Le dossier Oliver Kapanen commence sérieusement à faire jaser à Montréal. Le centre finlandais n’a toujours pas disputé un seul match cette saison, son état de santé demeure nébuleux et le Canadien ne fournit pratiquement aucun détail permettant de comprendre ce qui se passe.
Chaque entraînement apporte de nouvelles questions, chaque absence relance les spéculations et, pendant ce temps, Martin St-Louis doit composer avec un attaquant qui était pourtant pressenti pour occuper le centre du deuxième trio.
Lundi, Kapanen était encore absent de la patinoire lors de l’entraînement du Canadien. L’organisation a indiqué qu’il était toujours au jour le jour (tout comme Mike Matheson), mais cette explication ne règle pas toutes les interrogations.
Martin St-Louis affirme que même lui trouve ça étrange, mais qu'il n'a pas plus d'explications à donner.
Chantal Machabée a dû le sauver en conférence de presse tellement le coach ne savait plus quoi dire, comme si l'organisation avait quelque chose à cacher. Voici l'extrait vidéo malaisant au possible:
Le Finlandais est évalué quotidiennement depuis la fin du mois de septembre en raison d’une blessure au bas du corps. Il a raté tous les matchs de l’équipe jusqu’à maintenant et a été placé sur la liste des blessés le 10 octobre. Owen Beck a ensuite été rappelé de Laval pour donner une option supplémentaire à l’attaque, vu que Florian Xhekaj est aussi blessé.
Le problème, c’est que Kapanen avait déjà participé à des séances complètes avant de disparaître de nouveau des entraînements. Martin St-Louis avait alors expliqué que son état était évalué au jour le jour.
Cette situation avait rapidement alimenté les soupçons, puisque le joueur semblait parfois suffisamment en forme pour patiner avec ses coéquipiers, avant de manquer une nouvelle séance.
Le journaliste Anthony Martineau, de TVA Sports, avait d’ailleurs rapporté le 8 octobre que l’absence de Kapanen ne serait liée ni à une aggravation importante de sa blessure ni à une transaction imminente.
Selon les informations qu’il avait obtenues, le Canadien faisait preuve d’une prudence accrue dans sa gestion du dossier. Cette information était rassurante, mais elle n’a pas empêché les questions de continuer à circuler.
Car nous sommes maintenant le 13 octobre, et Kapanen n’a toujours pas joué.
Personne ne conteste qu’un joueur puisse avoir besoin de temps pour récupérer. Une blessure au bas du corps peut être plus complexe qu’elle en a l’air, et une présence à l’entraînement ne signifie pas automatiquement qu’un joueur est prêt à disputer un match.
Le problème, pour le Canadien, est plutôt le manque de clarté entourant une situation qui s’étire depuis plusieurs semaines.
Kapanen avait inscrit 22 buts à sa première saison complète dans la LNH. Il représentait une option intéressante au centre du deuxième trio, et son absence oblige l’organisation à revoir ses plans dès le début de la campagne. Avec Ivan Demidov également à l’écart, Montréal se retrouve privé de deux joueurs importants dans son attaque.
Le rappel d’Owen Beck ajoute une autre dimension au dossier. Le Canadien a jugé nécessaire de faire venir un attaquant de Laval alors que Kapanen demeure indisponible.
Ce mouvement est parfaitement logique sur le plan sportif, mais il rappelle aussi que l’équipe ne peut pas compter sur un retour rapide du Finlandais tant que son état ne le permet pas.
Reste une question qui ne disparaîtra pas tant que l’organisation ne donnera pas davantage de détails : quand Kapanen sera-t-il réellement en mesure de revenir au jeu?
L’autre hypothèse, forcément, concerne le marché des transactions. Lorsqu’un jeune joueur important reste à l’écart et que les informations sont limitées, les spéculations prennent rapidement de l’ampleur. Dans le cas de Kapanen, son potentiel et sa valeur comme joueur de centre suffisent à alimenter les discussions.
Il y a une autre hypothèse qui mérite d’être examinée dans le dossier Oliver Kapanen : est-ce que le Canadien attend de connaître le sort de Dylan Larkin avant de prendre une décision concernant son jeune centre finlandais?
Kapanen aurait été proposé aux Red Wings de Détroit dans le cadre des discussions entourant Larkin. Or, selon Elliotte Friedman, il ne faut pas encore fermer complètement la porte à une arrivée du centre américain à Montréal, même s'il refuse toujours de placer Montréal sur sa liste.
Les réticences de son entourage compliquent sérieusement les choses, alors que sa femme et ses proches méprisent le Canada.
Mais tant que Larkin n’aura pas officiellement écarté cette possibilité, le Canadien pourrait-il garder ses options ouvertes?
Est-ce que l’incertitude entourant Kapanen est liée, d’une manière ou d’une autre, à ces discussions?
Veut-on le protéger pour une transaction?
Tant que le Canadien ne clarifiera pas le dossier Kapanen et que l’avenir de Larkin demeurera incertain, les spéculations risquent de continuer.
Le silence de l’organisation n’aide toutefois pas à calmer les esprits. Plus les jours passent sans indication précise sur la nature de la blessure ou sur un échéancier de retour, plus les partisans cherchent une explication.
Le Canadien ne contrôle pas toutes les spéculations, mais il pourrait certainement réduire la confusion en communiquant plus clairement sur l’évolution du dossier.
Son cas fait jaser jusqu'à Détroit.
Le dossier devient de plus en plus louche.
