Pierre LeBrun refroidit complètement Montréal au sujet de Chris Kreider.
La douche froide vient de tomber sur le Québec en entier.
Alors que les partisans du Canadien commençaient à s’emballer après l’arrivée de Chris Kreider, Pierre LeBrun vient de ramener tout le monde sur terre.
Sur les ondes de TSN 690, l’informateur a livré un portrait beaucoup moins reluisant du nouveau venu du Tricolore et a surtout lancé un avertissement : il ne faut surtout pas s’attendre à revoir le Chris Kreider qui terrorisait les défenses de la LNH avec les Rangers de New York.
L’arrivée de Kreider demeure intéressante. Un attaquant de 35 ans, imposant, expérimenté, capable de jouer devant le filet et qui connaît parfaitement les réalités des séries éliminatoires, ça peut avoir une certaine valeur pour une jeune équipe comme le Canadien. Mais LeBrun rappelle qu’il existe une raison pour laquelle les Ducks d’Anaheim ont accepté de mettre fin à leur association avec lui.
Et cette raison devrait inquiéter Montréal.
« Il faut se demander pourquoi les Ducks étaient plus qu’heureux de mettre fin à son contrat d’un commun accord. »
Boum. LeBrun annonce... le pire...
C’est exactement le genre de phrase qui fait mal à entendre quelques jours seulement après une signature qui avait créé beaucoup d’enthousiasme à Montréal.
Parce que le discours autour de Kreider était presque devenu celui d’une renaissance. Nouveau départ. Nouveau système. Nouveau rôle. Retour dans un marché de hockey où il pourrait retrouver une certaine motivation. Et surtout, possibilité de jouer avec Nick Suzuki, Cole Caufield, Ivan Demidov et les autres jeunes talents du Canadien.
LeBrun dit essentiellement : attention.
Le Kreider qui arrive à Montréal n’est plus celui qui faisait peur aux équipes lorsqu’il portait le chandail des Rangers. Il n’est plus cette machine offensive capable de produire régulièrement autour de 30 ou 40 buts. Il n’est plus le joueur explosif qui pouvait complètement changer un match par sa vitesse et sa puissance.
Et les partisans montréalais qui s’attendent à retrouver cette version-là risquent d’être déçus.
LeBrun a d’ailleurs lancé une autre mise en garde importante : le fait que Kreider puisse encore être utile ne signifie pas qu’il est redevenu le joueur qu’il était.
C’est là toute la nuance.
Kreider n’est pas fini... mais pas loin selon LeBrun.
Et ça, les gens qui l’ont vu à Brossard commencent eux aussi à le constater.
Son intelligence devant le filet demeure exceptionnelle. Ses déviations sont toujours une arme. Son gabarit demeure impressionnant. Son expérience ne disparaîtra pas simplement parce qu’il a 35 ans.
Mais physiquement?
Ce n’est plus le même homme.
Ceux qui l’ont observé sur la glace avec le Canadien ont vu un joueur beaucoup moins imposant qu’à l’époque de New York. Moins explosif. Moins dominant dans ses déplacements. Il possède encore plusieurs outils, mais il faut maintenant les utiliser différemment.
Il a manqué tellement de chances aujourd'hui. Lane Hutson lui a donné un cadeau... qu'il a raté sur toute la ligne.
@patguillet67 Malgré tout, le nouvel attaquant du Canadien laisse une très bonne première impression aujourd’hui. 👀🏒 @DansLesCoulisses.com #gohabsgo #chriskreider #skating #saves ♬ son original - Patrick Guillet
Mais attention. La comparaison avec Patrik Laine doit être évitée.
Kreider n’est pas Laine.
Il ne faut pas s’attendre à un joueur qui va disparaître complètement de la circulation et devenir inutile. Kreider peut encore contribuer. Il peut encore marquer. Il peut encore être extrêmement utile devant le filet. Il peut encore faire une différence sur l’avantage numérique.
Mais ce n’est plus le même gars.
Et c’est exactement ce que LeBrun veut que les partisans comprennent.
Son jeu devant le filet est encore une arme. Son expérience est précieuse. Son leadership peut devenir important dans un vestiaire qui demeure relativement jeune. Son vécu en séries peut également apporter quelque chose que plusieurs joueurs du Canadien n’ont pas encore.
Ivan Demidov l’a d’ailleurs comparé à « un Slaf plus vieux ».
Ouch.
La formule est amusante, mais elle décrit assez bien le type de joueur que Montréal vient d’ajouter : un gros attaquant qui peut imposer sa présence, protéger la rondelle, gagner des batailles et créer de l’espace autour du filet.
Le problème, c’est qu’à 35 ans, le moteur n’est plus celui de New York. Même Demidov l'a remarqué.
Et Pierre LeBrun vient de rappeler à tout le monde que l’histoire n’est pas celle d’un ancien joueur vedette qui serait soudainement redevenu lui-même simplement parce qu’il change d’uniforme.
C’est une histoire de déclin.
Pierre LeBrun vient de briser le coeur du Québec.
Un autre joueur fini qui va faire sa pré-retraite à Montréal.
Misère.
