Une bourde à 11 millions de dollars: Kent Hughes a perdu la tête
Kent Hughes. Capture d'écran-youtube

Une bourde à 11 millions de dollars: Kent Hughes a perdu la tête

David Garel
Le 2026-10-26

Kent Hughes a-t-il donné l’argent d’Alexandre Carrier, Josh Anderson et Phillip Danault à Alex Newhook et Jakub Dobeš?

Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans la gestion contractuelle de Kent Hughes. Le directeur général du Canadien de Montréal nous a habitués à la patience, aux négociations calculées et à sa volonté de ne pas payer trop cher pour des joueurs dont la valeur peut fluctuer.

Pourtant, certaines décisions prises cet été soulèvent de sérieuses questions. Comme si le DG avait perdu la tête momentanément.

Pourquoi avoir accordé quatre ans et 5,5 millions de dollars par saison à Alex Newhook, puis trois ans et 5,35 millions à Jakub Dobeš, si la direction se montre maintenant aussi rigide avec Alexandre Carrier, Josh Anderson et Phillip Danault?

On parle d’une bourde monumentale… de près de 11 millions de dollars.

C’est ce qui rend la situation aussi étrange. Newhook et Dobeš ont obtenu des contrats généreux après des performances qui ont impressionné la direction pendant les séries éliminatoires.

Mais maintenant que vient le temps de régler les dossiers d’autres joueurs qui apportent des choses importantes au Canadien, Hughes semble vouloir sortir sa calculatrice et négocier chaque dollar comme si la marge de manœuvre était devenue une question de survie.

Alex Newhook à 5,5 millions par saison : qu’est-ce qui justifiait un tel engagement?

Newhook a certainement connu des moments importants sous le chandail du Canadien. Ses buts en prolongation pendant les séries ont contribué à bâtir sa réputation et à convaincre plusieurs partisans qu’il pouvait devenir un élément offensif intéressant à long terme. Il possède de la vitesse, il peut jouer à différentes positions et il est encore assez jeune pour progresser.

Mais quatre ans à 5,5 millions de dollars par saison, cela représente 22 millions de dollars pour un plombier aux mains dans le béton.

Ce n’est pas une petite récompense pour un joueur dont la production et la constance n’ont jamais été au rendez-vous sur une longue période.

Les séries éliminatoires peuvent révéler le caractère d’un joueur, mais quelques performances marquantes ne devraient pas suffire à déterminer toute sa valeur contractuelle.

C’est là que la décision de Hughes devient difficile à comprendre. Si le directeur général estimait que Newhook était suffisamment important pour lui accorder une telle entente, il faut maintenant expliquer pourquoi d’autres joueurs qui remplissent des rôles essentiels dans l’équipe devraient accepter des conditions nettement moins avantageuses.

Jakub Dobeš : 5,35 millions pour trois ans, après une séquence éliminatoire?

Le dossier du gardien est tout aussi troublant. Dobeš a connu des moments forts, et ses performances en séries ont certainement contribué à faire grimper sa valeur aux yeux de l’organisation.

Mais un gardien demeure une position imprévisible, et les bonnes séquences ne garantissent jamais une production constante d’une saison à l’autre. Surtout pour un gardien tout croche avec sa technique qui avait une saison très difficile avant de se relancer.

En lui accordant 5,35 millions de dollars par saison pendant trois ans, Hughes lui a envoyé le pire message.

On connaît la suite. Dobeš a fait la fête tout l’été, ne s’est pas entraîné comme un professionnel et est arrivé au camp d’entraînement en méforme physique complète.

La générosité démontrée dans ces deux dossiers et la prudence affichée dans les autres négociations donnent mal au cœur.

Alexandre Carrier : cinq millions par saison seraient-ils vraiment excessifs?

Carrier gagne actuellement 3,75 millions de dollars par année et souhaiterait obtenir une prolongation de cinq ans à cinq millions par saison, soit un engagement total de 25 millions de dollars.

Le défenseur québécois a contribué à stabiliser la brigade défensive du Canadien depuis son acquisition. Il possède une bonne mobilité, prend des décisions rapides et peut aider l’équipe dans différentes situations.

À 30 ans, une prolongation de cinq ans représente un engagement important, et Hughes doit évidemment tenir compte du risque associé à l’âge du défenseur.

Mais Carrier ne demande pas de doubler son salaire. Il réclame une augmentation de 1,25 million par saison pour un joueur qui connaît déjà son rôle et qui apporte une contribution énorme chaque soir (près de 20 minutes de jeu par match).

Selon les informations rapportées autour du dossier, Montréal ne serait pas disposé à lui accorder les cinq millions annuels qu’il recherche. Une offre située entre quatre et cinq millions serait plutôt envisagée. Si Hughes souhaite réellement conserver Carrier, il devra trouver un terrain d’entente qui reconnaît sa valeur sans compromettre la flexibilité financière du club.

La question mérite d’être posée : si le Canadien peut engager 5,5 millions par saison pour Newhook et 5,35 millions pour Dobeš, pourquoi devient-il si difficile de s’approcher des demandes de Carrier?

Josh Anderson : une diminution de salaire serait-elle devenue nécessaire?

Anderson représente un autre dossier délicat. Son contrat actuel de 5,5 millions de dollars par saison arrive à échéance après la campagne en cours, et le Canadien devra déterminer s’il souhaite le conserver et à quelles conditions.

Son apport physique, son expérience et sa capacité à jouer un hockey engagé peuvent encore avoir une utilité dans l’équipe. Toutefois, son salaire actuel représente une somme importante, et une prolongation à des conditions similaires serait difficile à justifier sans une production offensive plus constante selon Hughes.

Le DG souhaite obtenir une diminution de salaire pour prolonger son séjour à Montréal?

Le Canadien ne peut pas distribuer des contrats généreux à certains joueurs puis espérer que tous les autres accepteront spontanément de laisser de l’argent sur la table.

Phillip Danault : le paradoxe devient encore plus évident.

Le cas du Québécois illustre bien cette contradiction. Depuis son retour à Montréal, le centre québécois a apporté une contribution importante dans les missions défensives, les mises au jeu et le désavantage numérique.

Son jeu n’est peut-être pas toujours spectaculaire, et son âge commence à se faire sentir dans certains aspects de ses performances, mais son utilité dépasse largement le nombre de buts qu’il inscrit.

Cette saison, Danault a remporté 55,2 % de ses mises au jeu, selon les chiffres fournis. Il est également l’un des rares centres gauchers de l’organisation, aux côtés de Newhook.

Dans les matchs serrés et les séries éliminatoires, un joueur capable de neutraliser les meilleurs attaquants adverses et de gagner des mises au jeu importantes peut faire une différence considérable.

On parle d’une prolongation de deux ans pour Danault. Encore une fois, le CH voudrait diminuer son salaire annuel (5,5 M$).

Kent Hughes a placé son argent aux mauvais endroits… et tente de sauver la face en sous-payant ceux qui méritent davantage que les pauvres Dobeš et Newhook.

Malaisant à souhait.