
« À un moment donné, tu ne gagnes pas une Coupe Stanley juste avec des curés. À un moment donné, ça prend des joueurs qui sont en dehors de la boîte », a-t-il lancé.
Il a ensuite comparé la situation à celle de Dennis Rodman avec les Bulls de Chicago, expliquant qu’une organisation doit parfois accepter les personnalités particulières de ses vedettes et apprendre à composer avec leurs émotions.
Lavoie n’a pas bougé d’un pouce.
« S’il rentre dans ce vestiaire-là et qu’il commence à se donner en spectacle comme il se donne en spectacle présentement à Tampa Bay, je peux te garantir que tu n’as pas besoin de ce joueur-là dans ton équipe. »
C’est toute la différence entre les deux visions. Pour les partisans de l’acquisition, le talent de Kucherov est tellement exceptionnel qu’on doit être prêt à accepter sa personnalité. Pour Lavoie, le Canadien n’a pas besoin d’importer un joueur qui pourrait créer des tensions dans le vestiaire et qui a déjà insulté une partie de sa propre clientèle.
Un autre intervenant a rappelé que John Cooper avait réussi à composer avec le tempérament du Russe à Tampa Bay. Lavoie a reconnu que l’entraîneur avait trouvé une façon de travailler avec lui, mais cela ne l’a pas convaincu que Montréal devait prendre le risque.
Le débat s’est finalement déplacé vers les véritables besoins du Canadien. Montréal doit-il absolument ajouter un ailier capable de récolter 120 points, ou devrait-il plutôt chercher un deuxième centre de premier plan? La question mérite d’être posée, surtout si l’acquisition de Kucherov exige de sacrifier plusieurs jeunes éléments importants.
Pendant qu’Eric Engels voit une occasion exceptionnelle pour le Canadien, Renaud Lavoie vient donc de rappeler publiquement que le dossier ne fait pas l’unanimité à Montréal. Et sa position est loin d’être subtile.
Kucherov peut être une machine offensive, un joueur générationnel et une arme capable de changer le visage d’une équipe. Mais il devra aussi composer avec les souvenirs qu’il a laissés chez les partisans du Canadien.
Pour certains, trois passes dans un match suffiraient déjà à lui pardonner beaucoup de choses. Pour Renaud Lavoie, le talent ne donne pas tous les droits. Et sur TVA Sports, il vient de le faire savoir sans la moindre hésitation.
