Réaction inacceptable de Kent Hughes: il rejette les propos de l’agent d’Ivan Demidov
Kent Hughes, Dan Milstein et Ivan Demidov. La Presse, Capture d’écran facebook

Réaction inacceptable de Kent Hughes: il rejette les propos de l’agent d’Ivan Demidov

David Garel
Le 2026-11-06

Kent Hughes a décidé de sortir les griffes contre Dan Milstein. Et franchement, le moment choisi est assez incroyable.

A-t-il perdu la tête?

L’agent d’Ivan Demidov a révélé que son client souffrait d’une fracture à la cheville, que son retour était encore loin d’être assuré et que des questions sérieuses se posaient sur la façon dont sa blessure avait été évaluée au début de la saison.

La réaction du Canadien? Une nouvelle politique de communication sur les blessures, accompagnée d’un discours sur la protection des joueurs et la confidentialité médicale.

On dirait presque que l’organisation vient de découvrir que les agents parlent lorsqu’ils estiment que leurs clients ont été mal servis.

Jeudi soir, Les journalistes Patrick Friolet et Eric Engels ont croisé Kent Hughes après le match. Le directeur général a tenu à clarifier la situation d’Ivan Demidov.

Selon lui, il n’y a eu aucun recul dans la guérison du jeune attaquant. L’absence de deux à quatre semaines annoncée initialement était une estimation, et non une date de retour garantie.

Le Canadien et Demidov espéraient au départ que l’absence se limiterait à deux semaines, mais quatre semaines se sont maintenant écoulées.

La nature de la blessure rend les projections difficiles. Hughes a toutefois confirmé que Demidov avait patiné deux fois cette semaine et que sa progression allait dans la bonne direction.

Mensonge.

Hughes a expliqué que le Canadien allait désormais communiquer des mises à jour sur les blessures seulement lorsqu’un joueur subirait un recul, aggraverait sa blessure ou devrait s’absenter beaucoup plus longtemps que prévu.

Si un joueur poursuit sa réadaptation sans problème majeur, les partisans n’auront pas de nouvelles.

Le directeur général a même insisté sur la responsabilité première de l’organisation : protéger ses joueurs et respecter leur confidentialité.

Et cette déclaration arrive précisément après que Dan Milstein a dévoilé la fracture à la cheville de Demidov.

Difficile de ne pas voir la flèche. Le message ressemble à un rappel à l’ordre adressé à l’agent : les informations médicales appartiennent au club et aux joueurs, pas aux représentants qui décident de les rendre publiques.

Sauf que Milstein n’a pas inventé la blessure. Il a révélé que son client avait une fracture et qu’il devait encore prendre le temps de guérir. Ce n’est pas exactement une fuite concernant un secret nucléaire.

Le véritable malaise vient surtout de ce que l’agent a raconté sur le début de la saison. Selon ses déclarations, Demidov aurait disputé les deux premiers matchs malgré la douleur et n'aurait pas passé d'IRM avant de jouer.

Milstein a remis en question la gestion médicale de son client et a laissé entendre que la blessure avait pu être aggravée. Ce sont des affirmations sérieuses, et le Canadien n'a manifestement pas apprécié qu'elles soient rendues publiques.

Mais au lieu de répondre directement à ces interrogations et d'assumer sa bourde, Hughes a choisi de resserrer les règles de communication.

C'est une façon bien commode de reprendre le contrôle du récit par panique. On ne donne plus de détails, on invoque la confidentialité, puis on explique que tout va bien tant qu'il n'y a pas de recul dans la réadaptation.

Sauf que les partisans ne sont pas stupides. Ils ont vu Demidov manquer des activités, porter une botte orthopédique et disparaître des entraînements réguliers.

Ils ont appris par la suite qu'il patinait tôt le matin, à l'abri des regards. Des séances ont même été organisées dans des conditions qui donnaient l'impression que le Canadien voulait absolument empêcher les caméras de capter le jeune attaquant sur la glace.

On en est rendu à cacher un joueur qui patine pendant sa réadaptation. Il faut le faire!

Et maintenant, le club veut faire comprendre aux agents qu'ils doivent respecter ses règles de confidentialité. Kent Hughes peut bien vouloir protéger ses joueurs, mais il ne peut pas s'attendre à ce que tout le monde se taise lorsqu'un agent croit que la santé de son client a été mal gérée.

La confidentialité ne doit pas devenir un bouclier derrière lequel une organisation peut éviter les questions embarrassantes.

Le plus inquiétant, dans cette histoire, c'est que le Canadien semble prendre personnellement les interventions de Milstein.

Comme si le problème était l'agent qui parle plutôt que les questions soulevées par ses déclarations. On comprend que Hughes veuille protéger son organisation.

Mais il y a une différence entre défendre la confidentialité médicale et envoyer des flèches à un représentant qui joue un rôle majeur dans les dossiers de plusieurs joueurs importants pour Montréal.

Et c'est exactement là que le Canadien joue avec le feu.

Dan Milstein n'est pas un agent de passage. Il représente Ivan Demidov, Alexander Zharovsky et Alexandre Texier. Il a déjà travaillé avec Kent Hughes dans plusieurs dossiers et entretient des relations professionnelles avec l'organisation. Surtout, il représente Nikita Kucherov.

Au moment où Montréal rêve d'attirer la vedette du Lightning sur le marché des joueurs autonomes, le Canadien devrait réfléchir deux fois avant de transformer une frustration médicale en guerre d'orgueil avec son agent.

Kucherov est au cœur des discussions entourant le prochain grand coup de Kent Hughes. Milstein est l'homme qui accompagne sa carrière et qui sera au centre de toute négociation lorsqu'il faudra choisir sa prochaine équipe.

Les informations qui circulent sur Kucherov et Montréal sont déjà suffisamment importantes. Le scénario d'une arrivée le 1er juillet prend de l'ampleur, et Milstein a lui-même confirmé que son client signerait avec une nouvelle équipe.

On croit de plus en plus aux chances du Canadien. Dans une telle situation, la dernière chose dont Hughes a besoin, c'est de créer une tension inutile avec l'agent qui représente la vedette qu'il veut convaincre.

Kent Hughes a voulu remettre les pendules à l'heure avec sa nouvelle politique. Mais sa petite sortie sur la confidentialité ressemble surtout à une réaction à chaud après les déclarations de Milstein.

Kucherov est la priorité. Demidov est l'avenir. Zharovsky est un autre dossier à protéger.

Le Canadien a beaucoup trop à gagner avec Dan Milstein pour se permettre de le froisser. Hughes devrait ranger les flèches, avaler sa frustration et se concentrer sur l'essentiel : convaincre Kucherov de choisir Montréal.

Parce qu'une chose serait franchement ridicule : perdre du terrain dans le dossier Kucherov à cause d'une crise d'orgueil de bébé gâté.