Kent Hughes a-t-il commis sa plus grosse erreur en refusant de sacrifier Kaiden Guhle et Michael Hage?
À quelques jours du début de la saison 2026-2027, Kent Hughes se retrouve avec une question qui risque de devenir de plus en plus embarrassante : a-t-il surestimé certains de ses joueurs au point de laisser passer des occasions qui ne reviendront peut-être jamais?
Pendant des mois, le Canadien a refusé de sacrifier certaines pièces de son organisation pour aller chercher un véritable joueur de centre capable de transformer immédiatement son attaque. Michael Hage a été protégé. Kaiden Guhle a été protégé. Les deux représentaient des morceaux que Montréal ne voulait absolument pas abandonner.
Et pendant ce temps, plusieurs gros noms ont circulé.
Robert Thomas.
Dylan Larkin.
Deux joueurs capables de régler, chacun à leur façon, le problème du deuxième centre.
Le Canadien n’a finalement obtenu aucun des deux.
À force de vouloir protéger ses jeunes joueurs, Hughes risque de protéger tellement son avenir qu’il oublie que son présent est déjà là.
Le dossier Robert Thomas est difficile à digérer.
Le centre des Blues représente exactement le type de joueur que Montréal cherche depuis plusieurs années : jeune, établi, intelligent, capable de fabriquer des jeux, de gagner des mises au jeu et de jouer contre les meilleurs centres adverses.
Mais encore une fois, Montréal aurait refusé de sacrifier Kaiden Guhle et Michael Hage pour le faire venir.
Les Blues demandaient les deux joueurs.
Le dossier Larkin ajoute une couche supplémentaire.
Le capitaine des Red Wings aurait demandé à être échangé et aurait initialement fourni une liste très limitée de destinations. Montréal n’en faisait pas partie.
Mais Larkin serait plus ouvert à considérer le Canadien aujourd’hui.
Et Michael Hage est la pièce la plus évidente pour Detroit.
Selon les informations qui circulent autour du dossier, les recruteurs qui suivent la situation considèrent que si Hage avait été envoyé à Detroit, Larkin serait un membre du CH au moment où l’on se parle.
La stratégie de Hughes devient risquée.
Le problème, c’est le temps
Le Canadien n’est plus au début de sa reconstruction.
La fenêtre s’est ouverte.
Et lorsqu’une fenêtre s’ouvre, tu ne peux pas toujours attendre que tes choix de repêchage de 2024, 2025 ou 2026 deviennent des joueurs de premier plan.
À un moment donné, tu dois utiliser tes actifs.
C’est exactement la réflexion qui explique pourquoi Corey Pronman identifie encore le centre comme le principal besoin du système du Canadien : Montréal possède beaucoup de talent sur les ailes, mais manque toujours d’un jeune centre de premier plan capable d’alimenter régulièrement ses meilleurs ailiers.
Michael Hage est justement censé être cette solution.
Mais il retourne à l’Université du Michigan. Et le CH se retrouve les mains vides avec le cauchemar de l’expansion qui s’en vient.
Une 33e équipe est envisagée à l’horizon 2029-2030, et Montréal possède déjà un problème de profondeur qui pourrait devenir absolument infernal lorsque viendra le moment de protéger ses joueurs.
Plus Hughes accumule de jeunes joueurs qu’il refuse d’échanger, plus le problème devient gros.
Tu peux protéger un joueur tellement longtemps que tu finis par le perdre quand même.
Et si Hage devient suffisamment bon pour être admissible au repêchage d’expansion, Hughes devra éventuellement choisir entre lui et d’autres joueurs qu’il aura également refusé d’échanger.
Le Canadien pourrait donc se retrouver en 2029 à perdre gratuitement un joueur qu’il aurait pu utiliser en 2026 pour obtenir un centre établi.
Avant, conserver Guhle plutôt que de l’échanger était facile à défendre.
Conserver Hage était facile à défendre.
Aujourd’hui, lorsqu’on met ces décisions à côté des joueurs que Montréal aurait pu acquérir, le doute apparaît.
Peut-être qu’il aura raison.
Peut-être que Hage deviendra un centre numéro deux supérieur à Larkin. Mais Robert Thomas… est un centre numéro un…
Peut-être que Guhle deviendra un défenseur dominant ou une porcelaine qui ne casse plus.
Peut-être que dans trois ans, tout le monde félicitera Hughes d’avoir refusé ces transactions.
Mais il existe aussi un autre scénario.
Hage pourrait “choker” sa vie.
Guhle pourrait continuer de connaître des problèmes de santé et de développement.
Et les joueurs que Hughes aurait pu obtenir pourraient disputer des séries éliminatoires avec d’autres équipes.
C’est là que le métier de directeur général devient impitoyable.
Kent Hughes a choisi ses joueurs.
Il leur a donné une valeur immense.
Il a refusé de les sacrifier.
Il a simplement décidé de croire que la solution se trouvait déjà dans son coffre.
C’est peut-être la décision la plus importante de son règne.
Pour le meilleur… ou pour le pire…
