Dimanche soir, Brendan Gallagher était honoré lors de la Soirée des célébrités sportives de la Fondation du Centre Cummings, un événement caritatif important de la communauté juive montréalaise.
Devant une salle remplie d’invités venus célébrer sa carrière et son implication dans la communauté, l’attaquant des Canadiens de Montréal recevait le titre de personnalité sportive de l’année 2026.
Sur scène, aux côtés de Pierre Houde pour une entrevue d’une vingtaine de minutes, Gallagher avait l’air serein.
Certains détails de cette entrevue ont fait normément réagir à Montréal.
Plus on écoute les propos de Brendan Gallagher, plus une chose saute aux yeux : il n’a jamais nommé Martin St-Louis.
Pas une seule fois.
Pour un joueur qui vient de vivre la saison la plus frustrante de sa carrière à Montréal, ce détail est énorme.
Gallagher a remercié les partisans. Il a remercié l’organisation. Il a parlé de sa famille. Il a parlé de son avenir. Il a parlé du Canadien comme d’une maison qu’il n’abandonnera jamais complètement.
Mais jamais il n’a mentionné l’entraîneur-chef.
Et lorsqu’il a finalement expliqué pourquoi il avait accepté l’idée d’un départ, il a livré une phrase qui risque de faire énormément jaser dans les prochains jours.
« Dans tous les métiers, et dans tous les aspects de la vie, il faut avoir un but. Ça m’a, en quelque sorte, été enlevé. »
Ouch.
Gallagher ne parle pas d’argent, de son contrat ou du marché montréalais.
Il parle de sa raison d’être comme joueur de hockey: son sentiment d’utilité qui l’a habité pendant quatorze ans et qui a soudainement disparu.
« Ça devenait frustrant, surtout pour un gars compétitif comme moi. Je devais trouver le moyen d’être désiré et de me rendre utile. »
Le message est cinglant.
Pendant des années, Brendan Gallagher a été l’âme de cette équipe. Il bloquait des tirs. Il jouait blessé. Il se faisait frapper. Il allait devant le filet contre des défenseurs de six pieds cinq pouces. Il donnait tout ce qu’il avait chaque soir.
Puis, graduellement, son rôle a disparu.
Seize matchs ratés sur dix-neuf en séries éliminatoires.
Un vétéran de cette importance relégué au second plan.
Un leader qui regardait les matchs depuis la passerelle.
Et lorsqu’il parle aujourd’hui, il ne critique personne directement. C’est tout le contraire.
Il protège encore l’organisation.
« Ça n’enlève rien à ce que l’organisation m’a donné, mais le moment était venu. Je pense que c’est une bonne chose pour tout le monde. »
Ouin. Parlons d'un divorce respectueux qu’à un départ volontaire.
« Je pars pour le moment, mais je reviendrai. Vous me reverrez, car cet endroit sera toujours la maison. »
Gallagher confirme qu'une transaction sera conclue au cours des prochains jours. Tout le monde parle de Vancouver.
Les Flames de Calgary sont aussi cités, mais Gallagher veut vraiment jouer pour les Canucks.
Son agent travaille activement à lui trouver une équipe.
Et pendant ce temps, il refuse de nommer le nom de Martin St-Louis.
Même Michel Therrien, l’entraîneur avec qui il a connu ses plus belles années, est venu publiquement le défendre en rappelant qu’il avait toujours été exemplaire et qu’il avait placé l’équipe avant lui-même jusqu’à la toute fin.
Gallagher quitte Montréal exactement comme il a joué pendant quatorze ans.
Avec dignité.
Mais derrière les sourires, derrière les remerciements et derrière les hommages, une phrase demeure impossible à ignorer :
« On m’a en quelque sorte enlevé mon but. »
Et parfois, une seule phrase en dit beaucoup plus que dix minutes de critiques. Il ne pardonnera jamais à Martin St-Louis de l'avoir traité ainsi.
